21 décembre 2007
"La Guerre"
Documentaire en 7 parties autour des destins d'Américains durant la Seconde Guerre mondiale.
Réalisé par Ken Burns et Lynn Novick
Date de sortie : prochainement
Durée : 14h 50 min
Site officiel du film : The War
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09 janvier 2007
Le patriote
22:35 Publié dans Etats-Unis, Film, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 décembre 2006
MAMAY : le souffle du vent de la steppe
L’Ukraine a réalisé des films depuis des décennies, mais seule une poignée de longs métrages faits sur place a gagné une reconnaissance internationale et très peu ont été de gros succès.
L’ombre des ancêtres oubliés de Serguei Paradjanov, fut le film ukrainien qui réalisa le plus d’entrées (en Occident, il sortit sous le titre Les chevaux de feu).
Ceux intéressés par l’histoire du cinéma ukrainien se souviennent de Zemlya (La terre) d’Oleksandr Dovjenko et d’une poignée d’autres films d’origine ukrainienne.
Beaucoup d’espoirs étaient mis sur les films récents, Bohdan Zynoviy Khmelnytsky de Mykola Machenko et Molytva za Hetmana Mazepou (Une prière pour l’Hetman Mazepa) de Youriy Illienko, mais aucun ne semble devoir mieux faire, que ce soit en Ukraine ou à l’étranger.
Un film encore plus récent, Mamay, réalisé par Oles Sanine, pourrait avoir plus de chance d’être un succès critique et populaire. Oles Sanine est plus connu comme producteur de documentaires avec près de 70 films à son crédit (la plupart ont été faits en dehors de l’Ukraine), et son désir de faire un film d’acteurs, un film historique et épique, a constitué une assez grande surprise. Le cinéaste a reçu des offres de la part de producteurs américains et européens pour l’aider à faire son film, mais il les a déclinées pour choisir un producteur ukrainien. Craignant qu’une aide étrangère puisse contribuer à transformer son film en blockbuster hollywoodien, il a choisi de faire son chemin en solitaire. Il voulait se prouver à lui même et au monde entier que son film pourrait être réalisé avec succès en Ukraine, avec de l’argent ukrainien.
Le scénario est basé sur deux poèmes épiques, l’un Ukrainien et l’autre Tatar.
Selon les propres mots du réalisateur, celui-ci « voulait faire un film documentaire sur des événements qui se sont déroulés au XVIème siècle ».
Les Tatars de Crimée constituaient une présence menaçante dans les régions méridionales de l’Ukraine, et c’est un fait très récent que les Tatars et les Ukrainiens ethniques se soient accoutumés à une cohabitation amicale et pacifique.
Au XVIème siècle, époque à laquelle se déroule le film, la situation était plutôt différente, avec des Tatars et des Kosakes (cette orthographe reflète mieux le mot cosaque, prononcé et écrit en Ukrainien, de laquelle dérive la graphie courante) devenus de rudes et irréconciliables ennemis.
Le poème épique ukrainien, Duma pro vtechou tryokh brativ z Azovou (La Douma de l’évasion des trois frères d’Azov ; la douma étant un ancien genre épique ukrainien, assez semblable aux sagas islandaises), raconte l’histoire de trois frères kozakes qui s’extraient de la captivité tatare. Au moment de l’évasion, ils s’emparent de deux chevaux tatars. Le plus jeune frère est abandonné sans monture, et ses deux autres frères, pour survivre, le laissent mourir dans la steppe. Ils restent sourds à ses supplications et se lancent au galop. Quelques temps plus tard, ils tombent sur un contingent de cavaliers tatars en armes et meurent dans la confrontation. Leur mort est présentée comme une punition pour avoir abandonné leur frère à une mort certaine.
