18 décembre 2006

La France retire ses Forces spéciales d'Afghanistan

15ed7d77adace520b14db8b6aac21435.jpgOfficiellement, tout va bien en Afghanistan. Au pied des sommets blancs de l'Hindou Kouch, deux hélicoptères flambant neufs Caracal sont posés moteurs tournants au sommet d'une falaise rocheuse qui surplombe la route de Djalalabad, à une soixantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. 

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05 décembre 2006

Coup d'Etat militaire aux Fidji

medium_Voreqe_Bainimarama.2.jpgLe chef de l'armée fidjienne, le contre-amiral Voreqe Bainimarama, a annoncé mardi avoir pris le contrôle du gouvernement des îles Fidji.

"L'impasse m'a contraint à intervenir et l'armée a pris le contrôle du gouvernement", a indiqué le contre-amiral lors d'une conférence de presse.
"A 18H00 ce soir (06H00 GMT), l'armée a pris le contrôle du gouvernement, assure l'autorité sur le pays ainsi que sa gestion", a-t-il ajouté.
Le contre-amiral a précisé avoir suspendu certaines clauses de la Constitution et s'être arrogé le rôle de chef d'Etat, en lieu et place de l'actuel président Ratu Josefa Iloilo.
"En conséquence, je démets le Premier ministre Laisenia Qarase", a-t-il ajouté, précisant qu'un gouvernement intérimaire sera nommé en attendant des élections.
Appelant le million de Fidjiens à rester calme, le chef de l'armée s'est dit contraint d'avoir pris les rênes du gouvernement après le refus du Premier ministre de participer à une réunion tenue mardi avec le président fidjien.
Le chef du gouvernement a annoncé mardi matin avoir été assigné à résidence dans son domicile de la capitale Suva.
 
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4 COUPS D'ETAT EN MOINS DE VINGT DANS L'ARCHIPEL FIDJIEN
 
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- Mai 1987: Emmenés par le colonel Sitiveni Rabuka, les militaires envahissent le Parlement et renversent le gouvernement du Premier ministre, Timoci Bavadra, un Fidjien de souche élu un mois plus tôt après une alliance avec la communauté indienne.
 
- Septembre 1987: Le colonel Rabuka mène un deuxième coup d'Etat et proclame la République de Fidji, en se nommant à sa tête. Il retire son pays du Commonwealth et nomme un gouvernement intérimaire, qu'il dirige jusqu'en 1990. Une Constitution est alors adoptée, consacrant la suprématie politique des Fidjiens d'origine mélanésienne sur la minorité indo-fidjienne.
 
- Septembre 1997: Fidji rejoint la Commonwealth après avoir adopté une Constitution qui n'exclut plus les Indiens des hautes fonctions politiques.
 
- Mai 1999 : Pour la première fois, un Fidjien d'origine indienne, Mahendra Chaudhry, est élu au poste de Premier ministre.
 
- Mai 2000: M. Chaudhry et son gouvernement sont pris en otage dans l'enceinte du Parlement par le nationaliste George Speight, un homme d'affaires controversé. L'armée, dirigée par le commandant Voreqe Bainimarama, déclare la loi martiale. George Speight sera par la suite condamné à la prison à vie, pour haute trahison.
 
- Juillet 2000: L'armée nomme Laisenia Qarase, ancien banquier, à la tête d'un gouvernement intérimaire. Il est ensuite démocratiquement élu à deux reprises, en 2001 et 2006.
 
- Décembre 2006: Le gouvernement de Qarase est renversé par M. Bainimarama. Le chef de l'armée reproche notamment au gouvernement un projet de loi d'amnistie pour les auteurs du putsch de 2000 et l'accuse d'être corrompu.
 

