03 mars 2008

Ahmadinejad accuse les Etats-Unis d'importer le terrorisme au Moyen-Orient

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé dimanche les Etats-Unis d'avoir favorisé l'émergence du terrorisme au Moyen-Orient, lors d'une visite historique en Irak qui ouvre une "nouvelle page" entre les deux pays.

"Il y a 6 ans, il n'y avait pas de terroristes dans notre région. Dès que les étrangers y ont mis les pieds, les terroristes sont apparus", a déclaré le président iranien lors d'une conférence de presse à Bagdad dans la soirée. 

Plus tôt, M. Ahmadinejad, la bête noire de Washington, s'en était déjà pris au président américain George W. Bush qui accuse régulièrement Téhéran de fournir des armes à des groupes chiites irakiens pour attaquer l'armée américaine.

M. Bush "accuse toujours les autres sans preuve et cela accroît les problèmes. Les Américains doivent comprendre que le peuple irakien n'aime pas l'Amérique", a-t-il déclaré après une rencontre avec le Premier ministre Nouri al-Maliki dans la zone verte de Bagdad. 

Cette visite à Bagdad, qui dure deux jours, est la première d'un président iranien dans l'histoire contemporaine des deux pays, qu'un conflit meurtrier a opposés entre 1980 et 1988.

Elle intervient alors que les Etats-Unis, puissance dominante en Irak avec la présence de 158.000 soldats, tente d'endiguer l'influence iranienne au Moyen-Orient, notamment au Liban et dans les territoires palestiniens.

Peu après son arrivée en Irak, lors d'une rencontre avec son homologue irakien Jalal Talabani, le président iranien a salué l'ouverture d'"une nouvelle page dans les relations bilatérales et un nouveau climat dans la région".

Côté irakien, les dirigeants ont tous espéré que cette visite renforcerait les liens entre les deux pays. 

"Cette visite est un message aux pays voisins. Elle doit être un message positif pour qu'ils renforcent leurs relations avec l'Irak", a ajouté M. Maliki. 

S'exprimant sur la récente incursion turque dans le nord de l'Irak, le président iranien a également appelé à une coopération "entre les gouvernements de la Turquie, de l'Iran et de l'Irak" pour combattre les rebelles kurdes. 

"Le terrorisme affecte tout le monde. Tout le monde devrait combattre les terroristes",a-t-il encore assuré, "nous ne devons pas laisser une minorité affecter les relations entre les pays", a-t-il dit. 

M. Ahmadinejad a assuré que l'Irak était appelé à devenir une grande puissance régionale. 

"Aujourd'hui, le peuple irakien traverse une situation difficile. Mais comme nous connaissons le peuple irakien (...), il surmontera cette situation et l'Irak de demain sera un Irak puissant, développé et prospère", a-t-il dit. 

Peu après son arrivé à l'aéroport international de Bagdad, M. Ahmadinejad a eu droit au tapis rouge lors d'une réception à la résidence de M. Talabani, un Kurde. 

Souriant, costume gris et chemise blanche, il a passé en revue une garde d'honneur alors que des fanfares jouaient les hymnes nationaux, drapeaux iraniens et irakiens au vent. 

Avant cette visite, les Etats-Unis et l'Iran - qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980 - se sont mutuellement accusés d'être responsables de l'instabilité en Irak. 

L'Iran doit cesser "d'exporter le terrorisme" et cesser "d'envoyer (en Irak) des équipements sophistiqués qui tuent" les soldats américains, avait affirmé le président Bush depuis son ranch de Crawford (Texas). 

Cette visite tourne définitivement la page des relations belliqueuses entre l'Iran et l'Irak. 

En 1980, le régime de Saddam Hussein avait lancé une offensive contre la République islamique naissante, plongeant les deux pays dans un conflit qui allait durer huit ans et coûter des centaines de milliers de vies. 

