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        <title>THEATRUM BELLI - piraterie</title>
        <description>IL Y AURA TOUJOURS UN CHAMP DE BATAILLE</description>
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                <title>Les derniers pirates blancs</title>
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                <author>noreply@ (THEATRUM BELLI)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 12 Jan 2008 15:10:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://img98.imageshack.us/img98/9094/pirate3ag1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/02/ad3f201923a03317b9a3b7e09bc31fe1.jpg&quot; id=&quot;media-769372&quot; alt=&quot;ad3f201923a03317b9a3b7e09bc31fe1.jpg&quot; style=&quot;border-top-width: 0pt; border-right-width: 0pt; border-bottom-width: 0pt; border-left-width: 0pt; margin-top: 0.20em; margin-right: 1.40em; margin-bottom: 0.70em; margin-left: 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-769372&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: Verdana, Arial&quot;&gt;Aux rivages de la Grèce.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: Verdana, Arial&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;—&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; &lt;b&gt;La longue lutte des chrétiens et des musulmans entretint la piraterie en Grèce jusqu'à l'époque contemporaine. Les puissances les utilisaient de part et d'autre, pour la plus grande gloire de Dieu. L'Ordre de Malte continuait d'employer quelques moines-pirates, parmi lesquels les Français se distinguèrent. Au XVIIe siècle, le chevalier de Téméricourt, la terreur de l'Egée, pratiquait le meurtre, le viol et la vente d'esclaves, allant jusqu'à nier l'enfer. Son contemporain, le chevalier Crevelier, lorsqu'il pilla Naxos en 1675, n'épargna même pas les prêtres. Fléaux pour certaines îles, ces forbans de la croix étaient une providence pour d'autres ; leurs prises, vendues à vil prix à Milo, faisaient de cette île l'entrepôt commercial le mieux achalandé de l'archipel.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: Verdana, Arial&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La piraterie des Saxons, des Frisons et des Francs</title>
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                <author>noreply@ (THEATRUM BELLI)</author>
                                                <category>Europe</category>
                                <category>Histoire</category>
                                <category>Piraterie</category>
                                                <pubDate>Thu, 16 Aug 2007 22:15:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/01/a5297eb82e501aa8300b39445001b18e.jpg&quot; id=&quot;media-498622&quot; alt=&quot;a5297eb82e501aa8300b39445001b18e.jpg&quot; style=&quot;border-top-width: 0pt; border-right-width: 0pt; border-bottom-width: 0pt; border-left-width: 0pt; margin-top: 0.20em; margin-right: 1.40em; margin-bottom: 0.70em; margin-left: 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-498622&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Chauques et les Frisons dont Tacite vantait la prospérité furent sûrement très éprouvés par la perte de leurs &lt;i&gt;marschen&lt;/i&gt; qui diminua leurs territoires &lt;font color=&quot;#FFFFFF&quot;&gt;(1)&lt;/font&gt; et les troubles qui avaient ruiné leur commerce les obligèrent à chercher d'autres ressources. Au IIIe siècle, les Chauques semblent avoir disparu de l'histoire germanique, vassalisés et regroupés par les &lt;i&gt;Reudingi&lt;/i&gt; voisins en une ligue de guerre qui devint celle des Saxons.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>La vie des pirates</title>
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                <author>noreply@ (THEATRUM BELLI)</author>
                                                <category>Piraterie</category>
                                                <pubDate>Sun, 10 Jun 2007 20:30:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/01/8bf005157190f17489da11fed62d6d0b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;8bf005157190f17489da11fed62d6d0b.jpg&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b style=&quot;color: #800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le métier. —&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana; font-weight: bold&quot;&gt;Pas de pirate sans navire. C'est le capital-machine indispensable. Parfois, comme dans le cas de Misson, c'est le capitaine qui décide d'entrer en piraterie. Plus souvent une partie de l'équipage se révolte et s'empare du bateau. Si l'on est à terre et sans moyen de naviguer, on se procurera une embarcation, pour se hisser sur le premier navire et le conquérir ; s'il est piètre marcheur ou mal armé on l'échangera par la suite contre un meilleur. La frégate armée de 20 à 50 t. était le navire rapide le plus apprécié. On modifiait le gréement pour porter le plus de toile possible et pouvoir rattraper les meilleurs voiliers. Mais on devait cependant éviter d'effrayer les proies sans méfiance. D'où certaines ruses pendant la journée : une voilure réduite, et même une pièce de bois jetée à l'eau et prise en remorque pour ralentir l'allure ; à la nuit, on remontait la remorque et on hissait toute la toile pour rattraper la victime. Il fallait arriver très près. A 200 m. les boulets n'étaient plus guère efficaces.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A bonne portée, le pirate se révélait. Le drapeau d'une nation quelconque, arboré jusqu'alors, était amené, et l'on voyait s'élever dans les airs le funèbre pavillon noir. C'était, souvent, le fameux &lt;b&gt;&lt;i&gt;Jolly Roger&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, orné d'une tête de mort et de deux tibias d'autres figuraient un squelette entier avec faux ; parfois le pavillon était rouge avec des symboles également terrifiants. Les hommes, pour la plupart dissimulés jusqu'alors, se dressaient avec leurs armes ; si on avait des prisonniers on les faisait monter sur le pont. Il fallait que le nombre, l'armement et le pavillon inspirassent la terreur. On envoyait un coup de semonce. Généralement le navire poursuivi cédait. L'armement des bateaux marchands était faible, de 2 à 4 canons, avec un seul homme pour les servir. Il eût était fou de résister. Si la cargaison était perdue, on pouvait du moins espérer sauver les vies.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Si le navire poursuivi, étant mieux armé, acceptait le combat, alors on préparait l'abordage. Généralement le pirate coupait la route de sa victime pour prendre son pont sous l'enfilade de ses canons et désorganiser sa défense. Le beaupré du navire venait s'engager dans les haubans du pirate et les forbans bondissaient sur le pont adverse, bourrés de pistolets, de sabres d'abordage et de coutelas. Les meilleurs tireurs restaient dans les haubans avec des fusils pour tuer les ennemis les plus dangereux. La mêlée ruisselait de sang. Mais il était rare que l'avantage ne restât pas aux pirates, mieux armés, mieux exercés et qui, n'ayant rien à perdre, n'avaient rien à espérer de la défaite, que la mort.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les prisonniers étaient alors parqués dans la cale. Le capitaine ou les passagers de marque étaient interrogés sans ménagements excessifs, pour révéler l'argent caché. Les hommes qui acceptaient de se faire pirates étaient conservés. Tous les autres étaient débarqués sur des côtes désertes ou abandonnés dans des canots avec quelques vivres. Les femmes, s'il en était à bord, subissaient le traitement ; en principe on ne devait pas abuser d'elles car c'eût été une source de disputes ; on les confiait, jusqu'à leur départ du bord, à la garde d'un pirate, qui parfois manquait de discrétion.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pendant ce temps on s'occupait des affaires sérieuses. Les pirates fouillaient le navire et apportaient le butin sur le pont encore ensanglanté, au pied du grand mât. Il n'était pas question de rien en distraire ; les voleurs étaient exécutés. Le partage avait lieu immédiatement pour l'argent, les bijoux, les vêtements et les étoffes. Le quartier-maître veillait à l'égalité des parts. Au besoin, on tirait au sort. Quant aux marchandises elles étaient vendues à terre et leur produit distribué.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Cette vente supposait des repaires et des marchands complices. Pour les flibustiers le problème ne se posait pas puisqu'ils étaient sous la protection d'un gouvernement. Quant aux pirates, ils avaient leurs habitudes. Les complicités ne leur manquaient pas aux Antilles, en Caroline, à la Réunion ou dans l'Inde. Il en fallait aussi pour radouber, pour se procurer des mâts, des cordages, des voiles. Quant au ravitaillement on en trouvait non seulement chez les complices mais chez les populations indigènes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;On mesure tous les atouts de la piraterie, à cette époque où les navires de guerre étaient rares et occupés par des conflits internationaux presque constants. Les assurances « à la grande aventure » montaient à des prix exorbitants. Les risques, pour les pirates, c'était la mort dans le combat ou par pendaison ; ils s'attendaient constamment à cette fin. Quant aux blessures, elles faisaient partie du métier ; nombre de nos héros n'avaient qu'un oeil ou qu'un bras, tous portaient des estafilades ; Johnson et Œxmelin n'en parlent guère ; c'était la routine quotidienne, indigne de l'Histoire.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/02/63a93c49d46dc1e8aded2e01b3e83dc6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;63a93c49d46dc1e8aded2e01b3e83dc6.jpg&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b style=&quot;color: #800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les hommes. —&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana; font-weight: bold&quot;&gt;Une telle industrie consommait beaucoup de main-d'œuvre. Il fallait sans cesse penser au recrutement. La piraterie n'étant, en somme, qu'une spécialité maritime, la plupart des hommes étaient des matins La vie de mer fut toujours rude au temps de la voile, par sa nature même ; mais les conditions sociales&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; de l'emploi étaient, à cette époque, particulièrement insupportables et les matelots traités à peine mieux que les galériens. Les salaires étaient misérables ; la nourriture, toujours insuffisante, devenait rapidement infecte dans une traversée un peu longue ; le confort était nul, le sommeil précaire. Mais surtout il régnait une discipline féroce, chapelet continu de mauvais traitements, de coups, d'humiliations, de corvées abusives. C'était ainsi qu'on entendait la technique du rendement. Certains capitaines poussaient la chose le plus loin possible, de manière à provoquer des désertions dès l'arrivée à terre ; cela leur évitait de payer les hommes pendant le séjour au port.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;On conçoit, dans ces conditions, la fréquence des rébellions et la séduction de la liberté pirate. Les équipages révoltés, promis dès lors à la corde, n'avaient d'autre recours que la piraterie. Lorsque les pirates s'emparaient d'un navire, ils n'avaient pas de difficultés à trouver des volontaires parmi ses hommes voire parmi ses bas-officiers, comme England et Roberts. Des capitaines même se faisaient pirates pour des motifs divers : Taylor par ambition, Avery par ennui, Kid par avidité, Misson par idéalisme ;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; mais ce dernier cas fut exceptionnel. De tels techniciens de la navigation étaient une fortune pour les équipages pirates car souvent des navires étaient perdus par simple ignorance.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Après la marine, la pègre offrait une autre source de recrutement. Des voleurs, des bandits de grand chemin, des meurtriers pourchassés dans leur pays, se réfugiaient dans la piraterie. S'y ajoutaient aussi les &quot;engagés&quot; des Antilles qui avaient déserté, les mulâtres et nègres &quot;marrons&quot;, les échappés des bagnes, certains soldats sans emploi entre deux guerres. Enfin, aux Antilles et aux Mascareignes, toute une population côtière, vivant de la piraterie, trouvait là une carrière naturelle pour ses fils les plus remuants.