29 novembre 2006

La France s'implique dans le conflit en Centrafrique

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La France s'implique chaque jour un peu plus en Centrafrique. Lundi soir, des soldats français ont ainsi participé à une offensive lancée par les Forces centrafricaines (Faca) pour reprendre l'aéroport de Birao. Cette petite ville du nord du pays était tombée, fin octobre, aux mains d'un groupe rebelle : l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Un porte-parole de l'armée française a confirmé cette participation de même que celle d'un avion de transport. Les unités françaises se seraient contentées, selon lui, d'« assurer que la piste d'atterrissage soit praticable ». Cette mission les aurait cependant contraints à faire feu en « légitime défense »

De son côté, un commandant rebelle a assuré à l'AFP que des avions Jaguar et des hélicoptères français bombardaient ses troupes. Le capitaine Yao Bejo, chef militaire de l'UFDR, a assuré que ses hommes s'étaient repliés : « On ne veut pas être en conflit avec la France, c'est un pays ami. »

Une autre contre-attaque des Faca aurait visé dans le même temps Bria, une petite cité de l'Ouest. L'opération tendrait à prendre les rebelles en tenaille puis à les repousser.

Le président centrafricain, François Bozizé, a accusé l'UFDR d'être armée et soutenue par le Soudan voisin. Inconnu il y a encore un mois, ce groupe hétéroclite composé d'opposants locaux et de déçus du régime, avait alors pris le contrôle du nord-est du pays, une zone extrêmement instable.

Paris, qui a un accord de défense avec Bangui, avait renforcé à la mi-novembre d'une centaine d'hommes le détachement d'environ 200 soldats français de l'opération « Boali », déployés en Centrafrique depuis la prise de pouvoir du général Bozizé en mars 2003. 

Source du texte : FIGARO.FR 

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Un soutien technique, administratif et financier
En décembre 2002, après une tentative de coup d'Etat en RCA, une Force multinationale (FOMUC) est chargée d'assurer le bon déroulement du processus de paix. L'opération française "Boali" est alors mise en œuvre pour soutenir techniquement, administrativement et financièrement la FOMUC. Après le renversement du Président Patassé le 15 mars 2003, la France a déployé un détachement renforcé pour pouvoir poursuivre l'opération "Boali" et évacuer les ressortissants étrangers.
 
La France à nouveau sollicitée
Le 12 septembre 2006, le ministère centrafricain de la Défense a annoncé que la France allait apporter "un soutien logistique important et une aide tactique" en hommes et matériel à l'armée centrafricaine pour lutter contre les bandes armées qui sévissent dans le nord du pays. L'armée française mettra à sa disposition un appareil militaire de transport et dépêchera à Bangui, la capitale, des officiers d'état-major. Des avions de chasse français sillonneront également le territoire.

 

28 novembre 2006

Un agent de la DGSE tué en Irak

C’est le premier militaire français tué en Irak depuis l'intervention américaine en 2003. Un sous-officier de la DGSE a été tué le 21 novembre en Irak, à Bassorah, à un barrage routier. « Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a présidé ce matin à Perpignan la cérémonie des honneurs militaires rendus au défunt », a fait savoir le ministère.

Il n’a néanmoins donné aucune indication sur les raisons de la présence de cet agent à Bassorah et ne précise pas son identité, conformément aux règles de fonctionnement des services de renseignement français. Tout juste a-t-il indiqué que le sous-officier était âgé « d'une trentaine d'années ». De source proche du ministère de la Défense, on précise également que les deux soldats français participaient à une « mission de protection du personnel consulaire à Bassorah » au sein d'une « petite équipe », également chargée « de missions traditionnelles » de renseignement.
 
Un agent du service Action
 
Selon le Point, qui a révélé l’information, la victime, un membre du service Action de la DGSE chargé de la section de protection de la mission diplomatique française en Irak, a été tuée par balle. Un second agent, lui aussi membre du service Action, a été très grièvement blessé et rapatrié en France samedi, en même temps que le corps de son camarade. Une information confirmée par le ministèreLes deux hommes circulaient en voiture lorsqu'ils ont été arrêtés à un check-point, où un membre d'une milice locale a ouvert le feu sur eux, « bien qu'ils aient excipé de leur qualité de diplomates », selon Le Point.
 