En dépit d'un cessez-le-feu en 1988, les relations bilatérales ne se sont améliorées que depuis 2003 et la fin du régime baassiste, avec l'installation à Bagdad d'un pouvoir dominé par des chiites qui ont souvent vécu en exil en Iran sous Saddam Hussein.

Source du texte : AFP

05 février 2008

Les principaux épisodes militaires de la croisade

9226a609c6edb7f5fc498f13f8da807c.jpgPrise de Nicée (6 mai - 26 juin 1097)

Les contingents des croisés convergent vers Nicée, dont ils effectuent le blocus terrestre. Ils sont approvisionnés en vivres et en machines de guerre par les Byzantins. Une force turque de déblocus est battue par le comte de Toulouse, qui fait catapulter les têtes des vaincus dans la ville. Une tour est détruite par la sape mais les assiégés colmatent aussitôt la brèche. En fait, la ville, appuyée au lac d'Iznik continue à recevoir du ravitaillement par bateaux. Les croisés appellent les Byzantins, qui font traîner une flottille de barques par des bœufs à travers la bande de terre qui sépare le lac du golfe de Nicomédie. L'apparition de ces embarcations décide les assiégés à se rendre au basileus, frustrant les croisés d'un assaut final. 

 

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28 janvier 2008

La Guerre Froide XX : soldats de Dieu (1/3)

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22 janvier 2008

Défense : Les armées françaises dans le Golfe Arabo-Persique, un avant-poste européen

Venu consolider les liens diplomatiques et militaires avec les régimes arabes sunnites du Golfe Arabo-Persique, George W. Bush a accusé le régime iranien de constituer une "menace pour la sécurité des nations" et d’être le "premier partenaire étatique du terrorisme" (Abou Dhabi, le 13 janvier 2008). Lui-même en déplacement au Moyen-Orient, Nicolas Sarkozy a renforcé le "dialogue politique" avec les pays voisins de l’Iran et signé divers accords de coopération. Au plan géopolitique et géostratégique, l’ouverture d’une nouvelle base militaire française à Abou Dhabi, sur le territoire des Emirats Arabes Unis, est une décision majeure (15 janvier 2008). Elle marque la volonté de renforcer la présence française et européenne sur un théâtre méditerranéen élargi au Moyen-Orient (la "plus grande Méditerranée" de Fernand Braudel), au cœur des enjeux énergétiques et sécuritaires mondiaux. Encore faudrait-il que le discours et les représentations géopolitiques du président français soient à la hauteur des défis. 

Du 13 au 15 janvier 2008, Nicolas Sarkozy a effectué une tournée diplomatique en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Emirats Arabes Unis, avec pour objectif de renforcer le "dialogue politique" avec les pays du Golfe Arabo-Persique. Le 13 janvier, les gouvernements français et saoudien ont signé quatre accords de coopération dans le domaine énergétique (gaz et pétrole), en politique étrangère (organisation de "consultations politiques bilatérales"), en matière de coopération scientifique et d’enseignement supérieur ainsi que pour la formation professionnelle et l’enseignement technique. Divers projets de contrats ont été évoqués pour un montant potentiel de 40 milliards d’euros. Au Qatar, le président français était en visite d’Etat et une antenne de Saint-Cyr-Coëtquidan devrait y être prochainement ouverte. Les liens ont été particulièrement resserrés avec les Emirats Arabes Unis où un important accord de coopération nucléaire civile a été passé (Total, Suez et Areva y négocient un partenariat pour y construire deux réacteurs nucléaires de la troisième génération). Les accords de défense entre Paris et Abou-Dhabi (EAU) ont été renforcés et une base navale française y sera installée dès 2009. 