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le &quot;lumpenprolétariat&quot; du pavillon noir était donc, non pas une classe, mais un ramassis très éclectique d'éléments antisociaux venus de tous les milieux : la pègre, les gens de métier, des bourgeois comme Kid et Avery, des nobles comme Grammont, Monbars, Stede Bonnet, Misson, voire même des ecclésiastiques comme Caraccioli. Un alliage impur, mais parfaitement fondu&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;b&gt;;&lt;/b&gt; &lt;b&gt;une société sans classes, en un temps où la classe était tout.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L'aspect même des pirates était égalitaire. Chacun s'habillait comme il voulait et surtout comme il pouvait, au hasard des prises. Roberts et Rackam se faisaient remarquer par leur affectation d'élégance. La nature tropicale aidant, une culotte et une chemise plus ou moins en loques suffisaient à l'ordinaire de la vie. Bas et chaussures étaient exceptionnels. Les beaux habits volés auraient gêné dans le service ou pour les abordages ; on ne les mettait que pour aller à terre, et ce devait être alors un curieux carnaval. Par contre, il y avait un accessoire indispensable, c'étaient les armes. Les pirates étaient bardés, comme Tartarin, d'un arsenal de pistolets, sabres et coutelas. On ne les abandonnait ni pour l'orgie ni pour le sommeil.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les soins corporels, dans cette société d'hommes qui ne voyait de femmes qu'à terre (et des filles peu difficiles) devaient être réduits au minimum, et l'ensemble des forbans était sans doute assez répugnant. Pour la rudesse des moeurs, on peut l'imaginer. La cruauté se donnait souvent libre cours sur les prisonniers, si le capitaine l'autorisait ou donnait l'exemple. Quant à l'alcool, c'était l'alpha et l'oméga des plaisirs pirates et le meilleur des agents de recrutement. Il était alors beaucoup moins répandu qu'aujourd'hui. L'idée de pouvoir boire rhum et eau de vie à satiété était un paradis irrésistible pour nombre de misérables qui n'avaient jamais bu, dans leurs jours d'opulence, que de la bière. Les descriptions abondent d'équipages gisant sur le pont parmi les bouteilles cassées et les vomissures, complètement ivres, laissant dériver le bateau, s'échouant sur des écueils ou tombant sur les escadres chargées de les arrêter. L'un d'eux, parti de l'Inde pour gagner Madagascar, manqua la Grande Ile, qui tient pourtant de la place, et se retrouva à Maurice, par le plus grand des hasards.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le métier pourtant exigeait des vertus. D'abord l'adresse ; il fallait être rapide et exercé aux armes, sous peine de ne pas faire une longue carrière ; on s'entraînait tous les jours au tir et au sabre. La ruse était utile ; on ne devait souvent de gagner la partie, voire de sauver sa vie, qu'à l'invention de stratagèmes inédits. Mais les vertus majeures étaient la force d'âme et le courage. Il en fallait pour supporter les intempéries, les longues poursuites, les expéditions dans les marais pestilentiels, les blessures cruelles sans soins, les amputations par un charpentier, les abandons dans un canot sans vivres, les naufrages, les côtes désertes, les abordages, les prises des villes fortifiées, la nécessité constante de triompher ou de périr. L'esprit combatif était la marque du pirate. Certains chefs savaient l'entretenir. Van Horn, dit Œxmelin &lt;i&gt;&quot;ne pouvait souffrir aucune marque de faiblesse parmi les siens. Dans l'ardeur du combat, il parcourait son vaisseau, observait tout son monde et, s'il remarquait la moindre surprise de leur part aux coups imprévus du fusil, du canon ou du pistolet, soit qu'on baissât la tête, soit qu'on faiblit tant soit peu, il les tuait sur-le-champ ; en sorte que les véritables braves se faisaient plaisir de l'être à ses yeux, et les lâches, s'il y en avait, n'osaient le paraître&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A cette morale simple, utilitaire, cohérente, adaptée au métier, s'ajoutaient, malgré la diversité des origines, quelques idées générales. Sans théories politiques, répugnant à tous les cadres sociaux, les pirates étaient des révoltés. La révolte était normale chez l'homme de la pègre ou le criminel, mais aussi chez l'ancien soldat ou le marin mal traité, menant une vie de chien, haïssant &lt;i&gt;&quot;ces gros bourgeois qui dorment trop à l'aise dans leurs lits&quot;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;Ils nous vilipendent, ces canailles&lt;/i&gt;, disait Bellamy, &lt;i&gt;alors qu'entre eux et nous il n'y a qu'une différence : ils volent les pauvres en se couvrant de la Loi, oui ma foi ! tandis que nous, nous pillons les riches sous la seule protection de notre courage.&quot;&lt;/i&gt; Mais c'est seulement avec ces hommes extraordinaires, Misson et Caraccioli, qu'apparût, pour disparaître aussitôt, le souci généreux de réformer le monde par la piraterie.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La fierté de leur profession était un sentiment commun. Dans un monde ligoté par les classes et les préjugés, les pirates s'enorgueillissaient d'être les seuls hommes sans maître, égaux par là aux plus grands de ce monde. &lt;i&gt;&quot;Quant à moi,&lt;/i&gt; disait encore Bellamy, &lt;i&gt;je suis un Prince libre.&quot;&lt;/i&gt; Les pirates de Davis avaient pris le titre de &quot;Lords.&quot; &lt;b&gt;&lt;i&gt;&quot;Nous ne sommes pas n'importe qui. Nous sommes des gentilshommes de fortune.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; Quand on entre en piraterie, on &lt;i&gt;&quot;déclare la guerre au monde entier&quot;.&lt;/i&gt; Ce sont des formules courantes, fièrement arborées.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pas de maître, donc pas de patrie. Parfois les différences d'origine, certaines traditions d'hostilité créent des dissensions, surtout entre Français et Anglais. Mais c'est exceptionnel. Parfois aussi on a recours au roi pour solliciter le pardon, mais alors c'est qu'on est fatigué, ou très riche, et que la liberté vous pèse, qu'on a soif de rentrer dans les cadres, que l'on a cessé d'être pirate dans son coeur.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A l'égard de Dieu, moins gênant à tous égards, la formation première des pirates l'emportait souvent sur la philosophie de leur existence. On connaît le fameux épisode, narré par le P. Labat, du curé des Antilles enlevé par les pirates et amené à leur bord pour célébrer une messe. Le malheureux prêtre, pendant l'Elévation, entend un coup de feu et se retourne. C'était un forban qui avait oublié de baisser la tête et que le capitaine avait tué &quot;pour lui apprendre à mieux faire&quot;. Certains priaient Dieu avant les abordages.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les &quot;libertins&quot;, c'est-à-dire les athées, comme Grammont, étaient rares. Misson et Caraccioli, déistes, représentaient une nouveauté intellectuelle. Par contre, une attitude assez courante était la bravade contre le ciel et le souhait d'aller &lt;i&gt;&quot;gaîment et en bonne compagnie en enfer&quot;.&lt;/i&gt; Certains, comme Teach et Lewis, allaient jusqu'à invoquer le diable.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vincentdutrait.com/&quot; title=&quot;Dessin de Vincent DUTRAIT&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/01/e047b76507437c050cc849276dc0b9f4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;e047b76507437c050cc849276dc0b9f4.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b style=&quot;color: #800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La société pirate. —&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana; font-weight: bold&quot;&gt;Tant de révolte n'aboutissait pas au désordre. Il est peu de milieu d'ailleurs qui y soit moins propre qu'un navire. Les éléments auraient vite fait de liquider les pratiques exagérément individualistes. La nécessité de la discipline était reconnue, mais elle reposait sur le bon sens, l'égalité et le libre consentement. Sur ces bases s'édifiait la société des anti-sociaux.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les pirates, bien avant Rousseau, ont inventé le Contrat Social. Lorsque se formait une troupe ou compagnie (les Anglais disaient déjà : un gang), on débattait et on dressait &quot;les articles&quot; appelés aussi &quot;convention&quot; ou &quot;chasse-partie&quot;, qui réglaient les points essentiels : obéissance aux officiers, interdiction de voler la compagnie et de dévoiler ses secrets, de maltraiter un camarade ou de manquer à lui porter secours. Les sanctions étaient la mort, l'abandon au gré des flots ou sur une côte déserte, ou, pour les fautes vénielles, la &quot;loi de Moïse&quot;, c'est-à-dire quarante coups de corde. Aussi la discipline était-elle exacte. &lt;i&gt;&quot;En mer,&lt;/i&gt; écrit un prisonnier peu favorable aux pirates, &lt;i&gt;le service se fait avec beaucoup d'ordre, mieux même que sur les vaisseaux de la Compagnie des Indes ; les pirates y mettent un grand amour-propre.&quot;&lt;/i&gt; On interdisait les disputes, les injures, les discussions sur la religion, voire même le jeu ; mais sur ce dernier point il y avait des tolérances.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les articles réglaient aussi les indemnités pour blessures. Le tarif donné par Œxmelin varie de 100 écus ou un esclave pour la perte d'un oeil, d'un doigt ou d'une oreille, à 600 écus ou 6 esclaves pour la perte des deux yeux, des deux mains ou des deux jambes. Enfin le partage des prises était réglementé ; certaines troupes adoptaient l'égalité absolue ; d'autres favorisaient le capitaine, lui accordant de une part et demie à six parts. Certains hauts faits étaient encouragés par des primes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En même temps qu'on rédigeait les articles, on élisait les officiers : capitaine, quartier-maître, bosco, maître-cannonier. S'il n'y avait pas à bord de charpentier, de tonnelier, de cuisinier ou de chirurgien, on les désignait d'office. Le quartier-maître avait un rôle fort important : veiller à la discipline et aux vivres, distribuer le butin, réunir les assemblées générales, représenter l'équipage auprès du capitaine. Fréquemment il remplaçait un capitaine déposé.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le capitaine, choisi pour ses connaissances techniques, dirigeait la navigation et le combat. On ne pouvait, en ces matières, lui désobéir. Mais, à tous autres égards, il n'avait d'autorité que personnelle. Commander à de tels hommes, libres, sourcilleux sur l'égalité, d'une dureté confinant souvent à la brutalité totale et, à leur ordinaire, fort peu sobres, n'était pas une tâche aisée. Il fallait s'imposer par le courage, une aptitude supérieure aux armes, la technicité et aussi une certaine familiarité rude. Si l'on déplaisait pour une raison quelconque, on risquait d'être déposé et abandonné dans une embarcation ou une île déserte.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pour les affaires importantes, expédition à monter, destination à suivre, règlements à modifier, officiers à changer, l'assemblée générale se réunissait. Chacun avait une voix et les décisions étaient prises à la majorité. L'égalité se manifestait également par divers traits pittoresques : si un pirate jugeait que le capitaine ou le cuisinier avait un plat meilleur que le sien, il pouvait les échanger. Chacun se servait à son gré des liqueurs fortes, sauf en cas de disette. Cette clause causa la perte de plus d'un bon navire.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En dehors des règles écrites existaient, comme dans la pègre, un certain nombre de coutumes connues de tous qui faisaient qu'on était &quot;régulier&quot; ou non. Et ne pas être régulier abrégeait rapidement vos jours.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Une de ces coutumes, très ancienne dans la marine, était celle du matelotage. On la trouve chez les boucaniers, les flibustiers et les pirates. Elle était une atténuation à la dureté sentimentale de l'individualisme. Chaque homme avait un matelot, dont il était solidaire, lui devant aide et assistance dans toutes les circonstances, lui léguant ses biens et partageant avec lui ses femmes quand il en avait. C'était une ébauche de famille, sans enfants et sans avenir, mais qui empêchait l'homme de se sentir trop seul.