Le service Action de la DGSE avait été chargé de la récupération des journalistes français otages en Irak, Georges Malbrunot, Christian Chesnot et Florence Aubenas.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

24 novembre 2006

Le conflit meurtrier du Darfour fait tache d'huile en Afrique

medium_1.3.jpgLa guerre du Darfour déstabilise chaque jour un peu plus les États voisins du Soudan donnant à cette guerre civile une dimension de crise régionale. Au nom de l'« arabité », le gouvernement de Khartoum arme et mobilise désormais des tribus arabes pour lutter contre les mouvements rebelles noirs et leurs supposés alliés occidentaux. Derrière les Américains, la communauté internationale est toujours impuissante à arrêter un conflit qui aurait déjà causé la mort de 200 000 personnes depuis son déclenchement en février 2003.

Après le Tchad, c'est la Centrafrique qui se trouve entraînée bien malgré elle dans le conflit. Le 30 octobre dernier, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), un groupe jusqu'alors inconnu s'emparait de Birao, une ville du nord de la Centrafrique. Dans les jours suivants, cette rébellion, composée de Centrafricains et de Tchadiens, poursuivait son offensive s'approchant à moins de 600 kilomètres de la capitale, Bangui. François Bozizé, le président centrafricain, dénonçait « une agression caractérisée » et accusait le Soudan de soutenir l'insurrection. Khartoum a démenti. Sans convaincre. Plusieurs sources militaires assurent que l'UDFR, qui fait courir un danger mortel au très faible régime de Bangui, s'est formé au Darfour.

Paris, lié à Bangui par un accord de défense, est rapidement intervenu . La France entend soutenir les efforts tchadiens. Dès le 17 novembre, le président Idriss Déby avait ordonné le déploiement de plusieurs centaines d'hommes chez son voisin centrafricain. Une mesure qui vise à épauler un allié, mais aussi à sécuriser sa frontière sud, au moment où le Tchad doit lui-même faire face à d'importantes rébellions à l'Est.

Tout comme Bangui, N'Djamena accuse Khartoum d'être le parrain de ces groupes et notamment du dernier né, l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Placé sous les ordres du général Mahamat Nouri, un ancien ministre de la Défense tchadien ayant fait défection au printemps dernier, l'UFDD est nettement plus crédible et puissante que les précédentes oppositions armées à Idriss Déby. Elle disposerait de plus de 2000 hommes et de 250 véhicules dans les environs de Foro-Burunga, au Darfour.

Mini sommet à Tripoli

Le Soudan nie pourtant toute implication et désigne le Tchad comme le fauteur de guerre. Dans les faits, les deux pays soutiennent des mouvements insurgés sur le territoire de leur voisin. Pour tenter de calmer les tensions, un mini sommet entre les présidents Omar el-Béchir, Idriss Déby et François Bozizé a été organisé, mardi à Tripoli, sous les auspices de Mouammar Kadhafi. À l'issue de cette réunion, le chef d'État tchadien a expliqué que « l'espoir était grand »« Rien n'a été décidé pour trouver une solution à la guerre du Darfour, souligne un spécialiste. Or c'est la matrice de tous les autres conflits dans la région. » de voir les choses s'améliorer. Un optimisme qui laisse sceptique.

Source du texte : FIGARO.FR 

20 novembre 2006

Avec les troupes de l'Otan contre les talibans

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Sous une pluie battante, un groupe d'officiers canadiens et afghans descend les marches d'une ferme à moitié enterrée. Dans une petite salle au sol de terre battue, les cartes sont dépliées sous la voûte de briques crues. Des postes radio crachotent dans un coin de la pièce. Dehors, de gros nuages noirs s'accrochent aux pics déchiquetés qui entourent le campement canadien, à la sortie de Panjwayi. Ce chef-lieu de district agricole, à vingt kilomètres à l'ouest de Kandahar, était encore début septembre un bastion des talibans, avant que l'armée canadienne ne les en déloge, après de violents combats. Les forces de l'Otan tentent à présent de reprendre le contrôle des zones « libérées ». 