Les dimensions énergétiques et culturelles de la présence française dans le Golfe Arabo-Persique (le futur Louvre d’Abou Dhabi et l’Université Sorbonne Abou Dhabi) ne doivent pas éclipser la forte composante militaire et partant géopolitique de cette coopération d’ensemble. Au vrai, cet engagement n’est pas nouveau. Outre les Emirats Arabes Unis, la France est liée par des accords de défense au Qatar et au Koweït ; elle est le premier fournisseur d’armements des deux premiers pays. Avec Bahreïn et le sultanat d’Oman, la coopération militaire, plus en retrait, serait en progrès. Enfin, Paris entend renforcer le "partenariat stratégique" conclu avec l’Arabie Saoudite en 1996 et deux accords de coopération militaire, avec à la clef la livraison d’équipements militaires, ont été signés à Paris, le 21 juillet 2006 (l’Arabie Saoudite n’en a pas moins préféré le Typhoon britannique, version export de l’Eurofighter, au Rafale français). Conformément au mémorandum signé le 15 janvier 2008, la France devrait instaurer une présence militaire permanente à Abou Dhabi, le plus riche et mieux doté en énergie de la fédération des Emirats Arabes Unis. Située dans le détroit d’Ormuz, cette base interarmées permanente accueillera de 400 à 500 personnes et des éléments pourraient être pré-positionnés dans les semaines à venir. Face aux côtes iraniennes, l’avant-poste militaire français contribuera ainsi à la sécurité d’une zone éminemment stratégique, tant dans la production et la circulation des hydrocarbures que sur le plan des nouvelles menaces (islamo-terrorisme et prolifération balistico-nucléaire). Rappelons simplement les récentes provocations de vedettes des Pasdarans (les Gardiens de la Révolution) à l’encontre de bâtiments de la Ve flotte des Etats-Unis (6 janvier 2008). 

Pour prendre la juste mesure des enjeux régionaux, il faut insister sur les caractéristiques et l’importance du Golfe Arabo-Persique, débouché maritime du Moyen-Orient sur l’océan Indien. Les Français sont historiquement plus familiarisés avec le Proche-Orient. Cette expression désigne l’ensemble littoral long d’environ 800 km, entre la Turquie au nord et l’Egypte au sud, riverain de la Méditerranée orientale (1) . Les pays et populations du Proche-Orient entretiennent des relations étroites et de longue durée - bien avant le transit de flux d’hydrocarbures via le canal de Suez et l’isthme syrien (qui ne se limite pas à la seule Syrie) -, avec les unités politiques et les économies moyen-orientales. C’est après avoir franchi les plateaux de Jordanie, le massif du Golan et l’Anti-Liban que l’on passe au Moyen-Orient. A l’Est de cette ligne de hauteur, la plaque arabique s’incline vers la Mésopotamie et le Golfe Arabo-Persique où elle s’enfonce sous la plaque iranienne. Cette "gouttière" de 2000 km de long et de 500 km de large est une zone de subduction qui recèle entre les deux-tiers et les 3/4 des réserves mondiales d’hydrocarbures. Ce sont les 2/5 de la production mondiale de pétrole qui chaque année transitent par le détroit d’Ormuz vers la mer d’Oman et les zones centrales de l’économie mondiale (Amérique du Nord, Europe, Asie de l’Est). 

La sécurité du Golfe Arabo-Persique et le libre accès à cette zone énergétique sont des impératifs qui conditionnent l’unicité et la fluidité de l’économie mondiale. Depuis l’effondrement de l’Iran impérial en 1979 et l’adoption de la doctrine Carter l’année suivante, les Etats-Unis n’ont donc eu de cesse de renforcer leur présence militaire et leurs liens avec l’Arabie Saoudite et le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ; désormais, les forces américaines sont aussi en Irak. La base de commandement des opérations (la composante projetée du Central Command, sis à Tampa) est installée sur la base D’al-Ubeïd (Qatar), Bahreïn est le point d’ancrage de la Ve flotte et le soutien logistique est assuré à partir du Koweït. La future composante militaire française n’a de valeur qu’additionnelle mais elle manifeste la volonté d’assumer une partie du fardeau dans une zone soumise à de fortes tensions avec le délitement des structures héritées du système de Versailles et de la première moitié du XXe siècle. La multiplicité des initiatives et des concepts – projet de "Grand Moyen-Orient"(Etats-Unis), "Moyen-Orient au sens large" (UE) et "Initiative de Coopération d’Istanbul" (OTAN) – illustre l’acuité des enjeux régionaux.