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La troupe constituait une cellule sociale plus étendue. La vie en commun créait une solidarité souvent durable. Les différends, s'il en survenait, devaient se régler à terre, en duel loyal et avec des témoins ; d'abord au pistolet, puis au sabre ; on s'arrêtait généralement à la première blessure. Les dissensions durables dans la troupe se concluaient souvent par des séparations librement décidées. Les hommes qui restaient ensemble longtemps et de leur plein gré devenaient chers les uns aux autres. Aussi la perte de camarades dans un abordage rendait-elle souvent les pirates furieux ; les prisonniers risquaient d'en subir les conséquences.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Enfin il existait une solidarité générale entre pirates. Quand on hélait un navire pour savoir sa nationalité et qu'on s'entendait répondre &lt;b&gt;&quot;Gens de la mer&quot;&lt;/b&gt;, c'était la grande réjouissance. Les troupes fraternisaient. On élaborait de grands projets d'action concertée. Des redoutables flottes pirates apparurent ainsi, firent trembler les côtes voisines, inquiétèrent les puissances, puis disparurent. L'esprit anarchiste n'est guère propre à la fondation des Etats.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les pirates ne travaillaient pas pour l'avenir ; presque aucun d'eux n'a perdu son temps à écrire des mémoires. Ils avaient opté pour le présent et l'appréciaient à leur manière, qui manquait de délicatesse. Après la prise, l'excitation du combat faisait place à l'orgie ; on buvait jusqu'à l'inconscience ou la folie ; certains s'amusaient avec les prisonniers à des plaisanteries d'un goût souvent douteux : les faisant courir autour du pont à coups de couteaux ou leur faisant manger une tartine de chandelles. Low, brute sadique, fit flamber un cuisinier au pied d'un mât, ayant décidé &lt;i&gt;&quot;qu'il ferait un assez bel effet dans le feu à cause de sa graisse et de sa crasse&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mais les vraies distractions étaient à terre, dans les tavernes et avec les filles, et il y en avait beaucoup le long des côtes à pirates. Les étoffes étaient distribuées. L'argent des prises : écus, doublons, et &quot;pièces de huit&quot; espagnoles s'épuisait vite. Œxmelin cite un flibustier qui avait installé un tonneau au bord de la route et obligeait tous les passants à boire. Quand on n'avait plus le sou, on repartait en campagne, car l'agrément de cette vie c'était d'abord son dynamisme et sa liberté.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Cependant certains pirates ont su mettre un magot de côté. Il y a eu de tout parmi les pirates, même des idéalistes, même des épargnants. Les trésors enterrés dans des îles désertes ne sont pas une légende. Ils comprenaient souvent deux trous, un avec l'or, l'argent et les bijoux, l'autre avec les étoffes précieuses. Des signes étaient gravés et reportés dans des grimoires. Certains trésors ont été retrouvés. D'autres passionnent encore les chercheurs. Inutile de rappeler ce que leur doit la littérature.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://&quot; title=&quot;Mort du Capitaine Kidd&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/01/00/f0a871d19d831c13e0174b8f949049bd.gif&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;f0a871d19d831c13e0174b8f949049bd.gif&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b style=&quot;color: #800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La répression. —&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana; font-weight: bold&quot;&gt;Le pirate est &lt;i&gt;&quot;ennemi du genre humain tout entier&quot;.&lt;/i&gt; Il s'en vante. Il est puni comme tel. La piraterie est le seul crime du droit des gens, le seul dont la répression soit universelle et ne donne pas lieu à des notes diplomatiques.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Dès le XVIè siècle, Henri VIII avait créé une organisation de répression, avec un fonctionnaire spécial, le vice-amiral de la côte. En France, Henri II réglementa la course et les lettres de marque. Tous ceux qui ne les possédaient pas étaient réputés pirates. L'expérience du XVIIè siècle amena les gouvernements à légiférer à nouveau sur la piraterie. L'acte anglais de 1699 prévoyait que les coupables pourraient être jugés sur place. En 1721, un autre acte étendait l'inculpation à tous ceux qui auraient eu commerce avec un pirate. Les secours de la religion seraient refusés aux coupables.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L'ordonnance française du 5 septembre 1718 punissait de la mort et de la confiscation des biens les pirates et leurs complices. &lt;i&gt;&quot;Il est permis à quiconque de les arrêter... Mais il n'est pas permis de les tuer autrement que dans le combat, et il faut nécessairement les déférer à la justice.&quot;&lt;/i&gt; Leurs navires seront de bonne prise.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les guerres du XVIIè siècle avaient favorisé la flibuste et n'avaient pas permis de réprimer la piraterie. Mais à partir de 1713 s'établit une période de paix pendant laquelle les navires de guerre n'eurent pas d'autre emploi. En 1730, la grande piraterie classique était pratiquement terminée.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La fin normale des pirates, qu'ils attendaient chaque jour depuis leur entrée en profession, était la mort, dans le combat ou par pendaison. Ils s'en amusaient parfois entre eux, organisant des simulacres de tribunal et d'exécution, où la justice n'avait pas le beau rôle. Quand le moment était venu, la plupart étaient aussi braves devant la potence qu'à l'abordage. Ils éructaient quelque dernier blasphème, quelque malédiction ou quelque sinistre plaisanterie. Puis ils montaient dans le ciel et &quot;bénissaient le peuple avec leurs pieds&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Hubert DESCHAMPS&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La piraterie</title>
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                <author>noreply@ (THEATRUM BELLI)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 11 May 2007 15:30:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://imagobelli.hautetfort.com/archive/2007/05/13/pirates-par-frazetta.html&quot; target=&quot;_blank&quot; title=&quot;cliquez pour agrandir&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Frazetta_10.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_Frazetta_10.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;S'il est un domaine où la supériorité des Européens apparaît incontestable, c'est bien celui de la Piraterie. C'est avec eux que la Piraterie apparaît clairement pour la première fois dans l'Histoire.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les peuples de la mer. —&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les hommes blonds aux yeux bleus arrivent du Nord, au IIè millénaire avant notre ère, envahissent la Grèce et les îles de la mer Egée, où ils recueillent des traditions maritimes. Ils continuent vers le Sud une guerre de pillage, mais se heurtent à des puissances solides, la Crète et l'Egypte. &lt;i&gt;&quot;Minos&lt;/i&gt;, dit Thucydide, &lt;i&gt;purgea cette mer autant qu'il put des pirates, sans doute pour s'en assurer les revenus.&quot;&lt;/i&gt; Vers 1500, les Achéens, le peuple de l'eau, s'emparent de la Crète. Dès lors, la piraterie collective, de peuple à peuple, va se donner libre cours. Elle sera le sport favori de cette humanité adolescente et barbare.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les rivages grecs, avec leurs rochers blancs, sculpturaux et stériles, sont encore de pauvres pays. Mais il est des contrées de plaines, riches de blés et de populations paisibles. Ce sont les proies désignées. Les gens des îles du Nord (Lemnos, Imbros, Samothrace) lancent des raids réguliers sur la Thrace et l'Hellespont. Ils assurent ainsi leur ravitaillement en vivres et se créent un stock d'esclaves pour le commerce. Cette économie de proie durera un demi-millénaire et c'est seulement Miltiade, au temps de la grandeur maritime athénienne, qui fera cesser les &quot;crimes lemniens&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Cependant la terre promise des pirates, c'était avant tout le delta égyptien avec son agriculture florissante, ses paysans innombrables, son fleuve porteur de richesses. Royaume le plus civilisé du monde. Les barbares du Nord ne cessaient d'en rêver et de l'assaillir. La Crète, la Cilicie, la Libye, le rivage syrien leur servaient de bases. Les monuments égyptiens célébraient leurs défaites. L'assaut le plus violent fut lancé en 1192, au temps de Ramsès III par &lt;b&gt;&quot;les peuples de la mer&quot;&lt;/b&gt;, Philistins et&lt;/span&gt;&lt;/font&gt; &lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Zakals, pillards et archers redoutables. &lt;i&gt;&quot;Les îles de la mer avaient vomi tous leurs habitants d'un seul coup.&quot;&lt;/i&gt; L'armée et la marine égyptiennes leur livrèrent combat dans les bouches du fleuve. Un bas-relief de Médinet-Abou a immortalisé cette bataille. Les navires sont de longues barques incurvées, avec des rames et une large voile carrée ; mais ceux des envahisseurs dressent, contre la mer, des prolongements verticaux à chaque extrémité. Les combattants sont nus, sauf un pagne ; les pirates se distinguent par leur coiffure : couronne de plume ou casque. Flèches et javelots volent, souvent parés par les boucliers ronds. Finalement les étrangers fuient, jetés à l'eau, leurs mains et leurs dépouilles viriles apportées au Pharaon par milliers. &lt;i&gt;&quot;Ainsi se souviendront-ils de l'Egypte.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L'invasion était conjurée, non la piraterie. Les Philistins s'installèrent sur la côte de Palestine, ouvrant leurs portes à leurs alliés Zakals qui continuèrent à harceler le commerce maritime égyptien. C'est seulement au VIIIè siècle que les Philistins furent soumis par l'Empire assyrien ; les Zakals privés de leurs bases furent chassés par les Phéniciens, qui purent étendre désormais leur petit commerce.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;L'Argo&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_argo.gif&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_argo.gif&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ulysse et Cie.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;—&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt; Les Grecs gardèrent longtemps leurs habitudes de piraterie. C'était une forme fructueuse de la guerre ; et, dans ces petites sociétés fractionnées à l'infini, tout étranger était réputé ennemi. Guerre et piraterie étaient au temps d'Homère, les métiers nobles par excellence. Leurs chefs, les &lt;b&gt;&quot;barons des îles&quot;&lt;/b&gt; se tenaient dans les détroits, guettant le navire marchand sans défense, ou bien ils partaient ravager les côtes lointaines. &lt;b&gt;C'était la grande aventure, dont la légende de Jason et du navire Argo donnait l'exemple.&lt;/b&gt; Les marins, dans leurs vaisseaux creux, se trouvaient exposés au vent et au soleil, à la fatigue des rames, à l'ignorance des courants et des écueils. A terre il fallait se dissimuler dans des criques ou des cavernes pour assaillir les habitants. Le métier n'était pas sans risques. Les pirates qui ravirent Bacchus furent, par ce dieu, changés en dauphins. On craignait aussi les monstres, les anthropophages, les sirènes, les cyclopes. Il fallait de l'audace et de la ruse pour s'en sortir.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Quand Ulysse, au XIVè chant de l'Odyssée, rentre à Ithaque et se présente à son serviteur Eumée comme un étranger, il doit s'inventer une identité et n'en trouve pas de plus honorable que celle de pirate. Fils bâtard d'un illustre chef achéen de Crète, privé de tous ses biens à la mort de son père, il s'est livré, dit-il, aux aventures de mer. &lt;i&gt;&quot;Si brave au combat, je n'avais aucun goût pour le travail des champs. Ce que j'aimais, c'étaient les rames, les vaisseaux, les flèches, les combats, les javelots polis. Tous les outils de mort, qui font trembler les autres, étaient ma joie. Les Dieux m'en emplissaient le coeur. Donc, avant qu'en Troade on eut vu débarquer le fils des Achéens, j'avais neuf fois déjà, en pays étranger, emmené mes vaisseaux rapides et mes braves. Un énorme butin m'en était revenu ; je prélevais d'abord une prime à mon choix, puis je tirais ma part. Ainsi, de jour en jour, ma maison s'accroissait ; elle m'aurait valu le respect des Crétois et leur crainte.