Autour de la ferme, les orages éclatent les uns après les autres, faisant clignoter des éclairs entre les pics rocheux. Les blindés sont garés dans la boue, le long des murs de pisé de cette exploitation agricole bâtie comme un fortin, dans la tradition pachtoune où chaque famille vit derrière ses remparts. Dans le ciel, les bombardiers américains tournent inlassablement, ajoutant le bruit de leurs réacteurs à celui du tonnerre. En tortillant sa moustache rousse aux pointes effilées, le capitaine Lee Mossop détaille sur une photo aérienne l'opération du lendemain à son homologue afghan. « Deux sections avanceront en ratissant les habitations. Il faudra prendre garde à ce que tout le monde reste bien aligné, au cas où nous devrions faire intervenir les appuis ou l'aviation », indique l'officier canadien.

Le lieutenant-colonel Sherin Shaw, un grand costaud qui commande le bataillon de l'armée nationale afghane (ANA) fait un petit croquis dans son carnet. « Vous jouez aux échecs ? demande-t-il en riant au Canadien. Eh bien, mes hommes seront alignés comme des pions sur un échiquier ! »

On allume des cigarettes. L'objectif est de « nettoyer » le district voisin de Pachmoul, sur l'autre rive de la rivière Arghandab. Des éléments talibans continuent d'y harceler de leurs tirs de mortiers et de roquettes les forces canadiennes. La rivière est d'habitude toujours à sec. Mais les récents orages ont transformé ce champ de caillasse en un large torrent boueux, obligeant le génie canadien à aménager un gué pour les véhicules.

« Nous voulons que l'armée afghane participe à toutes les opérations. Elle connaît le terrain, et elle représente le gouvernement afghan légitime », explique le lieutenant-colonel Lanthier, qui dirige l'équipe de liaison opérationnelle (OMLT), petite unité chargée de coordonner les actions de l'armée afghane avec les forces de l'Otan. Ses hommes sont, pour la plupart, des soldats du 22e régiment royal canadien, basé à Québec. Leur accent chantant et leurs jurons fleuris - « Hostie ! Calice ! Tabernacle ! » - mettent une joyeuse ambiance. Ces soldats sont des professionnels. Beaucoup ont des ancêtres qui se sont battus en France ou en Belgique en 1914-1918 et en 1939-1945, à Vimy, Ypres, Paschendaele ou Dieppe. « Impliquer les Afghans est la seule façon de remporter la bataille dans le sud », continue l'officier canadien en citant un dicton afghan : « Là où va Kandahar, l'Afghanistan suit ! »

Lourdes pertes pour l'Otan

Si c'est vrai, il est peut-être ­déjà trop tard. En prenant le 1er août le commandement du sud afghan, l'Otan a hérité une situation catastrophique de ses prédécesseurs américains de l'opération « Liberté immuable ». Les provinces, à majorité pachtoune, de Kandahar, Helmand, Zaboul et d'Uruzgan échappent presque à tout contrôle du gouvernement central. Les gouverneurs locaux sont inefficaces ou dépassés. Les écoles et les bâtiments officiels sont régulièrement attaqués. Les fonctionnaires, accusés de représenter un gouvernement fantoche à la solde des infidèles, sont tués par les talibans, lesquels circulent librement dans cette région qui fut leur fief avant leur offensive vers Kaboul en 1996. Au sud des villes s'étend un vaste désert rouge. La frontière avec le Pakistan, qui sert de base arrière aux talibans, n'est qu'un trait sur une carte.