Avec l’effondrement du "dual containment" mené par les Etats-Unis à l’encontre de l’Irak et de l’Iran dans les années 1990, la menace iranienne de nucléarisation et de sanctuarisation agressive de la région, du Golfe à la Méditerranée orientale, est passée au premier plan. Les déclarations du président Mahmoud Ahmadinejad abondent en menaces ouvertes et ses discours doivent être d’autant plus pris au sérieux que le régime iranien est engagé dans un ambitieux programme nucléaire et balistique. Rien n’est réglé et le dernier rapport des renseignements américains (2) évoque la date de 2009 au plus tôt, plus probablement la fourchette 2010-2015, pour le possible accès de Téhéran à l’arme nucléaire. La question est de savoir si l’Iran a d’ores et déjà repris ou est susceptible de reprendre le programme nucléaire militaire temporairement gelé en 2003. 

Aux risques de prolifération nucléaire s’ajoutent les efforts balistiques iraniens, mis en avant par le régime comme manifestation de puissance. En l’état actuel des techniques, le Shahab-3 est jugé être le seul missile (à capacité nucléaire) opérationnel et fiable. Sa portée de 1300 km couvre l’ensemble du Moyen-Orient. D’ores et déjà, une version modifiée (le Shahab-3M) pourrait, avec une charge légère, menacer le Sud-Est de l’Union européenne (1800-2000 km de portée). Dans les cinq ans, ce modèle devrait être consolidé alors que le projet Ashura de missile étagé aura atteint le stade des essais en vol (plus de 2000 km de portée, voire 3000 selon certaines analyses) ; dans les 10 ans, le Shahab-3M et l’Ashura seraient pleinement opérationnels (2000-2200 km de portée). Nombre d’experts en Europe s’en inquiètent et la menace iranienne explique pour partie l’engagement français dans la région.

Le Golfe Arabo-Persique est aussi à l’intersection de deux autres ensembles géopolitiques : l’ellipse stratégique énergétique (du Bassin de la Caspienne au Golfe) et l’Asie du Sud Ouest (Péninsule arabique et Golfe Arabo-Persique, Corne de l’Afrique, mer Rouge). Le premier ensemble contient les quatre-cinquièmes des réserves mondiales d’hydrocarbures et les stratégies antagonistes des puissances s’y entrecroisent (d’où l’importance de la candidature géorgienne à l’OTAN). Le second ensemble est en proie à divers conflits entremêlés et la Somalie est l’un des théâtres de la Global War On Terror (GWOT). Les Français, les Américains et leurs alliés (allemand, espagnol et italien, entre autres) opèrent depuis Djibouti, ses bases et son port en eaux profondes, pour mener la lutte contre l’islamo-terrorisme sur terre et sur mer. Cette plate-forme permet de surveiller le Yémen, de sécuriser le détroit de Bab El Mandeb et de sillonner les eaux adjacentes pour contrôler les flux (voir l’action de la Task Force 150). 

Les enjeux et les défis de cette vaste aire géopolitique, à laquelle on doit relier aussi l’Afghanistan, concernent au premier chef les Européens qui ne sauraient prétendre s’abstraire de l’espace et du temps pour jouer au vieux sage hégélien. Du reste, ces territoires relèvent de la "grande Méditerranée", comprise comme un ensemble antagonique formé de parties contradictoires que relient flux d’échanges et de menaces. Ainsi délimité, le théâtre méditerranéen élargi s’étire sur près de 7000 km d’est en ouest et un revers des Occidentaux en Afghanistan, ou la déstabilisation du Pakistan, ne manqueraient pas de mettre en évidence l’existence de puissantes interactions dans ce que les Américains nomment le "Grand Moyen-Orient".