&quot;&lt;/i&gt; Mais la guerre de Troie éclate ; on lui confie l'escadre crétoise. Au retour, il va piller le rivage d'Egypte. Ulysse, prudent, envoie des éclaireurs. Hélas, n'écoutant que leur convoitise, ses compagnons s'élancent &lt;i&gt;&quot;massacrant les hommes, ramenant les femmes et les enfants&quot;.&lt;/i&gt; L'armée égyptienne les surprend, les extermine. Ulysse, prisonnier s'échappe à grand-peine, s'embarque sur le navire d'un Phénicien qui médite de le vendre. Un naufrage le jette à Ithaque.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Eumée, &quot;le divin porcher&quot;, l'écoute, puis il raisonne un peu sur la piraterie. &lt;i&gt;&quot;Les Dieux bienheureux n'aiment pas l'injustice. C'est toujours l'équité que le ciel récompense, et la bonne conduite. Les pires des brigands, quand ils s'en vont piller les rivages d'autrui que Zeus livre à leurs coups, peuvent bien revenir avec leur cale pleine, la crainte et le remords s'abattent sur leur coeur.&quot;&lt;/i&gt; Cette morale ne l'empêche pas d'accueillir le pirate avec honneur et de lui offrir les prémices du premier porc tué.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il y a donc à l'époque homérique une aristocratie pour qui la piraterie est un jeu glorieux, pratiqué surtout par les nobles sans terre ; Achille fut pirate à ses heures. Et il y a aussi des gens du peuple qui en voient les abominations. Le pillage des côtes, le partage égal avec prime au capitaine, l'indiscipline, le rapt des femmes et des enfants sont peints sur le vif dans le récit d'Ulysse. La piraterie et l'esclavage, ces calamités, auront du moins une conséquence heureuse : ils mélangeront les races et les civilisations, humaniseront les barbares nordiques, contribueront à préparer le miracle grec.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Peu à peu le commerce s'organisait ; les cités maritimes, Corinthe, puis Athènes, créaient des flottes de guerre pour protéger la navigation. Mais certains pirates aussi se modernisaient. Polycrate, le fameux tyran de Samos, eut jusqu'à quarante trirèmes. Il pratiquait la piraterie pour quatre raisons d'Etat :&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;1. Equilibrer son budget ;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;2. Intimider et rallier ses voisins ;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;3. Enrichir les sanctuaires de Délos ;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;4. Encourager les arts.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ces bons sentiments ne l'empêchèrent pas de mourir crucifié. Car les Perses avaient décidé de supprimer les pirates ioniens ; ce fut une des causes des guerres médiques.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Lorsque la thalassocratie athénienne fut ruinée, la piraterie reprit un peu partout. Alexandre la combattit, puis les Ptolémées et Rhodes. Mais elle renaissait sur les côtes sauvages, la Cilicie, la Crète, l'Etolie, l'Illyrie.&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les pirates contre Rome. —&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Elle s'étendait même à la Méditerranée occidentale, sur la côte ligure et étrusque et aux îles Lipari. Une frise à Athènes (le monument choragique de Lysicrate) montre Dionysos châtiant les pirates tyrrhéniens. Dans ses premières luttes contre Carthage, Rome, qui n'avait pas de flotte, prit des pirates à sa solde. La destruction de Carthage, la seule puissance navale qui les tint en respect, fut d'abord vivement appréciée par les pirates. Mais Rome, ayant acquis ainsi la maîtrise de la Méditerranée occidentale, put détruire leurs repaires. Les pirates ligures, qui occupaient l'Estérel et le golfe Juan, furent défaits sur terre, en 154 av. J.-C., par le consul Quintus Opimius qui éleva près de Biot un trophée, actuellement au Musée d'Antibes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Un autre centre des pirates était l'Illyrie. La côte dalmate, avec ses îles, ses détroits, ses golfes étroits et profonds, ses montagnes abruptes, leur offrait des repaires modèles. Ils fondèrent un puissant royaume, enrichi du pillage des cités grecques et des rivages italiens. Rome s'émut et envoya des ambassadeurs à la reine Teuta. Celle-ci protesta que la piraterie était une industrie privée, parfaitement légale dans un Etat libre. Il fallut conquérir l'Illyrie.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En Orient, la ruine de Rhodes par les Romains fut suivie d'un épanouissement merveilleux de la piraterie. Les principaux centres en furent la Crète et surtout la Cilicie, aux côtes abruptes et sauvages. Les vaincus de Rome restés irréductibles se réfugièrent dans cet asile de la liberté. Des repaires inaccessibles s'édifièrent sur des pitons d'où l'on surveillait la mer ; la capitale était Coracesium (Ayala) sur le golfe d'Adalia. Les Romains, gens pratiques et à courte vue, encouragèrent au début cette piraterie lointaine, qui leur procurait des esclaves. Il fallut bientôt déchanter. Les pirates se multiplièrent, adjoignirent à leurs barques minuscules des vaisseaux puissants et rapides à deux rangs de rames, les liburnes, inventés par les pirates illyriens. Ils possédèrent même des trirèmes. Les forêts de Cilicie fournissaient leurs chantiers navals, mais les prises augmentaient aussi leur flotte qui en vint à maîtriser toute la Méditerranée. Le jeune César, qui se rendait à Rhodes pour son instruction, fut pris par une de leurs bandes ; il les étonna en fixant lui-même sa rançon au double de leur estimation, leur promit de les crucifier dès qu'il serait libéré et tint parole. Les gouverneurs romains des provinces dépourvus de moyens sur mer, s'entendaient avec les pirates ; ceux-ci faisaient payer leur protection aux bateaux marchands. Mais les pirates, dont la modération n'est pas une des vertus majeures, ne surent pas se borner à ce rôle de brigands-gendarmes. Mithridate les entraîna dans son alliance et dès lors ils rendirent la vie impossible aux Romains.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;On ne pouvait désormais mettre à la voile que par brouillard ou par tempête. Plaute faisait dire à un de ses personnages (Paenulus) : &lt;i&gt;&quot;Celui qui veut se préparer beaucoup d'ennuis peut choisir entre un vaisseau et une femme.&quot;&lt;/i&gt; Rome, maîtresse du monde terrestre, était étranglée par la mer. Son ravitaillement était compromis. Les pirates poussèrent jusqu'à Ostie, détruisant une flotte dans le port, enlevant sur la plage d'illustres aristocrates romains, poussant leur expédition jusque sur la voie Appienne.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Rome se vit acculée. Une première expédition contre les pirates avait échoué. Son chef, Marcus Antonius, avait pillé pour son compte et finalement s'était fait battre. L'indignation populaire, malgré le Sénat et ses craintes de la dictature, imposa en 67 la loi proposée par le tribun Gabinius ; elle confiait à Pompée les pleins pouvoirs pour trois ans sur toutes les côtes jusqu'à 50 milles dans l'intérieur (Rome était à 16) avec des moyens considérables : 20 légions, 500 navires, 120 000 fantassins et le pouvoir illimité de puiser dans les caisses publiques.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pompée agit méthodiquement, divisa la Méditerranée en secteurs, chacun confié à une escadre. En 40 jours la mer était nettoyée. Il s'empara alors des 120 repaires de Cilicie et des 850 navires des pirates. 10 000 forbans furent mis à mort, 20 000 faits prisonniers. A ceux-ci Pompée fit grâce, car il avait peut-être dû le meilleur de sa victoire à ses promesses de clémence. Il les établit en Italie dans des colonies agricoles. L'un d'eux fut ce vieillard de Corcyre, tant vanté par Virgile (Géorgiques) pour son calme bonheur entre son jardin et ses abeilles.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il semble même que Pompée garda avec lui les meilleurs capitaines des pirates et que ceux-ci organisèrent plus tard la flotte de son fils Sextus Pompée. Les insurgés Sertorius et Spartacus avaient eux aussi reçu l'appui des pirates. Auguste, instruit par l'expérience, organisa enfin des escadres régulières. On ne parla plus des pirates jusqu'au me siècle de notre ère, quand commença l'agonie de l'Empire.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La piraterie, qui avait reculé dans la mer Rouge et le Pont-Euxin, reparut à ce moment. Genséric, roi des Vandales, venu d'Afrique à la tête de sa flotte, pilla Rome en 455 avec une méthode exemplaire. L'Empire byzantin de son côté eut fort à faire à défendre le Bosphore contre les pillards Sarmates, Goths et Russes. C'est ainsi que les Igor et les Vladimir commencèrent à faire trembler la Méditerranée.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_viking_12.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_viking_12.jpg&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;VIKINGS ET SARRAZINS&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au Moyen Age, la piraterie déborda le cadre méditerranéen. Nous savons qu'elle a fleuri dans la mer Rouge et l'océan Indien depuis des temps très reculés. Le pèlerin bouddhiste Fa-Hien, qui se rendit de Ceylan en Chine vers l'an 400 de notre ère, observe : &lt;i&gt;&quot;Il y a beaucoup de pirates, et, quand on les rencontre, personne ne peut leur échapper.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La mer intérieure du Japon fut, au Xè siècle, le siège d'une insurrection populaire qui prit la forme de la piraterie ! &lt;b&gt;Les paysans ruinés par les abus d'impôts et de corvées, vécurent de pillage maritime, sous la conduite des hobereaux sans emploi.&lt;/b&gt; Le général Fujiwara Sumitomo, membre du clan impérial, envoyé contre eux, se plaça à leur tête. Il fut finalement vaincu. On apporta à l'empereur sa tête et celle de son fils qui, à 13 ans, était déjà un fin pirate.&lt;/span&gt; &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les rois de la mer.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;—&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L'Europe christianisée avait retrouvé la paix sous le sceptre de Charlemagne quand surgirent des brumes du Nord les pirates scandinaves. Habitants de pays pauvres en terre, mais riches en golfes, pratiquant un culte païen violent où le paradis était la récompense du guerrier, ne connaissant guère d'autre organisation que des fraternités d'hommes libres sous la conduite d'un chef noble, ils semblaient voués par la nature aux aventures de mer et à la piraterie. Leurs chefs prirent le titre de Vikings, les &quot;rois des golfes&quot;, ou les &quot;rois de la mer&quot;. &lt;i&gt;&quot;C'est avec raison,&lt;/i&gt; dit un historien islandais du XIIIè siècle, &lt;i&gt;qu'on leur donne ce titre, puisqu'ils ne cherchent jamais leur refuge sous un toit et ne vident leur corne-à-boire auprès d'aucun foyer.&quot;&lt;/i&gt; Pour l'Europe chrétienne, ils étaient les hommes du Nord, les Normands.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Leurs navires, ou &quot;snekkars&quot; (serpents), d'après leurs figures de proue, dépassaient rarement 25 m. avec une largeur de 5 m., sans pont, d'un tirant d'eau d'environ 1 m., avec une seule voile carrée et une quarantaine de rameurs. Voile et coque étaient rehaussées de couleurs violentes. Les deux extrémités pointues facilitaient la manoeuvre. Légers, très évasés au centre et relevés vers les extrémités, faits de chêne solide soigneusement assemblé, ces bateaux étaient insubmersibles et pouvaient passer partout. Les boucliers, accrochés le long du bord protégeaient les rameurs des paquets d'eau de mer. Le navire était la demeure bien-aimée du Viking ; il jurait par lui et parfois s'y faisait enterrer.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;Over svan bane !