Pendant quatre ans, ce territoire immense a été le terrain de chasse des forces spéciales américaines, principalement occupées à la traque des débris d'al-Qaida. Rien ou presque n'a été fait pour rallier la population locale aux nouvelles institutions afghanes. Et les raids de l'aviation américaine n'ont pas contribué à accroître la sympathie déjà limitée des pachtounes pour les envahisseurs étrangers.

Au lieu de mener des missions de pacification et de reconstruction, les Canadiens, Britanniques et Néerlandais se sont trouvés face à d'importants groupes de talibans. Lancée pour desserrer l'étau qui se refermait cet été sur la ville de Kandahar, l'opération « Méduse » a permis à l'Otan de reprendre pied à Panjwayi, au prix de lourdes pertes. À eux seuls, les Canadiens ont perdu une quarantaine de soldats, et une centaine d'autres ont été blessés. Un nombre indéterminé de talibans, mais aussi de civils afghans, ont été tués par les bombardements de l'Otan.

« Il est vrai que nous ne partons pas sur un terrain vierge, admet le lieutenant-colonel Lanthier, qui veut pourtant rester optimiste. Nous procédons selon la méthode de la tache d'huile : on commence par éliminer les talibans d'un secteur, puis nous améliorons les conditions de vie de la population, ce qui la détourne des talibans. » Ces vieilles recettes de la « pacification » et de la « contre-insurrection » ont l'air d'avoir été ressorties presque intactes de vieux manuels de la guerre d'Algérie ou du Vietnam. « Gagner le soutien de la population en la coupant des insurgés » et « afghaniser la guerre en impliquant au maximum l'armée afghane » résument désormais la doctrine de l'Otan en Afghanistan.

Sur le terrain, tout est beaucoup plus compliqué. La « tache d'huile » joue plutôt en faveur des talibans. L'opération de nettoyage de Pachmoul, annulée à cause de la crue de l'Arghandab, le peloton de l'adjudant Daniel Parenteau accompagne un détachement afghan en patrouille dans Panj­wayi. Les soldats progressent entre les hauts murs de pisé. Au bout de quelques minutes, le détachement se perd dans cet étroit labyrinthe de ruelles et de canaux d'irrigation plein d'une eau boueuse. Le capitaine afghan Khalillulah, un petit homme brun à la barbe épaisse, guide ses hommes en criant. « Plus de piles dans la radio », explique-t-il. Lorsque la patrouille tombe sur un vieil homme à la barbe grise sous son turban, le capitaine s'arrête pour lui parler. Sortis des ruelles étroites, d'autres habitants viennent l'écouter. Mais leur discussion ressemble à un dialogue de sourds.

Le jeu des talibans

« Nous sommes ici pour vous protéger », dit le capitaine afghan, originaire de la région de Kaboul, loin, bien loin vers le nord. « Prévenez-nous quand les talibans viennent dans votre village, et nous vous en débarrasserons », dit-il aux villageois. « Notre principal problème, ce sont les avions américains qui nous bombardent », lui rétorque le vieil homme, qui dit s'appeler Aminullah. « À l'époque du roi Zaher, tout allait bien. Puis les Russes sont venus et nous ont bombardés. Maintenant, les Américains nous bombardent, avec un peu plus de précision, c'est vrai. Nous, ce que nous voulons, c'est la sécurité », conclut-il. « Nos champs sont à Pachmoul, et nous ne pouvons pas y retourner à cause des bombardements », dit un autre villageois. « Nous devons bombarder Pachmoul parce que les talibans s'y trouvent », explique le capitaine Khalillulah. La patrouille repart après quelques salamalecs.

