21 janvier 2008
21 janvier 1919 : première session du parlement libre irlandais
Dans les actualités de ces dernières décennies, le conflit d’Irlande du Nord a été très souvent évoqué, démontrant par là que la lutte pour la liberté sur l’Ile Verte n’est pas encore véritablement terminée. Il y a près de 90 ans, l’appel à constituer « l’assemblée de l’Irlande », le « Dàil Eireann », marquait un premier pas vers l’indépendance pour le pays.
L’Ile Verte, colonisée depuis le XVIe siècle par l’Angleterre, après avoir été pendant tout le moyen âge un foyer européen d’érudition et de foi, n’avait au fond jamais accepté la perte de son autodétermination. En 1800, le Parlement local irlandais avait été supprimé et l’autorisation, pour les députés irlandais de siéger à Westminster, ne compensait pas entièrement cette perte d’autonomie. Ce qui engendra, pendant tout le XIXe siècle, plusieurs révoltes populaires. En 1870, Isaac Butt crée le « Home Rule Mouvement » ou, traduit en termes français actuels, le « Mouvement pour l’autodétermination de la patrie (irlandaise) », qui portera très vite le nom de « Irish Party » et conquerra la majorité des sièges irlandais aux Communes (House of Commons). Le successeur de Butt, Parnell, répondit au refus de tout compromis de la part des autorités anglaises par des exigences de plus en plus tranchées ; ce qui amena à l’Irish Party plus des trois quarts des suffrages. Malgré ces succès électoraux, le gouvernement britannique ne se montrait pas prêt à des concessions, aussi infimes soient-elles. La « Home Rule Bill » (la loi sur l’autodétermination), pourtant dûment promise, fut suspendue en 1914, sous prétexte que l’Etat était en guerre.
Lors de la révolte de Pâques 1916, où ce furent surtout les habitants de Dublin qui entrèrent en lice, 1315 personnes furent tuées ou blessées. Mais à partir de ce soulèvement, la « République irlandaise », proclamée par les rebelles, ne cessa plus d’être à l’ordre du jour de la politique. Ce fut surtout l’exécution systématique des chefs de l’insurrection qui créa dans tous les pays une vague de solidarité avec les martyrs. En 1918, le Sinn Fein, un parti qui militait (et milite toujours) pour l’indépendance de l’Irlande, gagne aux élections 73 des 105 sièges irlandais à Westminster.
Parmi les points essentiels du programme et du manifeste électoral du Sinn Fein, figurait la volonté de constituer un Parlement irlandais, semblable à celui qui fut dissous en 1800. Lorsque la nouvelle chambre des Communes britanniques s’assembla pour la première fois, les députés du Sinn Fein refusèrent de prendre leurs sièges. Le 21 janvier 1919, 27 d’entre eux - les autres étaient emprisonnés ou devaient se cacher - se rassemblèrent à Dublin pour créer le « Dàil Eireann ». Ils demandèrent aux autres nouveaux élus irlandais de se joindre à eux et exprimèrent leur ferme décision de constituer de facto le gouvernement d’une Irlande indépendante. Eamon de Valera fut choisi comme Président. L’assemblée accepta la proclamation de la République, lue lors de l’insurrection de Pâques 1916, et déclara l’indépendance du pays. L’assemblée nomma ensuite des fonctionnaires et envoya une délégation à Versailles pour participer aux négociations de paix. Grâce à un travail intensif de propagande aux Etats-Unis et au soutien des Irlandais qui y avaient émigré, la communauté internationale prit conscience de la situation. Ainsi l’indépendance irlandaise prenait ses contours, du moins symboliquement.
Les autorités britanniques, après une phase d’hésitation et d’indécision, réagirent en tentant de faire emprisonner les membres du Parlement irlandais. La délégation envoyée à Paris fut refoulée sans ménagement, après que Wilson ait accepté le point de vue britannique. Le 11 septembre 1919, l’ « Assemblée d’Irlande » fut déclarée illégale. Incapables de se défendre ou de passer à l’offensive, faisant erronément confiance au « désir de dialogue » des Britanniques, les députés irlandais, à l’instar de leurs homologues du Parlement démocratique de Francfort pendant la révolution de 1848, durent céder devant la force. Mais la brièveté de l’existence de ce Parlement irlandais avait malgré tout infléchi le cours de l’histoire.