Tout se tient et l’heure n’est plus aux rivalités d’organigrammes ; il faut renouer avec l’art de manœuvre, jeter des têtes de pont dans le monde arabo-musulman et y conduire une politique de la "porte ouverte". 

En cela, la décision d’ouvrir une base sur le territoire des Emirats Arabes Unis est de bon augure quant à la perception française des enjeux et l’on peut espérer que cette initiative sera démultipliée dans ses effets par des concours européens et alliés. Encore faudrait-il que les mots et les représentations géopolitiques qu’ils mettent en forme soient à la hauteur des défis ; a contrario, certains passages du discours présidentiel prononcé à Riyad, le 14 janvier 2008, ne sont pas sans évoquer le chiraquisme finissant et son orientalisme désuet. Passons sur l’éloge convenu du "métissage", érigé en méthode de salut au cours des années 1980 par les activistes du trotskysme culturel, sous le regard bienveillant de François Mitterrand. Utilisé à tort et à travers, ce mot n’a plus guère de signification et son emploi forcené illustre les errements contemporains. Alain Finklielkraut a justement souligné ce fait : "Le métissage est la valeur suprême de l’antiracisme contemporain, son maître mot, sa réponse à la préférence nationale et à l’universalisme conquérant (…). Sous le nom de métissage, l’Occidental éclairé s’adonne à toutes les expériences, à toutes les aventures, à toutes les hybridations (3)". Le fantasme de la planète-drugstore n’a guère à voir avec les interactions et influences réciproques entre grandes aires de civilisation.

La vision tronquée et aseptisée de l’Islam, telle que l’exprime le discours de Nicolas Sarkozy, est autrement préoccupante. Alors même que l’histoire des croisades, ces "pèlerinages armés" organisés par les chefs spirituels et temporels de la Chrétienté médiévale, est l’objet de reconstructions idéologiques a posteriori, le président français loue la conquête arabo-musulmane de l’Est et du Sud du Bassin méditerranéen, territoires autrefois romains et chrétiens, comme "un grand élan de piété, de ferveur qui allait tout emporter sur son passage, convertir tant de peuples, et faire naître l’une des plus grandes, des plus belles civilisations que le monde ait connu". Le Djihad, l’idéologie du cimeterre, la domination arabo-musulmane et le statut de "dhimmitude" qui en résulte pour les Juifs et les Chrétiens d’Orient et d’Afrique du Nord, sont évacués au prétexte de généralités généralisantes. 

On notera aussi la référence obligée aux "religions du Livre". Dans le monde musulman, cette expression n’est pas le signe d’une révérence à la commune origine biblique du judaïsme, du christianisme et de l’islam ; en droit musulman, elle renvoie au judaïsme, au christianisme, au zoroastrisme et aux sabéens, religions dont les adeptes peuvent éviter la mort ou l’esclavage pour peu qu’ils acceptent le statut de "dhimmi" et qu’ils se plient aux discriminations qui en découlent. La nuance n’est pas mince. On retrouve enfin l’allusion implicite à l’âge des ténèbres que serait le Moyen Age, cette belle et grande civilisation qui longtemps a su défier l’action corrosive du siècle ; il est certes bien fondé de rappeler le travail opéré par "les savants" du monde musulman qui "traduisirent Aristote et Platon" mais il serait juste au plan historique de souligner le rôle des Juifs et Chrétiens d’Orient dans cette entreprise, de Cordoue à Bagdad, sans oublier Constantinople et l’Empire byzantin. Par ailleurs, les écoles épiscopales et monastères d’Occident n’ont jamais cessé de lire, traduire, méditer et transmettre les textes hérités de l’Antiquité gréco-romaine. 