Le poème épique tatar, Le Chant d’un Derviche au sujet de deux Mamelouks, narre l’histoire de deux Chrétiens qui s’enfuient d’un lieu de captivité tatar ; comme ils s’échappent, ils emportent avec eux le Berceau d’Or, un objet sacré pour les Tatars qui croyaient que c’était ce berceau qui avait porté le premier né de leur peuple : Une unité de cavaliers tatars est envoyée pour intercepter les évadés et ramener le berceau. Les fugitifs sont tués et l’objet sacré ramené à ceux auxquels il appartient. Quelques temps plus tard, ceux qui ont ramené l’objet sacré meurent dans une bataille et leur mort est présentée comme une punition pour avoir tué des fugitifs non armés et sans défense
Comme nous pouvons le voir, dans les deux épopées, le problème moral d’infliger la mort à ceux qui ne peuvent se défendre eux-mêmes et le châtiment pour cela, est traité de manière similaire, la Chrétienté et l’Islam montrant plus d’affinités que de différences dans leur préceptes moraux.
A ces deux histoires, Sanine en tisse une autre avec le troisième frère laissé pour mort subissant une rude épreuve de survie dans la steppe jusqu’au moment où une jeune fille tatare, Nazl, trouve le jeune homme mourant de soif sous le soleil et le ramène à la vie.
Elle l’appelle Mamay, ce qui signifie personne en langue tatare. Ils tombent amoureux l’un de l’autre et se marient.
Mais il se trouve que la belle jeune femme de Mamay est la sœur des guerriers qui ont ramené le Berceau d’Or volé par
les fugitifs chrétiens. Les Tatars ne peuvent accepter le mariage de leur sœur avec un Chrétien et enjoignent le jeune époux à se battre avec eux. Ce dernier sort vainqueur de la confrontation, mais ne peut demeurer avec sa femme qui a vu ses frères périr de la main de son mari. Le jeune homme la quitte pour devenir un kozake.
Ainsi, le film présente Mamay comme une figure symbolique, le chevalier ukrainien, celui qui renonce à sa vie paisible et à sa belle femme pour rejoindre la fraternité des guerriers kozakes.
Le kozake Mamay est une figure traditionnelle du folklore ukrainien dont on peut retrouver les traces jusqu’aux XVème et XVIème siècles. D’innombrables peintures, contes et chansons populaires dévolues à Mamay, peuvent être recensées dans de nombreuses régions de l’Ukraine.
Il y a suffisamment de raison pour affirmer que le film transcende les limitations rigides d’un « film historique » et aborde plusieurs questionnements profonds de l’existence humaines : le devoir, l’amour fraternel, érotique et que l’on porte a sa terre natale ; les conflits ethniques et religieux ; la responsabilité de chacun pour ce qui arrive dans sa propre vie.
Le réalisateur, qui impose sa marque, suggère de manière évidente que c’est l’amour qui peut amener la paix entre deux groupes ethniques en conflit.
Ce n’est pas une idée nouvelle, mais elle est présentée de manière très convaincante.
L’Histoire n’est pas juste un arrière plan exotique dans ce film, elle en est la fibre véritable.
« La Steppe » était le mot utilisé en Ukrainien dans les temps anciens pour designer la menace nomade tangible depuis plusieurs siècles, et la steppe joue un rôle significatif dans le film au même titre que les acteurs.
La steppe dans Mamay est plus qu’une présence manifestée par le souffle du vent, c’est une part intégrante du film, son personnage principal.
L’Ukraine était une frontière entre l’Europe et la steppe, énigmatique et dangereuse, qui s’étendait dans les profondeurs asiatiques. C’est de la steppe que des hordes de redoutables nomades vinrent, vagues après vagues, menacer de faire disparaître la civilisation européenne, et c’est l’Ukraine qui a absorbé le flot le plus dévastateur empêchant de plus grandes destructions. La nation et la culture ukrainiennes lui ont survécu, mais ont fait de nombreux emprunts à la « culture de la steppe », dans la langue, les habitudes et l’habillement.
La steppe et la figure de Mamay sont tous deux incontournables pour saisir le concept du film.
Les personnages tatars du film sont interprétés par des Tatars ethniques, à l’exception d’un des rôles principaux qui est tenu par une actrice ukrainienne, dont la prestation fut remarquée, Viktoriya Spesyvtseva.
La plus grande partie du film fut tournée dans les steppes de Crimée. Cela ajoute de l’authenticité au film qui est présenté presque à la manière d’un documentaire.