Le sous-officier canadien prend au GPS les coordonnées des écoles de la petite ville, fermées depuis la fuite des instituteurs menacés par les talibans. « Les Canadiens sont là pour nous aider. Nous allons rouvrir des dispensaires et des écoles », explique un peu plus loin l'officier afghan à des paysans pachtounes qui rentrent leur maïs. « Vos filles pourront aller étudier », ajoute-t-il. Tout à coup, les visages se ferment, et les regards piquent vers le sol. L'éducation des femmes ne semble pas être l'une des priorités des fermiers de Panjwayi. Ils ont en revanche d'autres revendications. « Le mois dernier, un commerçant est allé réclamer à un policier qu'il lui rembourse une dette. Le policier l'a tué. Que pouvons-nous faire ? », demandent des habitants. La corruption endémique de la police afghane, seule institution avec laquelle les habitants des provinces soient réellement en contact, fait aussi le jeu des talibans. Et, malgré la bonne volonté des Canadiens, les opérations « poignées de main » arrivent de toute façon un peu tard.

Après leur brève patrouille, les Canadiens et les soldats afghans regagnent leur camp retranché. Des barbelés ont été tendus en travers des vergers et des pieds de vigne retournés par les bulldozers. Des blindés et des postes accrochés aux pitons sinistres et luisants de pluie veillent tout autour du camp. Craints par la population à défaut d'en être aimés, les talibans harcèlent les troupes de l'Otan, qui se retranchent à la nuit tombée dans leur campement et ripostent en s'aliénant un peu plus les paysans locaux.

Nouveaux pilonnages

Chaque soir, quelques obus de mortier ou une roquette viennent s'abattre avec un bruit sourd à proximité du camp. « Tout le monde à l'intérieur ! », crient les sous-officiers. Dans les fermes souterraines, les radios crachotent des demandes d'appui. Dix minutes plus tard, des bombardiers américains tournoient dans le ciel. Des éclairs, suivis par le grondement des bombes, indiquent de nouveaux pilonnages sur Pachmoul.

Debout sur le toit, un sous­officier canadien admet les limites de la méthode. « Souvent, les talibans se contentent d'installer une roquette dans notre direction. La mise à feu est déclenchée à retardement par des dispositifs rudimentaires mais efficaces, comme un bidon d'eau qui se vide goutte à goutte. Quand notre riposte arrive, ils sont partis depuis bien longtemps », dit-il. Dans les ruelles sombres de Panjwayi et entre les murs des vergers de Pach­moul, la nuit appartient aux talibans.

 Source du texte : FIGARO.FR

17 novembre 2006

L'armée turque suspend ses relations avec la France

medium_soldats_turcs.jpgIl s'agit de l'une des premières mesures de rétorsion contre la France après le vote de la loi pénalisant la négation du géno­cide arménien de 1915. « Les relations dans le domaine militaire avec la France ont été suspendues », a annoncé mercredi le général Ilker Basbug, le commandant en chef de l'armée de terre, au cours d'une cérémonie organisée pour le 23è anniversaire de la République turque de Chypre du Nord, la partie de l'île occupée par les soldats turcs. En décrétant un gel de la coopération, l'institution militaire, rouage incontournable dans la vie politique du pays, entend sanctionner Paris pour l'adoption du texte par les députés français, le 12 octobre dernier, qui prévoit jusqu'à un an de prison et 45 000 eur d'amende contre les auteurs de négationnisme. 

En 2001 déjà, lorsque le Parlement français avait reconnu le génocide arménien, les militaires turcs avaient appuyé des mesures de rétorsion, notamment l'annulation des visites régulières. Ces représailles interviennent dans un climat de tensions grandissantes entre les deux pays, la France exigeant que l'Union européenne sanctionne la Turquie si elle ne remplit pas ses engagements envers Chypre d'ici la fin de l'année.