Par la force des choses, l’élimination de l’assemblée populaire irlandaise provoqua l’émergence de mouvements militarisés. L’ « Army of the Irish Republic », qui deviendra l’IRA, devint bien vite l’avant-garde, très populaire, des intérêts nationaux. Des milliers d’hommes prirent les armes et étendirent les actions de résistance isolées, perpétrées jusqu’alors, pour en faire une guérilla générale. Deux ans plus tard, le Premier Ministre britannique Lloyd George se voyait contraint de négocier avec l’équipe qui formait le gouvernement irlandais plongé dans l’illégalité depuis septembre 1919. Toutefois, Lloyd George fut le vainqueur des négociations : il réussit à obliger les Irlandais à faire bon nombre de concessions. Le 26 décembre 1921, une délégation irlandaise signe les « Articles of Agreement », fort contestés, où l’on avait évité, expressis verbis, de prendre position quant au « Dàil Eireann ». 26 comtés irlandais obtinrent leur autonomie, avec le statut de « dominion » au sein du Commonwealth britannique. 6 autres comtés au nord-est de l’Ile, en Ulster, furent détachés de l’ensemble et maintenus dans le Royaume-Uni.
Karl WEINHOLD
Source du texte : JUNGE FREIHEIT
(traduction de Robert Steuckers)
11:00 Publié dans Europe, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 octobre 2007
1066 : Guillaume le Conquérant et la bataille d'Hastings
La flotte regroupée - seuls manquaient deux bateaux - découvrait la côte à la hauteur du cap Beachy Head. Elle se laissa, selon un plan certainement préétabli, pousser par la marée montante jusque dans la lagune, aujourd'hui colmatée, qui s'étendait à l'est de cette pointe, entre Eastbourne et Hastings. C'est là qu'on jeta l'ancre. Les navires s'échoueraient au reflux. Ils seraient ainsi à l'abri de la mer ; mais Guillaume se coupait toute possibilité de retraite rapide et ses hommes le savaient.
08:35 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Guillaume le Conquérant, Normands, Hastings, 1066
11 octobre 2007
La militarisation de l’Alliance atlantique
Si les relations avec les grands États de l'Amérique latine posaient de délicats problèmes, on peut bien augurer des difficultés rencontrées par Washington vis-à-vis des alliés européens, lorsque fut mise en pratique l'organisation d'une défense militaire commune, notamment au printemps 1948. Les Etats-Unis devaient en effet constituer un ensemble militaire cohérent, dont ils auraient le contrôle, avec des partenaires aussi différents que la Grande-Bretagne, leader du Commonwealth, ami et rival de toujours, la France, éternel trublion en Europe et fausse vieille puissance, l'Allemagne, État divisé, vaincu, susceptible d'écarts dangereux dans son souci de renaître, l'Italie, chaotique, incertaine et misérable, l'Espagne, dictature également misérable, sans oublier les "petits États" du Benelux et les périphéries du nord (Scandinavie) ou de la Méditerranée (Grèce, Turquie). Comment faire marcher tout ce monde d'un même pas ? Comment aussi éviter des engagements excessifs vis-à-vis d'États européens alors sans grandes forces militaires réelles, donc très demandeurs de garanties de sécurité face à Moscou, et pourtant déterminés à se considérer comme de réels partenaires, avec leur capacité de manœuvrer et de s'autodéterminer à partir de leurs objectifs propres ? Fallait-il faire de l'Europe une troisième force comme le suggérait Kennan ? Mais avec quel leader européen ? Vue de Washington, la création d'une communauté de défense États-Unis-Europe occidentale renfermait bien des pièges, tout en étant indispensable.