La photographie du film est un travail d’artiste du à Serhiy Mykhalchouk qui, contribuant à rendre le film plus impressionnant et expressif, tient une place presque aussi importante que celui du réalisateur lui même.
Mykhalchouk est un photographe expérimenté qui a été nominé pour le prix de la meilleure photographie au festival international du film de Saint Sébastien en 2002 pour un long métrage du réalisateur russe Valeri Todorovski.
Alla Zahaykevych, compositrice et fondatrice du département des technologies de l’information musicale de l’académie de musique de Kyiv, etait responsable de la musique pour Mamay et la bande originale du film n’est pas seulement un arrière fond musical. La musique est judicieusement utilisée pour aider à restituer les émotions et les relations entre les personnages.
Les traditions musicales ukrainiennes y sont mêlées à celles des Tatars.
Les trois anciens instruments ukrainiens qui sont joués dans le film sont la lyre, la kobza et la bandoura dont les origines remontent aux temps immémoriaux.
Oles Sanine, le réalisateur, est un musicien accompli en plus d’être metteur en scène et ses compositions inspirées embellissent la bande son ( Sanine est membre d’un groupe de kobzar de Kyiv qui maintiennent la tradition des bardes ukrainiens qui remonte au XIVème siecle).
La musique tatare est interprétée par des membres du groupe de jazz d’Enver Ismaylov, un guitariste ukrainien d’origine tatare bien connu dans l’univers du jazz, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ukraine. La fusion des traditions musicales ukrainienne et tatare a si bien été accomplie qu’elle finit par former un tout harmonieux.
Presque chaque plan du film constitue un morceau d’art visuel ; combiné à une bonne direction d’acteurs et une excellente musique qui s’adapte parfaitement à toutes les séquences, l’effet d’ensemble s’avère bluffant.
Le film se révèle d’une dimension épique équivalente. Au lieu des dialogues habituels, nous entendons dans la plupart
des cas des poèmes épiques ukrainiens et tatars récités dans les langues correspondantes par des voix off.
L’intrigue se développe de telle manière que c’est l’imagination des spectateurs qui doit fournir des détails pour accoucher d’un tout cohérent, la musique constituant un lien important.
Le réalisateur Sanine remet au goût du jour à l’écran une étroite corrélation de l’action avec la musique et la mise en scène, ce qui était habituellement exécuté avec brio par un Ingmar Bergmann.
En dépit de technologies de tournage incluant le son Dolby surround, le film n’a coûté que 250 000 $, un petit budget en regard des standards mondiaux.
Plusieurs distributeurs étrangers ont déjà offerts leurs services et Good factory films, un distributeur ayant des liens avec Hollywood, a proposé de s’occuper de la commercialisation du film sur le territoire américain.
Mamay a reçu une nomination aux Oscars 2004 dans la catégorie du meilleur film étranger et fortement plu au réalisateur Francis Ford Coppola au cours d’une projection privée pour quelques membres de l’American Academy.
Le film a capté l’attention du public en Ukraine même prouvant que les Ukrainiens montrent plus d’intérêt pour comprendre leur histoire et ainsi partir en quête de leur identité.
Les critiques qualifient le film d’ « unique dans sa forme et sa conception ».
Sanine ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Ne cachant pas une profonde affection pour sa terre, ses traditions et son peuple, cet artiste polyglotte et ouvert sur l’Europe, ambitionne de réaliser une série de plusieurs longs métrages documentaires sur une « histoire alternative de l’Ukraine » avec des diffusions prévues sur plusieurs chaînes occidentales dont la BBC britannique.
Le sujet n’a pas été choisi par hasard au moment où l’Union Européenne, en pleine expansion, montre davantage d’intérêt vis-à-vis de ses proches voisins de « l’Est proche ».
Les six documentaires engloberont l’histoire millénaire de l’Ukraine, de la culture néolithique de Trypillia jusqu'à nos jours. Ils ne seront pas de trop pour montrer que l’histoire de l’Ukraine a été largement déformée par les historiographes polonais, autrichiens, et surtout russes, que ce soit à l’époque tsariste, soviétique ou encore de nos jours.