Coopération en Afghanistan

Cette suspension devrait cependant avoir des conséquences assez limitées : seules les relations bilatérales sont visées. Une réunion militaire entre Ankara et Paris prévue au mois de décembre a ainsi été annulée. Mais la collaboration turco-française dans le cadre des opérations multinationales sera épargnée. De son côté, Paris a cherché à minimiser la portée de cette annonce, en mettant en avant la qualité des rapports des deux armées engagées côte à côte au Liban, au Kosovo ou en Bosnie. Ankara prendra également la relève de la France dans le commandement de l'Isaf, la force de l'Otan en Afghanistan, en avril 2007. « Il y a une activité en commun des militaires français et turcs qui est très importante », a déclaré jeudi le porte-parole du ministère de la Défense. Ajoutant qu'il ne fallait pas voir dans ce geste de mécontentement manifeste « le signe d'une crise ou d'une difficulté majeure ».

Hostilité du Sénat

medium_soldats_turcs.2.jpgCe sont en fait les entreprises françaises qui risquent de subir le contrecoup du courroux des militaires. Le Crédit agricole, qui a présenté la semaine dernière une offre de rachat d'une partie du capital d'Oyak Bank, la banque détenue par le fonds de pension de l'armée, pourrait en faire les frais. Eurocopter, toujours en lice pour remporter un contrat de 52 hélicoptères, se retrouve aussi en première ligne. Il n'est pas certain que le caractère européen de la filiale d'EADS mis en avant par le ministère français de la Défense réussisse à convaincre l'état-major. D'autant plus que la mesure de rétorsion des militaires s'inscrit en porte-à-faux avec l'attitude adoptée par l'équipe du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

Le gouvernement a, quant à lui, opté pour une position attentiste, refusant de prendre des mesures contre les entreprises françaises tant que la loi sur le génocide arménien n'est pas passée au Sénat. Or, ce dernier y est hostile et elle a peu de chance d'être votée. Mais l'institution militaire, qui multiplie les interventions sur les sujets politiques, se livre à une démonstration de force. Les généraux supportent de moins en moins les pressions de Bruxelles, qui exige qu'ils mettent fin à leur ingérence dans le débat public national. Et la France, en durcissant le ton sur la République turque de Chypre du Nord (RTCN), le pré carré de l'armée, a franchi la ligne rouge.

Source du texte : FIGARO.FR 

16 novembre 2006

les Grecs sont la nation la plus "anti-américaine"

medium_greek_soldier.jpgComme il ressort d'un sondage international, les Grecs sont la nation la plus anti-américaine, informe jeudi la presse grecque.

Le sondage effectué conjointement par Gallup International et TNS ICAP intègre les avis d'un millier de citoyens grecs interrogés par téléphone à l'automne 2006.

D'après les résultats du sondage, 90 % des Grecs considèrent les Etats-Unis comme un "facteur négatif" pour la stabilité internationale. 76 % des Grecs jugent inefficace la lutte des Américains contre le terrorisme. Huit Grecs sur dix estiment que les Etats-Unis n'aident pas les pays pauvres à surmonter leurs problèmes économiques. A peu près autant de Grecs estiment que les Etats-Unis jouent un rôle négatif dans la protection de l'environnement.

La Grèce est membre de l'OTAN, mais des états d'esprit anti-américains s'y manifestent nettement depuis plusieurs décennies. Ainsi, les Grecs n'ont pas pardonné à Washington son soutien au régime des "colonels noirs" renversé en 1974. La majorité des Grecs réprouvent la politique internationale des Etats-Unis, notamment au Proche-Orient et à l'égard des pays dits "voyous".

La Grèce est l'unique pays de "l'ancienne" UE, dont les habitants doivent obtenir un visa pour se rendre aux Etats-Unis. Les manifestations et défilés antimilitaristes organisés dans la capitale grecque sont organisés, traditionnellement sous des mots d'ordre anti-américains, devant l'ambassade américaine. La manifestation organisée à l'occasion de l'anniversaire de l'insurrection des étudiants du 17 novembre 1973 contre les "colonels noirs" ne fera pas exception à la règle.

10 novembre 2006

L'armée française au Liban se sent menacée par Israël