&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;(à travers la route des cygnes), était le cri du départ. Au vue siècle ils atteignent le nord de l'Ecosse, au vine l'Angleterre. Les côtes sont ravagées, les églises brûlées, les hommes tués, le pays pillé. Le chef &lt;b&gt;Ragnard Lodbrog&lt;/b&gt; voit son vaisseau se briser sur la côte anglaise. Il s'enfonce dans l'intérieur qu'il ravage. Battu par le roi saxon Sella, il est jeté dans une fosse remplie de vipères. Avant d'expirer il eut le temps, dit-on, de composer et de clamer les 23 premières strophes du chant islandais dit Krakumal : &lt;i&gt;&quot;Nous avons préparé&lt;/i&gt; &lt;i&gt;aux corbeaux une abondante pâture ; la mer était rouge comme une blessure qui vient de s'ouvrir...&quot;&lt;/i&gt; Le chant se répand jusqu'en Norvège, les Vikings &quot;lâchent la bride à leurs chevaux marins&quot; ; ils s'emparent de Sella, lui arrachent les entrailles et lui salent le ventre.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Certaines de ces expéditions comptaient plus de 200 navires. Dès le début du IXè siècle, elles s'attaquent au continent. Les querelles des Carolingiens et leur absence de marine leur livrent la Flandre et la basse Seine. Encouragés par la richesse de ces pays et leur faible résistance, ils reviennent régulièrement. Du repaire de Noirmoutiers, ils partent ravager les vallées de la Loire et de la Garonne. Ils poussent jusqu'à Paris, Orléans, Poitiers et même jusqu'à l'Espagne et la Provence.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En 879, Alfred le Grand les chasse d'Angleterre. Ils envahissent la Flandre. Le 25 juillet 885, sous la conduite de Siegfried, 30 000 Normands montés sur 700 barques s'emparent de Rouen puis remontent la Seine. Le 24 novembre, ils campent devant Paris. La population des faubourgs se réfugie dans l'île de la Cité, entourée d'une enceinte romaine. La défense est dirigée par Eudes, comte de Paris, par l'évêque Gozlin et son neveu Ebles, abbé de Saint-Germain-des-Prés, archer redoutable. Ils résistent à six assauts jusqu'en septembre 886, permettant à l'empereur Charles le Gros d'arriver à Montmartre avec une immense armée. Mais la réputation de férocité des Normands est telle que Charles n'ose les attaquer. Il achète le départ de Siegfried en lui donnant la Bourgogne à piller.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En 911, Charles le Simple achète ainsi le chef Rollon en lui conférant la Normandie. Dès lors, les Normands deviennent des chefs territoriaux ou des marchands. En Scandinavie même des royaumes s'organisent et se christianisent. Seuls les païens vénèdes, habitant les îles de la Baltique, poursuivent le pillage des côtes. Copenhague est fondée contre eux. Cette piraterie cesse au XIIe siècle, mais au pave siècle sévit celle des &quot;frères vitaliens&quot;, installés au Meklembourg. Les ligues de villes marchandes, les &quot;Hanses&quot; s'organisent pour leur résister. Le plus célèbre des vitaliens fut &lt;b&gt;Stortebeker&lt;/b&gt; (l'avaleur de verres) : ses prisonniers, pour avoir la vie sauve, devaient avaler coup sur coup quatre bouteilles de bière. La piraterie sévissait aussi dans l'Atlantique au mite siècle ; les &quot;jugements d'Oléron&quot; prévoyaient la peine de mort contre les pirates et permettaient le pillage des navires pirates naufragés ; en même temps qu'ils sollicitaient ainsi la bonne volonté des naufrageurs, les Etats, faute de marines nationales, lançaient, coutre les pirates, les premiers corsaires.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vincentdutrait.com/&quot; title=&quot;Dessin de Vincent DUTRAIT&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_pirates03.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_pirates03.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En Méditerranée.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;—&lt;/font&gt; Aux calamités du Nord s'ajoutaient celles du Midi. Du désert avaient jailli au vue siècle les Arabes dont l'occupation de l'Afrique du Nord et de l'Europe allait changer la face de la Méditerranée. Repoussés de France par terre, ils y revinrent par mer. En 848 les Sarrazius pillaient Marseille, en 869 Arles, enlevant même l'archevêque. En 886, ils envahissent le massif des Maures et s'y installent, avec Fraxinet (la Garde Freinet) comme principale citadelle. De là ils dirigent des expéditions de pillage jusque dans la vallée du Rhône et en Savoie. Le concile provincial de Valence constate &lt;i&gt;&quot;qu'ils dépeuplent la Provence ; ils la réduisent en solitude&quot;.&lt;/i&gt; Toulon, Fréjus, Antibes, Nice, le monastère de Lérins sont ruinés de fond en comble. Des repaires inaccessibles, comme Eze, gardent la terre et la mer. Les Provençaux, de leur côté, se retirent sur des hauteurs fortifiées ; c'est l'origine de Grasse, de Castellane, de Sisteron, des Baux.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La reconquête ne commença qu'à la fin du XIIè siècle, les comtes de Provence collaborant avec les Seigneurs Grimaldi. Les Sarrazins durent finalement abandonner même les Maures. La garde des côtes fut confiée aux Templiers. Saint-Raphaël, Cannes, Nice virent s'élever des forteresses et les Sarrazins furent réduits à des incursions maritimes, d'ailleurs fréquentes. Une légende provençale veut que la mère du sultan Mahomet Il, le conquérant de Constantinople au XVè siècle, ait été une Marseillaise du quartier Saint-Jean, enlevée par les Sarrazins. Ils ont laissé dans le pays, non seulement des &quot;tours sarrazines&quot; (dont la plupart ne leur doivent rien), mais les noms fréquents de Maurin, Montmorin, Mord, Morand, Maurras, Barbarin, Marrane, Sarrazin, Sarrazac.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La Corse, la Sardaigne, les Baléares, la Sicile furent longtemps occupées par eux. En 846, ils pillèrent Rome, profanèrent Saint-Pierre, s'attardèrent à Naples. Au XIè siècle, les Normands les rejoignirent en Sicile ; ils finirent par s'entendre, en bons pirates, les marins Sarrazins passant au service des seigneurs normands, beau modèle de collaboration entre les religions et les races.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Aux Sarrazins ne se limita pas la piraterie en Méditerranée au Moyen Age. Les pirates turcs dévastèrent l'archipel. La piraterie dalmate se reconstitua au XIè siècle. Les Vénitiens la châtièrent et prirent l'habitude d'enlever et de vendre aux harems de Syrie de jeunes Dalmates, d'où le nom &quot;d'esclaves&quot; ou &quot;esclavons&quot; donné par eux à ces peuples. Les Génois créèrent un &quot;office de la Piraterie&quot; qui était un coffret à triple serrure muni d'une fente où tout armateur lésé pouvait introduire sa plainte ; car il y avait, parmi les pirates, des Génois.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les flottes génoise, vénitienne, aragonaise réduisirent peu à peu la piraterie au XVè siècle. Cependant l'occupation turque des Balkans chassa une fois de plus vers les côtes dalmates un grand nombre de vaincus devenus vagabonds et pirates. On les appelait les &lt;b&gt;uskoks&lt;/b&gt; (transfuges). Venise, au XVIè siècle, eut du mal à les vaincre. Ils s'emparèrent un jour de la galère du célèbre amiral vénitien Venieri, firent cuire son coeur et le mangèrent.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mais, à cette époque, ce sont surtout les Etats musulmans qui offrent un refuge durable à la piraterie, grimée en guerre sainte.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;Barberousse&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Barberousse.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_Barberousse.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;LES BARBARESQUES&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Barberousse et sa suite. —&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La Méditerranée occidentale paraissait pacifiée depuis un siècle. Les deux principaux repaires de pirates, l'île de Malte et le port de Méhédia en Tunisie avaient été détruits, le premier par les Génois en 1372, l'autre par une expédition internationale en 1390. Mais en Orient la lutte avait continué entre les Turcs d'une part, l'Empire byzantin et les Chevaliers Hospitaliers de Rhodes d'autre part. Constantinople est pris en 1453, mais Rhodes résistera aux Turcs jusqu'en 1522. Dans ces luttes se forment des marins dont la spécialité est la piraterie. Beaucoup sont des Grecs, héritiers d'antiques traditions.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A Lesbos, devenue Mytilène, naquirent deux frères, tous deux roux de poil, Ouroudj et &lt;b&gt;Khizr&lt;/b&gt;, qui dès leur plus jeune âge, coururent les mers, de l'archipel à l'Egypte. Ils se placèrent nominalement au service du roi de Tunis, rallièrent les derniers pirates réfugiés dans l'île de Djerba et commencèrent à écumer la Méditerranée occidentale, avec tout le bénéfice de la surprise. En 1504, Ouroudj, ne disposant que d'une galiote médiocre, s'empara de deux galères du pape qui gardaient un convoi de marchandises précieuses. Le retour à Tunis fut triomphal, éblouissant. Du coup les vocations de pirates s'éveillèrent et on s'enrôla en masse chez les deux frères qui songèrent à former un établissement indépendant. L'Algérie était en pleine anarchie. Ils s'emparèrent de la région côtière au cours de luttes où périt Ouroudj. Khizr devint roi d'Alger et fit aussitôt allégeance au Sultan de Constantinople ; cette vassalité, qui ne pouvait guère le gêner vu l'éloignement, lui donnait une position internationale plus respectable que celle d'un simple pirate. Il profita notamment de l'alliance du Grand Turc avec François Ier. Celui-ci le ravitailla en munitions, canons et cordages, et le fit même recevoir avec honneur dans ses ports. En 1543, les Toulonnais recevaient l'ordre de &lt;i&gt;&quot;vuyder la ville, personnes et biens, tout incontinent, pour loger l'armée du Sieur Barberousse&quot;&lt;/i&gt; ; c'était le sobriquet français de Khizr, que le Sultan, de son côté, avait nommé grand amiral de la flotte turque avec le surnom de Khaïr-eddine (Bienfait de la Religion). Barberousse est le modèle de ces pirates, assez rares, qui ont su mener leur barque jusqu'au bout, en la chargeant d'honneurs et en la peignant de respectabilité.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Malgré ses nobles alliances, il lui restait assez d'ennemis pour exercer son métier. Le principal fut Charles Quint dont il pilla chaque année scrupuleusement les flottes et les côtes, aussi bien en Italie qu'en Espagne. Charles échoua dans toutes ses tentatives, conduites par l'amiral génois Doria, pour exterminer la flotte de Barberousse et pour prendre Alger. Il fut plus heureux en installant à Malte, en 1530, après la chute de Rhodes, l'ordre des Hospitaliers, qui, pratiquant eux-mêmes la course, devinrent les ennemis les plus gênants de Barberousse. Celui-ci mourut en 1546 à Constantinople, ayant épousé trois ans auparavant une de ses captives, dona Maria, âgée de 19 ans et fille d'un gouverneur espagnol. La tradition affirme qu'il avait alors plus de 80 ans et que ce fut, de part et d'autre, un mariage d'amour.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Barberousse fut le créateur de l'Etat pirate des Barbaresques&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;b&gt;(du nom des Berbères) qui dura jusqu'en 1830.&lt;/b&gt; Cet Etat s'appuyait sur une milice, l'Odjak, et des capitaines marins, les reis ; les chefs, sultans, deys ou beys étaient élus et mouraient généralement assassinés. Aucun de ces chefs n'atteignit la puissance de Barberousse. Néanmoins il y eut parmi eux de glorieux pirates : le Turc Dragut, qui fit de Djerba son repaire, mais échoua devant Malte ; le Calabrais Ochiali, qui prit Chypre à Venise et combattit à Lépante ; l'Albanais Mourad, qui écuma les rivages italiens et espagnols, poussant même jusqu'aux Canaries. La plupart, tout en occupant des fonctions officielles, pirataient pour leur propre compte, versant une ristourne au Trésor suivant leur bon coeur.