22:40 Publié dans 2ème Guerre Mondiale, Etats-Unis, Europe, France, Géopolitique, Histoire, Otan | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Alliance atlantique
08 octobre 2007
Histoire : Charles de Gaulle en Iran (1963)
08:10 Publié dans France, Histoire, Moyen Orient, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charles de Gaulle, Iran
02 octobre 2007
Harald, "l'éclair du Nord"
Le 14 octobre est une date de fête et de commémoration pour la Normandie et l’Angleterre. Ce jour célèbre une grande bataille, rendue légendaire par la tapisserie de Bayeux. Vous l’avez tous compris, nous parlons bien d‘Hastings…
C’est en ce jour de l’année 1066 que Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, vaincu l’armée du roi Harold d’Angleterre. Mais au-delà de la stratégie des nombreux archers normands abattant les cavaliers anglais, peu connaissent l’autre raison de cette écrasante victoire. Peu savent ce qui s’est passé quelques jours seulement avant Hastings … Deux semaines plus tôt, Harold avait combattu un premier envahisseur, bien plus au nord de son royaume, perdant ainsi beaucoup de ses hommes et épuisant son armée. Cet ennemi était le roi de Norvège en personne : Harald ! (1).
En l’année 1028, Harald Sigurdsson, n’a que 13 ans quand il est chassé de son pays, avec son demi-frère Olaf, roi de Norvège. Ce dernier avait voulu évangéliser son peuple qui, déterminé à rester païen, le poussa à l’exil avec l’appui du roi du Danemark. Pendant deux ans, Olaf prépara une armée pour défaire les vikings encore païens, dans laquelle combattra Harald, haut de ses 15 ans. Mais l’armée fut anéantie et le roi tué à la bataille de Stiklestad. Harald, grièvement blessé, s’exile en Russie. Il rejoint l’armée du roi Iaroslav à Kiev. Guerrier intrépide et brave, il entre ensuite dans l’armée Varègue de l’impératrice Zoé, à Constantinople, et parcourt pendant 10 années les terres de l’Empire méditerranéen. Il retournera en Russie, prestigieux et riche de ses victoires, et épousera Elizabeth, fille du roi russe qu’il avait servi quelques années plus tôt. En 1046, il revient en Scandinavie, réclamant désormais le trône de Norvège, et obtient le royaume qu’il partage avec son neveu. Il devient donc Harald III Hardrade, dit l’impitoyable, roi de Norvège. Il épouse Thora, fille de Thorberg, et contrairement à son demi-frère chrétien, Saint Olaf, Harald pillera et brûlera maintes églises. Il décidera également de conquérir le Danemark, mais malgré les nombreuses et dévastatrices razzias, ne parviendra pas à défaire la résistance danoise.
Il apprend, après vingt ans de règne en Norvège, la mort du roi d’Angleterre et de l’élection d’un nouveau souverain : Harold Godwinson. Il décide ainsi de tenter la conquête de l’île de Bretagne. Harald Sigurdsson, "l’éclair du Nord" comme on l’appelait, décide d’attaquer le pays par le nord, en longeant l’Ecosse, débarquant de ses 300 navires une armée de 9000 hommes. Ayant prit la ville de York, le roi d’Angleterre part stopper sa progression en surprenant son armée au pont de Stamford avec seulement 6000 hommes le 25 septembre 1066. Harald, "le dernier des Vikings", est tué, et de ses 300 navires seuls 24 rentreront en Norvège !
Harold, roi d’Angleterre, a également perdu beaucoup d’hommes. Il apprend, le 1er octobre, que Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, a débarqué sur les côtes du sud avec sa gigantesque armée, réclamant lui aussi le trône d’Angleterre. Après avoir empêché une invasion viking, voilà que les Anglais devaient combattre les Normands, eux aussi héritiers et descendants de Vikings… Ils marchèrent durant deux semaines, une marche forcée à grande allure, et rencontrèrent une armée fraîche et vaillante, dirigée par un conquérant déterminé. Guillaume remporte la bataille pendant laquelle Harold sera tué. Il deviendra Guillaume Ier, roi d’Angleterre.