L’hommage de rigueur aux soufistes et à la mémoire d’Averroès nous a heureusement été épargné. Dieu soit loué. Pourtant, le discours de Riyad nous laisse le sentiment que "Rome n’est plus dans Rome", ce qui certes n’est pas chose nouvelle. Dans le Golfe Arabo-Persique comme en Afghanistan, les lignes de force de la diplomatie et de la stratégie françaises bougent et le mouvement semble aller dans le bon sens. Plutôt que de ratiociner sur les supposées vertus d’un monde multipolaire, le président français se porte là où le danger est le plus grand. De fait, les frontières se défendent à l’avant. Il reste cependant à trouver les mots justes pour exprimer cette "politique de civilisation" dont Nicolas Sarkozy se veut le héraut. "Au fond des victoires d’Alexandre, écrit Charles De Gaulle, on retrouve toujours Aristote" (Vers l’armée de métier, 1934).

 

Notes : 

1. Cf. Yves Lacoste, Géopolitique de la Méditerranée, Armand Colin, 2006, pp. 369-372 

2. Il s’agit du rapport de la National Intelligence Estimate rendu public le 3 décembre 2007 (Iran : Nuclear Intentions and Capabilities). Ce rapport juge « avec un haut degré de certitude » que l’Iran a gelé son programme d’armes nucléaires à l’automne 2003, estime avec « un niveau modéré de certitude » qu’à la mi-2007, le régime n’a pas relancé ce programme, en raison de la surveillance et de la pression internationales, et juge « avec un degré de certitude de moyen à élevé que Téhéran laisse à tout le moins ouverte l’option de développer des armes nucléaires » (extraits cités par Le Monde, 6 décembre 2007). 

3. Cf. Alain Finklielkraut et Peter Sloterdijk, Les battements du monde, Pauvert, 2003, p. 48.

 

Abstract

Last week, George W. Bush was in the Gulf to strengthen bonds of diplomatic and military friendship with Arabian and Sunni regimes in this area. He accused the Iranian regime of threating “the security of nations everywhere” and to be the “world’s leading state sponsor of terror” (Abu Dhabi, January 13th 2008). Travelling through out in the Middle-East, Nicolas Sarkozy enhanced the “political dialogue” with the neighbouring countries of Iran and signed different co-operation agreements. From the geopolitical and geostrategic point of view, the implementation of a new French base of military operations is a major decision (January 15th 2008). It testifies to a willingness to reinforce French and European presence on a Mediterranean theatre enlarged to the Middle-East (Fernand Braudel’s “Wider Mediterranean Sea”), in the heart of energetic and security global stakes. However, it would be necessary that the French president’s speech and geopolitical representations prove equal to the occasion.

 

Jean-Syvestre MONGRENIER

  • Chercheur à l’Institut Français de Géopolitique (Paris VIII) et chercheur associé à l’Institut Thomas More.
  • Spécialisé dans les questions de défense – européenne, atlantique et occidentale - il participe aux travaux du Groupe de réflexion sur la PESD de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE).

10 janvier 2008

Quelque 151.000 civils irakiens tués de mars 2003 à juin 2006

151 000 mille civils irakiens seraient morts de mort violente durant les trois années qui ont suivi l'invasion de leur pays par les Américains et les Britanniques en mars 2003, selon une vaste enquête effectuée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L'OMS, qui précise que plus de la moitié de ces morts violentes ont eu lieu dans la capitale Bagdad, s'appuie sur des données obtenues dans le cadre d'une enquête effectuée auprès de près de 10.000 ménages, dans un millier de quartiers et de villages répartis sur l'ensemble du territoire irakien.

Les chercheurs indiquent qu'en dépit de l'ampleur de leur enquête, le chiffre qu'ils obtiennent reste incertain et que le nombre de morts violentes en Irak de mars 2003 à juin 2006 doit se situer de ce fait quelque part entre 104.000 et 223.000.