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Cependant, au cours du XVIè siècle, le trafic intercontinental avait peu à peu, à la suite de Colomb et de Gama, abandonné la Méditerranée pour l'Atlantique. Les galères des Barbaresques n'étaient pas faites pour l'Océan. En 1606, un honnête Hollandais, Danser, ruiné par une trop bonne ; vie menée dans le port de Marseille, se fit pirate, s'installa à Alger et apprit aux Barbaresques à faire des &quot;bateaux ronds&quot; de haut bord. Dès lors, ils écumèrent les routes atlantiques à l'ouest de Gibraltar ; on en vit croiser à l'embouchure de la Tamise. L'un d'eux, le Hollandais Jansz, devenu Mourad Reis, poussa même jusqu'à l'Islande, qu'il reconnut être une bien pauvre proie. Jansz était installé à Salé, dont les pirates avaient formé une République très florissante, plus ou moins indépendante du Maroc. Au début du XVIIè siècle toutes les routes maritimes européennes avaient cessé d'être sûres.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Buccaneer.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_Buccaneer.jpg&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Pirates ou corsaires ? —&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ces razzias séculaires doivent-elles être considérées comme de la simple piraterie ? N'est-ce pas plutôt une guerre sainte, le conflit inexpiable de la chrétienté et de l'Islam, une prolongation des Croisades ? Nos prétendus brigands n'étaient-ils pas les champions d'un idéal ? Sans doute les Chevaliers de Malte pourront-ils apparaître comme les derniers croisés. Pourtant ceux que Pierre Hubac appelle des &lt;b&gt;&quot;moines voués à la piraterie&quot;&lt;/b&gt; ont eu d'étranges agents. Tel cet Alonzo de Contreras qui n'a cessé de courir la Méditerranée, de se battre, de faire des prises, de dévaster les côtes, de faire payer rançon, de torturer ses prisonniers pour faire avouer les cachettes, d'aspirer la monnaie, de la perdre incontinent au jeu et avec les filles. Il était tenu, même par les chrétiens, comme un &quot;homme sans âme&quot;. Mais finalement, voulant se faire admettre dans l'ordre comme chevalier à part entière, il triompha des scrupules du pape avec cet argument massue : &lt;i&gt;&quot;Le trésor de l'Eglise, mais c'est pour des hommes tels que moi qu'il est fait, pour des hommes qui se sont éreintés à défendre la foi catholique !&quot;&lt;/i&gt; Il finira commandeur de l'Ordre et écrira ses mémoires.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Chez les Barbaresques aussi on se garde bien d'être isolé ; on se rattache toujours, de près ou de loin, à un Etat reconnu en droit international : roi de Tunis, sultan de Turquie, sultan du Maroc. Ce n'est pas du patriotisme, mais une saine précaution commerciale ; le célèbre pirate turc Karatourmisch qui, vers 1500, pillait indistinctement musulmans et chrétiens dans les mers de l'Archipel, avait fini précocement ; la leçon ne fut pas perdue. Souvent on rend des services à ces suzerains, on combat pour eux dans les batailles rangées. Mais ce n'est que l'exception. &lt;b&gt;Le pain quotidien c'est l'industrie pirate. Alger, Djerba, Salé sont avant tout des Etats pirates et il est difficile d'assimiler ces pillards professionnels à des corsaires de la patrie, voire à des martyrs de la foi.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Celle-ci est d'ailleurs sujette à des changements : Barberousse est Grec ; on trouve parmi ses lieutenants un Sarde : Hassan, un Calabrais : Ochiali, et un Corse appelé simplement El Corsico. Nous avons vu des Barbaresques hollandais. Ils ont abjuré, mais parfois rentrent chez eux après fortune faite et redeviennent chrétiens. Les Provençaux sont la &quot;nation&quot; la plus nombreuse chez les Chevaliers de Malte, mais on en trouve aussi dans le camp d'en face ; tel ce fameux Jean de Gonfaron, chanté par Mistral, qui étant à l'affût d'un navire chrétien, &lt;i&gt;&quot;entend l'équipage chanter marseillais... Comme l'eau jaillit d'un coup de rame — un flot de larmes — crève son coeur dur ; — l'expatrié pense à la patrie — et se torture — d'être avec les Turcs — Il laisse la belle à son banc de marbre — le turban, le sabre et tout l'attirail — ... Car notre Provence est tellement belle... — qu'elle supplante même — les filles des rois&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au XVIIè siècle, les côtes barbaresques prennent figure de repaire international, où la religion n'a que faire. Sous le règne de Jacques Ier, qui chasse les pirates des eaux anglaises, ceux-ci se réfugièrent en Afrique du Nord. Mainwaring place le centre de ses opérations à Marmora, Francis Verney à Alger, John Warde à Tunis. Peter Easton, dit le &quot;super-pirate&quot; vint s'installer avec ses trésors sur la Côte d'Azur, dans la longue baie étroite et profonde de Villefranche, près de Nice, que les Barbaresques hantaient depuis longtemps. Verney et Warde paraissent s'être convertis, mais les autres se passèrent de cette formalité. Mainwaring rentra même en Angleterre, obtint son pardon, devint gentilhomme de la chambre du roi, traqua ses anciens collègues et écrivit sur la piraterie un livre fort exactement documenté.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les navires, chrétiens ou barbaresques, étaient les mêmes : la grande galère ayant jusqu'à 50 m. de long et 25 bancs de 5 rameurs à chaque bande, et des navires à rames plus légers : galiotes, ramberges, chebecs, brigantins, frégates, fustes. Ils ont un mât à voile latine, et des canons à l'avant et à l'arrière. Pour l'Atlantique on a des navires pontés, à voile et à sabords. Les rameurs, en Méditerranée, sont des esclaves en majorité, chrétiens chez les Barbaresques, musulmans chez les chrétiens. Embuscades et abordages sont la vie quotidienne, avec toutes les ruses classiques pour leurrer l'ennemi et permettre de l'approcher : faux pavillons, déguisements, feinte d'être un honnête bateau marchand. La prise faite on répartit les marchandises, on ramène le vaisseau ; tout ce qui n'a pas été tué à bord devient esclave s'il n'est racheté ; il est important d'évaluer justement les rançons ; Cervantès, bien que simple sous-officier et manchot, fut évalué trop haut parce qu'on trouva sur lui des recommandations, et il resta longtemps esclave en Alger.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ces esclaves, vendus aux enchères, ne sont pas tous misérables. Les jolies femmes trouvent une place honorable dans les harems. Les esclaves domestiques gagnent souvent la confiance de leur maître et parviennent, s'ils se convertissent, à de belles situations. Beaucoup font du commerce. Mais tous ne sont pas si heureux ; il est de mauvais maîtres et des besognes dures. Les punitions sont souvent effroyables : les cheveux enflammés, le pal, la croix, l'émasculation, le jet du haut d'une muraille sur des crocs. Il est vrai que les pirates capturés étaient souvent pendus par un pied à une vergue ou empaillés. Des ordres religieux se fondent alors pour le rachat des esclaves sans fortune : les Trinitaires, et plus tard les Lazaristes, ces fils de saint Vincent de Paul qui se vanta lui-même, dans sa jeunesse gasconne, d'avoir été esclave à Tunis.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La fin du XVIIè siècle voit le déclin de la piraterie barbaresque. Les Etats européens se sont organisés. Le Grand Turc reste en Orient et ses alliances ne jouent plus. Des flottes chrétiennes considérables paraissent sur les côtes africaines. Les Anglais débarquent à Tunis et Alger en 1655, brûlent des flottes barbaresques à Bougie en 1671, à Tripoli en 1677. Les Français bombardent Alger en 1682 avec Duquesne, en 1683 avec Tourville, en 1688 avec d'Estrées. Mais les Européens ne s'entendent pas et leurs guerres entre eux absorbent leurs plus gros efforts. Les Barbaresques promettent à chaque fois de ne plus recommencer. A défaut de démonstration de force, chacun leur achète leur abstention. Ce qui n'empêche qu'à la première occasion les reis repartent en chasse. De quoi vivraient-ils ? Si les grandes expéditions en force ont cessé, la piraterie individuelle se maintient, beau thème pour la littérature.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_MindingTheStores.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_MindingTheStores.jpg&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;VERS L'OUEST&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au XVIè siècle la Méditerranée perd donc sa primauté dans le trafic mondial au profit des nouvelles routes découvertes par les Espagnols et les Portugais. C'est l'Atlantique qui désormais suscite les grandes vocations de pillards maritimes. Et les grandes pépinières de pirates sont deux nations riveraines de cet océan : la France et l'Angleterre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Français. —&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Normands, pour être devenus gentilshommes terriens en Normandie, n'avaient pas entièrement perdu le goût de la mer et du pillage. On peut dire que la conquête de l'Angleterre en 1066 par le duc Guillaume et sa flotte de barons de proie fut la plus grandiose des prises maritimes qu'ait connue l'histoire.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Bretons, habitants de côtes sauvages et d'un pays pauvre, furent de bonne heure des marins intrépides, parmi lesquels les pirates ne manquaient pas. Ils pillaient notamment leurs vis-à-vis de la côte anglaise, à charge de revanche.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le plus extraordinaire de ces pirates bretons, vrai héros romantique, fut une femme, la dame de Clisson. Son mari ayant été décapité en 1343 par ordre du roi de France, elle vendit ses biens, arma trois navires, y embarqua avec ses deux fils, et ne cessa dès lors de se venger sur les navires et les côtes françaises, pillant, brûlant, ne faisant jamais quartier. Elle prenait plaisir à conduire elle-même les abordages, obstinément vouée à sa vengeance en vraie tête de bretonne. On ne sait rien de sa fin, présumée violente.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les navires sur l'océan étaient des &quot;bateaux ronds&quot;, c'est-à-dire plus larges que ceux de la Méditerranée, hauts de bord, n'utilisant que la voile avec deux ou trois mâts. Nefs, carraques, galions avaient d'abord leurs couleuvrines et leurs bombardes sur le pont, avec des balles de laine pour protéger les servants. Les sabords furent inventés, dit-on, en 1410 par un constructeur français du nom prédestiné de Descharges. Les nefs avaient jusqu'à trois ponts et pouvaient contenir 800 personnes. Les caravelles n'en portaient guère plus de 80. Le gouvernail, les huniers, la boussole avaient rendu ces navires beaucoup plus marins que leurs prédécesseurs et les avaient affranchis des côtes, permettant les traversées intercontinentales, et aussi la Grande Piraterie.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;De celle-ci les Français furent incontestablement les initiateurs. Les premiers ils s'intéressèrent aux découvertes espagnoles et portugaises, dont on disait tant de merveilles. Ils vinrent se poster sur les nouvelles routes. Dès son troisième voyage, Christophe Colomb fut obligé de se réfugier à Madère pour fuir les pirates français. Des Dieppois pillèrent aux Açores les trésors de Cortez. D'autres s'emparèrent de navires portugais et coupèrent le nez aux prisonniers en leur disant : &lt;i&gt;&quot;Eternuez l'or !&quot;&lt;/i&gt; En 1508, un Français passa Le Cap et s'empara, dans le canal du Mozambique, d'un navire de Tristan d'Acunha.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La lutte de François Ier et de Charles Quint ne put qu'encourager de telles dispositions. En 1543, trois cents pirates français et anglais pillaient Carthagène pour la première fois. Par la suite, la haine des Huguenots pour Philippe II suscita des vocations. La Rochelle devint le centre d'une sorte de République pirate ; aux Saintongeais, Bretons, Normands et Gascons, se mêlaient des Anglais et des Hollandais. On les appelait les &lt;b&gt;&quot;Gueux de mer&quot;&lt;/b&gt;. Le plus célèbre de ces pieux forbans fut le Rochelais &lt;b&gt;Jacques de Sore&lt;/b&gt; qui, avec son compagnon le Normand François Le Clerc dit &quot;Jambe de bois&quot;, s'empara en 1555 de La Havane. Il brûla les églises, déshabillant les madones et poignardant les saints, massacra ses prisonniers pour se venger d'une contre-attaque espagnole, et prit la mer avec un butin immense.