L’île de Bretagne, habitée par les Celtes, successivement envahie par les Romains, les Angles, Saxons et Vikings, sera finalement conquise par une armée dont les racines se retrouvent dans tous ces peuples. Le 14 octobre n’est pas seulement la fête des Normands, mais celle de tous les hommes du Nord ; Celtes, Germains, Francs et Scandinaves réunis !
1. bien différencier Harold (l’Anglais) d’Harald (le Viking).
Arthur LORC'H
08:20 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Harald, Hastings, Harold, Norvège
21 septembre 2007
Le Che, une "mystification collective"
20 MINUTES - Dans votre livre, vous déconstruisez le mythe de Che Guevara, décrit comme un "bourreau implacable", qui fume le cigare en regardant les exécutions. D'où vient alors son statut d'icône ?
08:55 Publié dans Amérique du Sud, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Che, Cuba, Fidel Castro
19 septembre 2007
Guerre foide : Lyon était sous la menace nucléaire tchèque
Dans le milieu des années 1960, une option offensive envisagée par l'Union soviétique confiait à l'ancienne Tchécoslovaquie la conquête du sud-est de la France.
8 jours pour conquérir Lyon, en utilisant si besoin l'arme nucléaire. Dix-sept ans après la chute du mur de Berlin, l'historien tchèque Petr Lunak livre dans un passionnant ouvrage, paru le mois dernier (1), quelques secrets de la guerre froide. Ils font froid dans le dos.
08:45 Publié dans Histoire, Russie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Guerre froide, pacte de Varsovie, Union soviétique, URSS
18 septembre 2007
Les Scythes : des archers à cheval
Les habitants des steppes étaient cavaliers de naissance et maniaient l'arc à la perfection. Les hommes passaient la plus grande partie de leur temps à cheval. Ils étaient armés en permanence. Les conditions de vie de la société nomade l'exigeaient. "Nous sommes en état de guerre constante, nous sommes tantôt agresseurs, tantôt agressés, ou encore nous avons des différends à propos des territoires de pâture ou du partage du butin", déclare le Scythe Toxaris dans le texte du même nom, écrit par le Grec Lucien au IIe siècle avant J.-C.
08:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Scythes, archers, nomades, steppes
05 septembre 2007
La Waffen SS : soldats politiques en guerre
La "Waffen-SS".
À eux seuls, ces mots désignant l'organisation paramilitaire de la SS ont une indéniable puissance évocatrice. En tout état de cause, ils ne laissent pas indifférents. L'abondante bibliographie qui a été consacrée après guerre à ce sujet en Allemagne, en France ou dans les pays anglo-saxons en témoigne, tout comme les succès de librairie de certains titres. Le thème a du reste été suffisamment traité pour amener d'aucuns à affirmer péremptoirement que "chacun connaît la Waffen-SS". À l'aune d'une problématique renouvelée, il apparaît en réalité beaucoup plus pertinent d'avancer que "chacun pense connaître la Waffen-SS".
23:40 Publié dans 2ème Guerre Mondiale, Europe, Histoire, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Waffen SS, soldats politiques
25 août 2007
La campagne d'Hannibal Barca
Le succès avait couronné les projets enfantés par le génie d'Hamilcar : il avait préparé les voies et moyens de la guerre, une armée nombreuse, éprouvée, habituée à vaincre, et une caisse se remplissant tous les jours. Mais soudain, le moment venu de choisir le lieu du combat et la route à suivre, le chef manqua à l'entreprise. L'homme qui, portant haut la tête et le cœur au milieu du désespoir de tous, avait su ouvrir le chemin du salut à son peuple, cet homme vient de disparaître, à peine entré dans la carrière. Par quel motif Hasdrubal renonça-t-il à attaquer Rome?22:55 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hannibal, Carthage, Rome, Cannae