L'étude porte sur 5 fois plus de ménages que ceux interrogés dans le cadre de l'enquête, controversée, menée en 2006 par l'université américaine Johns Hopkins, qui concluait que plus de 600.000 Irakiens avaient péri durant cette période.

Si le chiffre qu'obtient l'OMS est nettement inférieur, il reste supérieur à celui, fréquemment cité, de l'organisation des droits de l'Homme Iraq Body Count, qui parle de 80.000 à 87.000 morts.

"Les résultats de cette enquête sur les ménages doivent être interprétées avec prudence", relativise l'un des coauteurs de l'étude de l'OMS, Mohamed Ali, statisticien à l'OMS.

Source du texte : LE MONDE.FR

13 décembre 2007

Sarkozy : "le danger d’une guerre existe" avec l’Iran

Le président affirme que si la République islamique laisse l’AIEA effectuer des contrôles sur ses installations nucléaires, il est prêt à se rendre à Téhéran. 

Il y a deux mois, le patron du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner, avait provoqué des remous en déclarant que le monde devait se "préparer au pire", c’est-à-dire à la possibilité d’une "guerre" avec l’Iran. A l’époque, Nicolas Sarkozy avait répondu que pour sa part, il n’utilisait pas "le mot ‘guerre’"

Mercredi, Nicolas Sarkozy utilise pourtant bel et bien le mot "guerre" au sujet de la République islamique, dans une interview à paraître jeudi dans l’hebdomadaire Nouvel Observateur

Le "danger d’une guerre existe" avec l’Iran, déclare le président français. "Je n’ai jamais été pour la guerre. Le problème pour nous, ce n’est pas tant le risque que les Américains se lancent dans une intervention militaire, mais que les Israéliens considèrent que leur sécurité est vraiment menacée", affirme également Nicolas Sarkozy. 

Le chef de l’Etat indique aussi être prêt sous condition à se rendre à Téhéran. "Si l’Iran laisse l’AEIA (Agence internationale de l’énergie atomique) faire ses contrôles, je serais prêt à venir à Téhéran et examiner une collaboration sur le nucléaire civil", déclare-t-il, se prévalant de "la confiance des Israéliens et des Américains sur cette question". 

Mais dans le domaine du nucléaire, "tout le monde est d’accord pour dire que ce que font les Iraniens n’a pas d’explication civile", ajoute-t-il, alors que le régime iranien affirme que son programme d’enrichissement d’uranium a des fins civiles. "Le seul débat, c’est de savoir s’ils parviendront dans un an ou dans cinq ans à une capacité militaire", poursuit-il. 

Mardi, son homologue américain George W. Bush a affirmé que l’Iran était "dangereux" et le serait encore plus s’il maîtrisait l’enrichissement d’uranium. 

Après la publication le 3 décembre d’un rapport des services de renseignements américains selon lequel Téhéran a suspendu en 2003 son programme nucléaire militaire, Washington continue de pousser, avec le soutien de Paris et de Londres, pour que soit adoptée rapidement une troisième résolution du Conseil de sécurité accentuant les sanctions déjà prises. 

Quant à la Syrie, autre dossier épineux pour la diplomatie occidentale, le président Sarkozy se dit également "prêt à se rendre à Damas" s’il y a une élection présidentielle "de consensus" au Liban et "si les assassinats s’arrêtent".

Source du texte : FIGARO.FR

18 novembre 2007

Riyad craint une attaque américaine contre l’Iran

Craignant les représailles de Téhéran contre ses installations pétrolières, l’Arabie saoudite s’est rapprochée de Moscou, qui a l’oreille des Iraniens dans la crise du nucléaire.

Après avoir misé sur le dialogue, les responsables saoudiens semblent s’être résignés à une attaque américaine contre l’Iran. "Nous nous approchons de plus en plus près d’une confrontation", affirme au Figaro Abdel Mohsen Hakas, le ministre de