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mais les guerres de religion absorbèrent ensuite toutes les énergies françaises, et le premier rang, à la fin du siècle, passa aux Anglais.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/de/d/dc/Weltumsegelung_des_Francis_Drake.png&quot; target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Sir Francis DRAKE (1543-1596)&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Francis_DRAKE.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_Francis_DRAKE.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Anglais. —&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Vikings avaient semé sur toutes les côtes britanniques de tenaces traditions de piraterie qui foisonnèrent pendant tout le Moyen Age. Le roi n'ayant pas de marine, des marchands formèrent la &lt;b&gt;&quot;Ligue des cinque Ports&quot;&lt;/b&gt; pour protéger leurs bateaux et en profitèrent pour piller les autres. Les gens de la côte sud, notamment ceux de Cornouailles, échangeaient des pillages à travers la Manche avec les Normands et les Bretons. La guerre de Cent ans fut, à cet égard, un fameux prétexte. Dès le XVè siècle certains &quot;marchands aventuriers&quot; poussèrent jusqu'à la côte espagnole. La Flandre, riche et voisine, n'était pas épargnée. Henri VII imagina diminuer la piraterie en la canalisant ; il délivra aux marins anglais qui avaient été pillés par un étranger des &quot;lettres de marque&quot; les autorisant à se rembourser sur n'importe quel autre navire de la même nationalité. On imagine les abus et les représailles !&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Sous Elisabeth, les Anglais se lancèrent à la suite des Français dans la grande piraterie du domaine espagnol d'outre-mer. Le protestantisme de la nouvelle reine et son avidité, autant que la pauvreté relative de ses sujets, encouragèrent cette forme d'enrichissement sur les papistes abhorrés. C'était aussi un moyen de détourner des côtes anglaises les activités des pirates. Des grandes familles, notamment celle des Killigrew en Cornouailles, tiraient alors le plus clair de leurs revenus du pillage maritime local et l'on trouvait des associés des pirates jusque dans le Conseil Privé de Sa Majesté.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Elisabeth traqua ces pirates domestiques, mais encouragea secrètement les autres. &quot;Les Gueux de mer&quot; transportèrent leur centre principal de La Rochelle à Douvres, sous le commandement du comte de La Marck. Ils apportaient leur connaissance du domaine espagnol ; par malheur ils étaient un peu voyants et encombrants. Elisabeth dut les sacrifier aux réclamations de Philippe II, avec qui elle était alors en paix. Mais elle continua son appui à d'autres entreprises.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le système commercial appliqué par l'Espagne à ses colonies était un dirigisme draconien. Tous les échanges étaient organisés par la Casa de Contratacion, à Séville. Deux convois se rendaient chaque année dans le Nouveau-Monde, portant les marchandises européennes, remportant l'or, l'argent et les produits exotiques : l'un, appelé &quot;la flotte&quot;, desservait les Grandes Antilles ; l'autre, &quot;les galions&quot;, touchait à Carthagène puis recevait, à Porto Bello, les marchandises du Pérou et du Chili acheminées par mer sur Panama, puis à travers l'isthme jusqu'à l'Atlantique. Tout commerçant, tout navire étranger naviguant dans ces eaux était considéré comme pirate.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Un Anglais, Hawkins, brava ces interdictions en se livrant à la contrebande et à la vente des esclaves noirs. Son troisième voyage, en 1568, se termina mal ; il eut de la peine à échapper aux Espagnols et faillit mourir de faim au retour.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;Le &quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Golden_Hinde_Francis_DRAKE_.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; alt=&quot;medium_Golden_Hinde_Francis_DRAKE_.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il fut vengé par son jeune parent, Francis Drake qui, en 1572, en collaboration avec le flibustier et géographe français, Guillaume Le Testu, enleva, dans l'isthme de Panama, le convoi de mules qui amenait aux galions l'or du Pérou. Sa seconde expédition fut commanditée par la Reine. Elle lui remit 1 000 écus, en lui recommandant de &lt;i&gt;&quot;n'en rien dire à Mylord Chancelier&quot;,&lt;/i&gt; car on était en paix avec l'Espagne. Drake résolut de surprendre les Espagnols dans le Pacifique où ils se croyaient bien tranquilles et ne se gardaient pas. Sur cinq navires qu'il avait emmenés, un seul, le &lt;b&gt;Golden Hinde&lt;/b&gt; sortit du détroit de Magellan. Il pilla Valparaiso, s'empara du navire chargé de l'or des galions, vint mouiller dans la baie déserte de San Francisco, traversa le Pacifique, prit une cargaison d'épices aux Moluques, faillit y rester sur un récif et rentra en Angleterre en 1580 ayant fait le tour du monde. Le roi d'Espagne protesta. Elisabeth déclara ignorer les faits, mais prit la plus large part du butin. Puis elle amena l'ambassadeur espagnol sur le navire de Drake, fit agenouiller celui-ci, tira son épée comme pour le châtier, mais l'embrassa en lui ordonnant : &lt;i&gt;&quot;Levez-vous, Sir Francis !&quot;&lt;/i&gt; Désormais baron et amiral, Drake devint un héros national dans la guerre contre l'Espagne, ce qui ne lui enleva pas le goût de la piraterie ; il mourut dans une expédition ratée sur Porto Bello.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Le règne d'Elisabeth fut le paradis des nobles pirates. Le plus célèbre après Drake fut Georges Clifford, comte de Cumberland, qui fit surtout la chasse aux Portugais et reçut l'ordre de la Jarretière. Sous le règne pacifique de Jacques Ier, la course à l'Espagnol cessa d'être encouragée. Les pirates se rabattirent sur les côtes britanniques. Leur principal centre était Broadhaven en Irlande. Nous avons vu comment les principaux de ces pirates, pourchassés par Jacques Ier, trouvèrent refuge chez les Barbaresques&lt;b&gt;.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;Hubert DESCHAMPS&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>PIRATES ET FLIBUSTIERS : L'ÉSOTÉRISME DU PAVILLON NOIR</title>
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                <author>noreply@ (THEATRUM BELLI)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 30 Dec 2006 10:25:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_boucanier.jpg&quot; alt=&quot;medium_boucanier.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;&lt;b&gt;Le &lt;i&gt;pirate&lt;/i&gt; au sens étymologique est &quot;celui qui tente la fortune sur mer&quot; (du grec &lt;i&gt;peiratès&lt;/i&gt;). Ce qui le différencie du &quot;corsaire&quot; - le marin qui mène la &quot;guerre de course&quot; - est le fait d'arraisonner les navires pour son propre compte, sans lettre ou approbation d'une autorité légitime. Assimilée au &quot;brigandage sur mer&quot;, la pirate­rie place les auteurs de tels actes en position de &quot;hors-la-loi&quot;, de &quot;marginaux&quot; mis au ban de la société, même si les pirates ont constitué au cours des âges une &quot;société&quot; analogue au &quot;milieu&quot; des truands, avec ses lois, ses coutumes, ses mœurs, son langage, ses rites et... son ésotérisme, un ésotérisme &quot;noir&quot;, bien entendu, comme le pavillon du même nom.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Il n'est pas dans notre propos de retracer, même succinctement, l'histoire de la piraterie. Aussi loin que remontent les annales et le souvenir des peuples on trouve la Piraterie, chez les Assyriens comme chez les Grecs puis les Romains.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt; &lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Cicéron, avant même que Jules César ne soit prisonnier 5 semaines des pira­tes écumant la Méditerranée, qualifiait ceux-ci de &lt;i&gt;communis hostis omnium&lt;/i&gt; (ennemi commun de tous). Dès le IIe millénaire avant notre ère, les &quot;hommes blonds aux yeux bleus&quot;, ancêtres lointains des Vikings, arrivent du Nord, envahissent la Grèce et les îles de la mer Égée, pratiquant à grande échelle le pillage maritime. Plus tard, les Achéens, peuple de la mer, s'emparent de la Crète d'où ils montent de nombreux raids de piraterie le long des côtes de la Syrie et du Liban. Le delta du Nil est déjà un &quot;repaire&quot; de forbans à l'époque pharaonique. Homère, dans l'&lt;i&gt;Odyssée&lt;/i&gt;, évoque la piraterie comme un &quot;métier noble&quot; (lié à la guerre) pratiqué par de petits seigneurs locaux, les &lt;i&gt;barons des îles&lt;/i&gt;, atta­quant les navires marchands et ravageant les côtes lointaines, de la mer Tyrrhénienne au Pont-Euxin.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;pavillon de Jack Rakham&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_rakham.jpg&quot; alt=&quot;medium_rakham.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Hébreux ont connu les &lt;b&gt;Philistins&lt;/b&gt;, les Égyptiens les &lt;b&gt;Sardanna&lt;/b&gt; ou &lt;b&gt;Zakals&lt;/b&gt;, Rome des bandes organisées menées par des chefs redoutables, basées en Crète, en Cilicie, sur les rivages rocheux et idéalement découpés de l'Illyrie. Mithridate solli­cita l'appui de la piraterie dans ses guerres. On estime à deux cents au moins le nombre de villes côtières ravagées par les &quot;aventuriers de la mer&quot; (dont le grand port d'Ostie) défiant la toute-puissante Rome impériale. Encore trois siècles et cette fois, c'est l'Europe entière qui se trouve menacée par les &quot;peuples pira­tes&quot;, qu'ils viennent du Sud, tels les &quot;Sarrazins&quot; ou du Nord, à savoir&amp;nbsp; &lt;b&gt;Vikings&lt;/b&gt; ou &lt;b&gt;Varègues&lt;/b&gt;&quot; lancés sur leurs drakkars effilés à la conquête des villes côtières et des riches domaines de l'Écosse, de l'Angleterre, des côtes françaises de la Manche (IXe siècle). Remontant la Seine, les &quot;Rois de la mer&quot; ne sont arrêtés que devant Paris... On connaît la suite.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Ce qui nous intéresse, par-delà les péripéties des succès ou des échecs, est de retrouver l'esprit, le &lt;b&gt;&lt;i&gt;souffle&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, le &lt;b&gt;&lt;i&gt;vitalisme&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; qui poussait de tels hom­mes, venus de pays lointains, à risquer leur vie, gui­dés par la soif du pillage, certes, mais aussi et sur­tout par l'aiguillon de l'aventure et l'idée qui lui est sous-jacente, à savoir qu'une vie d'homme ne peut être qu'une &lt;b&gt;&lt;i&gt;vie de guerrier&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, une &lt;i&gt;vie dangereuse, libre&lt;/i&gt;, affranchie de toutes les lois ordinaires. On vient ainsi de mettre le doigt sur le ressort le plus secret, le plus puissant de l'&lt;i&gt;aventure sur mer&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;, &lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;qu'elle soit le fait de &quot;peuples&quot; (Scandina­ves, Barbaresques) ou de &quot;groupes&quot; (Pirates, For­bans, Corsaires).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;Vikings de l'Est&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Guerriers_de_Kiev_10-11s.gif&quot; alt=&quot;medium_Guerriers_de_Kiev_10-11s.gif&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Tous ces hommes sont &lt;b&gt;nobles&lt;/b&gt; à l'origine en ce qu'ils incarnent une &lt;b&gt;aristocratie guerrière&lt;/b&gt; : le cri des Vikings au moment du départ sur leurs drak­kars (dragons) et snekkars (serpents) était : &lt;b&gt;&lt;i&gt;Over svan bane&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (à travers la route des cygnes). Cette invocation est sacrée, elle fait appel aux ancêtres &lt;i&gt;mythiques&lt;/i&gt; fondateurs de la lignée : la caste primordiale &lt;i&gt;Hamsa&lt;/i&gt; (cygne) des rois-prêtres &quot;étant à eux-mêmes leur propre loi&quot; puisque unissant les fonctions &lt;i&gt;guerrière&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;sacerdotale&lt;/i&gt;, et les voies métaphysiques, séparées par la suite, de l'&lt;i&gt;action&lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;contemplation&lt;/i&gt;. Déjà, cependant, le processus de décadence, inexorable en notre &lt;i&gt;Âge sombre&lt;/i&gt; est commencé : le &lt;i&gt;Kshatriya&lt;/i&gt; ou guerrier tend à oublier l'origine &lt;i&gt;royale&lt;/i&gt; et spirituelle dont il tient son pouvoir. Le voile de l'obscurcissement spirituel atteint son regard et l'embrume ; il perd de vue la &lt;i&gt;finalité régulatrice&lt;/i&gt; de son action purifiante et libératrice à l'égard des forces nocturnes, chthoniennes et chaotiques.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Privé de centre, livré à la seule volonté d'un Moi (Ego) empirique hypertrophié, le guerrier de la mer devient au mieux &lt;b&gt;un aventurier &lt;i&gt;prométhéen&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (le type en est le Corsaire), au pire un &quot;hors-caste&quot; &lt;i&gt;luciférien&lt;/i&gt; ou même &lt;i&gt;satanique&lt;/i&gt;, héros nocturne (devenu le &quot;Pirate&quot; par excellence) puisant son énergie &quot;shivaïque&quot; auprès des sombres entités gar­diennes de l'or maudit, du sang versé (vampirisme) et de la mort, menant le plus souvent leurs disciples à la folie, à l'auto-destruction et à la dissolution finale personnelle dans le règne de l'&lt;i&gt;infra-humain&lt;/i&gt; (pouvant aller jusqu'à la prise de possession de l'indi­vidualité psychique par une entité démoniaque). Toujours, pourtant, Pirates, Forbans et Flibus­tiers de toutes sortes, malgré leur déchéance, garde­ront la &quot;nostalgie&quot; de cet &lt;i&gt;âge d'or&lt;/i&gt; guerrier empreint d'un idéal de noblesse et de fraternité. Au XVIIe siècle, les Flibustiers des Antilles ne prétendent-ils pas former la grande famille (avec les Boucaniers) des &lt;i&gt;Frères de la Côte&lt;/i&gt;&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Le monde, la carte politique, économique et sociale ont cependant beaucoup changé depuis la &quot;grande époque&quot; des Vikings (VIIIe - Xe s.). Avec le plein Moyen Age, la puissance des États s'est affirmée : des armées et des flottes régulières sont nées. Depuis le XVe siècle enfin, suite à la découverte du Nouveau Monde et de ses fabuleuses richesses, la police des mers est devenue une réalité grâce aux puissantes marines militaires de Venise, de Gênes, de Pise, de Malte en Méditerranée, de l'Espagne, de la France, de l'Angleterre et de la Hollande sillonnant l'Atlantique du nord au sud, protégeant les convois marchands, consolidant les premiers empires colo­niaux des deux Amériques, des Antilles, bientôt de l'Inde et des comptoirs africains. La piraterie, plusieurs siècles confinée dans la poursuite de prises médiocres et aléatoires, va para­doxalement et d'un seul coup, connaître son &quot;âge d'or&quot;. Cette période couvre - en gros – 200 ans (1520-1720) avec son ascension, son apogée puis son déclin.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/&quot; title=&quot;Henry EVERY&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_Henry_EVERY.jpg&quot; alt=&quot;medium_Henry_EVERY.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Tout commence au XVIe siècle lorsqu'on voit se développer, favorisées par les circonstances et presque simultanément, &lt;i&gt;guerre de Course&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Piraterie&lt;/i&gt;. Pour lutter contre l'hégémonie maritime espagnole, l'Angleterre élizabéthaine - dont la flotte de guerre est encore modeste - fait appel aux &lt;b&gt;aven­turiers de la mer&lt;/b&gt;. Le but secret, inavoué, est de &quot;rafler&quot; le plus possible d'or, d'argent, de riches cargaisons aux Hispano-Portugais dont les lourds galions reviennent, chargés de richesses, du Nouveau Monde. Dans cette vaste entreprise, la reine Élizabeth Ière, très réaliste, s'adresse en priorité aux familles et aux personnes bénéficiant d'une expérience éprouvée en matière de piraterie : &lt;b&gt;le clan des Killigrew en Cor­nouailles&lt;/b&gt;, par ex., dont plusieurs membres se voient admis jusque dans le Conseil Privé de Sa Majesté. Rebaptisés &quot;Corsaires&quot;, ils rendront effec­tivement de signalés services, sans que l'Amirauté se montre très scrupuleuse sur l'origine des prises...&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Ces &lt;b&gt;&lt;i&gt;sea-dogs&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (chiens de mer) compteront dans leurs rangs des hommes promus à la célébrité tel Francis Drake (1545-1595) qui finit Amiral et che­valier de l'Ordre de la Jarretière. Lorsqu'il était cor­saire pour sa Reine, son &quot;terrain de chasse&quot; favori était la baie de Cadix, lieu de sinistre réputation chez les marins et considéré comme &quot;maudit&quot;. Drake y obtint d'éclatants succès, brûlant, pillant, coulant nombre de navires marchands, massacrant sans pitié les équipages infortunés. Une tradition occulte solidement établie reconnaît dans Sir Francis Drake le chef d'une mystérieuse société secrète (d'inspiration contre-initiatique) &quot;Les Chevaliers de l'Apocalypse&quot;, qui poursuivrait aujourd'hui encore ses sombres activités. L'écrivain Raoul de Warren évoque longuement ce cas dans un &quot;roman&quot; plus qu'insolite : &lt;i&gt;La Bête de l'Apo­calypse&lt;/i&gt; (1978).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_pirate_au_sabre.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_pirate_au_sabre.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_pirate_au_sabre.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Un autre corsaire anglais de la même époque, Martin Frobisher, se conduisit en véritable pirate, sans être autrement inquiété. Il est vrai que la fron­tière est parfois bien &quot;floue&quot;, en tout cas difficile à délimiter entre la &lt;i&gt;Caprerie&lt;/i&gt; (c'est ainsi qu'on désignait les corsaires dans l'ancienne France) et la vulgaire &lt;i&gt;Piraterie&lt;/i&gt; ; témoins ces &lt;b&gt;Gueux de Mer&lt;/b&gt; hollandais - correspondant aux &lt;b&gt;Gueux de bois&lt;/b&gt; à terre - combattant la domination espagnole sur les Pays-Bas, considérés comme des héros et des libé­rateurs de la patrie par les Néerlandais et comme de simples bandits par les gouvernants représentant la Couronne ibérique. Simple question de &quot;point de vue&quot;. Quant aux Français, ils s'illustraient, toujours en ces temps très agités de la Renaissance, grâce aux &lt;b&gt;escumeurs&lt;/b&gt; &lt;b&gt;normands&lt;/b&gt; - plus proches des forbans que de toute autre catégorie - dont le plus connu fut Jean Ango.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;&lt;i&gt;&quot;À 1ère vue&lt;/i&gt; - fait observer A. Toussaint, un historien de la guerre de Course - &lt;i&gt;pirates et corsaires se diffé­rencient facilement les uns des autres. Les 1ers sont de vulgaires brigands, des &lt;b&gt;voleurs de mer&lt;/b&gt; (c'est ainsi qu'on les désigne en allemand), les 2nds sont des &lt;b&gt;guerriers à la commission&lt;/b&gt; ou encore des &lt;b&gt;miliciens de la mer&lt;/b&gt; dûment autorisés à courir sus les navires ennemis, en temps de guerre seulement, et soumis à un contrôle rigoureux. Dans la pratique, course et&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.5pt&quot;&gt;piraterie&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;furent souvent mêlées.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;&lt;i&gt;Le mot course lui-même a été d'abord employé pour désigner ce type d'opération - le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;corso méditerran­néen plus spécialement - que les historiens sont d'accord aujourd'hui pour qualifier de pur brigan­dage&lt;/i&gt;&quot; (&lt;i&gt;Histoire des Corsaires&lt;/i&gt;, 1978).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Au XVIIe siècle, pour ne pas demeurer en reste sur les États voisins, Louis XIV accorda des &quot;lettres de course&quot; aux marins de Saint-Malo et aux &quot;Capres&quot; de Dunkerque : &lt;b&gt;Du Casse&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;Forbin&lt;/b&gt; (d'ori­gine provençale), &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bart&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;b&gt;Jean Bart&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Parallèlement à cette &lt;i&gt;course au large&lt;/i&gt; s'enga­geait entre la France et l'Angleterre, rivales sur mer et dans les Caraïbes ou &quot;îles à sucre&quot;, une &lt;i&gt;course coloniale&lt;/i&gt; qui débuta vers 1630. Les gouverneurs des grandes et des petites Antilles reçurent dès lors l'autorisation de délivrer des lettres de marque pour pratiquer la &quot;guerre de Course&quot;, essentiellement contre l'Espagne.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;C'était, ce faisant, ratifier en quelque sorte &quot;l’acte de naissance&quot; des &lt;i&gt;Frères de la Côte&lt;/i&gt;, un ramassis composite d'aventuriers, de boucaniers (sorte de chasseurs-éleveurs pratiquant le &quot;boucan&quot; ou fumage des viandes et accessoirement la contre­bande) et de flibustiers liés entre eux par un pacte de &quot;bienveillance&quot; et sans doute le rattachement à une « société secrète » proche de la &lt;i&gt;Maffia&lt;/i&gt; sicilienne par la loi du silence et de la solidarité qu'elle sous-entendait. Quoi qu'il en soit, les autorités locales n'avaient guère le choix et acceptèrent l'engagement massif de tels hommes au demeurant courageux et pour la plu­part bons marins.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;Le gros de ces flibustiers ou pseudo-corsaires, qui ne tardèrent pas à écumer les flots pour leur propre compte, était composé pour la grande majorité d'Anglais, de Français et de Hollandais. C'est pré­cisément du Néerlandais &lt;b&gt;&lt;i&gt;Vrijbueter&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (libre faiseur de butin) que dérive le mot &lt;b&gt;&lt;i&gt;flibustier&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; dans notre langue. Les Anglo-Saxons, de leur côté, préféraient leur donner le surnom de &lt;b&gt;&lt;i&gt;Buccaneers&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, encore que la Boucane, à l'origine, ait été une activité &quot;ter­rienne&quot; différente de la Flibuste. Il est vrai que la patrie commune de ces aventuriers de tous bords était la grande île d'&lt;i&gt;Hispaniola&lt;/i&gt; (auj. Saint-Domingue) dont ils ne tardèrent pas à faire leur quartier général, avant de le déplacer sur un îlot plus sûr qu'ils dominaient en maîtres, la fameuse&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.5pt&quot;&gt;île de&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;la Tortue&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;. Un boucanier, Jérémie Deschamps, sei­gneur du Rosset, s'en empara et y installa ses &quot;ban­des hirsutes&quot; au nom de la France, s'instituant lui-même Gouverneur en 1656 &lt;b&gt;par la grâce du sabre d'abordage&amp;nbsp;&lt;/b&gt;». Il finit plus tard à la Bastille. Les Anglais, également peu sourcilleux, donnèrent asile à leurs flibustiers sur l'île de &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.5pt&quot;&gt;Jamaïque&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.5pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.3pt&quot;&gt;Les boucaniers, habitués à chasser les bœufs sau­vages au fusil, étaient si habiles au tir qu'ils pou­vaient, d'une seule balle, couper la queue d'une orange à cent vingt pas. Ils vivaient dans la brousse, couchaient par terre et n'étaient vêtus que d'une grossière casaque de cuir ou de toile, dégouttante du sang des animaux tués dont ils gobaient la moelle&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span style=&quot;letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;encore chaude, comme une friandise. Redoutable renfort pour la &quot;Course&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/images/medium_nopreynopay8bit.jpg&quot; alt=&quot;medium_nopreynopay8bit.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; letter-spacing: 0.2pt&quot;&gt;Les flibustiers n'étaient guère plus engageants, avec leur teint basané, leur barbe sale, leurs tatoua­ges et leurs anneaux passés dans les oreilles. Groupés autour d'un chef, armant le plus sou­vent une simple barque équipée de quelques canons, de tels hommes, au nombre d'une poignée, n'hési­taient pas à donner l'assaut à des vaisseaux espagnols dix fois plus gros, mieux armés et pourvus d'un équipage nombreux. Leurs lieux de rendez-vous favoris étaient les petites îles situées au sud de Cuba. Là, on se ravitaillait