En Occident aussi, la plupart des historiens, intéressés dans ces questions, restent, volontairement ou non, les propagateurs de la vision russocentrée de l’Histoire ukrainienne avec ses fadaises sur la « Russie de Kiev » et autres « Kiev, mère des villes russes ».
Pour Sanine, le cinéma est le parfait intermédiaire pour contribuer à cette redécouverte de l’héritage national ukrainien et en assurer la promotion dans le monde entier.
Vladyslav ZHURBA et Pascal LANDES
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MAMAY (МАМАЙ)
Réalisateur : Oles SANINE (Олесь САНІН)
UKRAINE, 2003, couleurs, format 1.85, Dolby surround, 80min.
Avec :
Andriy BILOUS (Mamay)
Viktoriya SPESIVTSEVA ( Nazl, la femme tatare )
Serhiy ROMANYUK (le frère aîné)
Oles Sanine (le frère cadet)
Eldar AKIMOV (guerrier tatar)
Emil FATIMAIEV (guerrier tatar)
Akhtem SEITABLAIEV (guerrier tatar)
Nazl SEJTABLAEVA (fillette tatare)
Film disponible en version originale (ukrainien et tatar) chez l’éditeur ukrainien KLASSIK VIDEO : http://www.classic-video.kiev.ua/ru/
Disponible aussi en téléchargement, format DivX 5, avec des sous-titres anglais.
22:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ukraine, Tatars
13 octobre 2006
300 adapté au cinéma
300 Produit par Warner, 300, adaptation du comic éponyme de Frank Miller, est adapté au cinéma par Zack Snyder, le réalisateur de L’armée des morts. La fresque épique de 300 filmée comme une bédé live façon Sin City ? Les nouvelles images dévoilées dans un troisième making-of, extrait du tournage commencé en automne dernier, disponibles sur le site officiel, annoncent un résultat explosif.
Alors que d’aucuns se demandent encore si Michael Mann adaptera oui ou non Gates of Fire, avec dans le rôle titre George Clooney, on commence à voir de plus en plus clair au sujet de l’adaptation de 300, le nouveau long-métrage (ambitieux) de Zack Snyder qui, souvenez-vous, avait réussi à dynamiter les us et coutumes du film de zombie avec sa relecture puissante de Dawn of the dead.
300 repose sur un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique : la bataille des Thermopyles. En 481 av. JC, une nouvelle menace pour le monde grec débarque d'Asie Mineure : l'armée perse du roi Xerxès, forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes et de plusieurs milliers de bateaux, a pour objectif d'annexer le monde grec au royaume perse. Alors que l'ennemi a atteint la Thessalie, contrée du Nord de la Grèce, le roi Léonidas de Sparte prend alors l'initiative de bloquer l'armée de Xerxès au défilé des Thermopyles. Quelques alliés de Sparte se présentent alors à Léonidas, mais il ne peut compter, en définitive, que sur 6000 hommes. Surclassé par le nombre, Léonidas oppose néanmoins une fantastique résistance aux Perses, appuyée notamment par sa garde d'élite personnelle, composée de 300 fantassins... Le projet d'adapter 300 languissait depuis un moment chez Warner. La grande question chez les puristes était de savoir si Snyder conserverait la même vision des batailles thermophiles que Frank Miller. "Ce que je peux vous dire, c’est que le scénario est basé sur le comic book de manière assez fidèle.
Le principal ajout que nous avons fait a été de greffer une histoire secondaire sur la femme du roi Leonidas qui cherche à rallier les troupes pour aider son homme. On voulait apporter une touche féministe dans cette histoire virile. La Warner avait envie de voir ce que cela donnait comme résultat final, de voir comment le comic allait prendre vie à l’écran."
Adaptation de Miller oblige (on l’attend également pour les adaptations de Sin City 2 – qui comprendra deux nouveaux tomes – et Hard Boiled), le concept sera le même que Sin City, avec toutefois quelques différences notables : "Le résultat sonnera plus réaliste et moins stylisé que Sin City même si la gageure reste la même. En ce qui concerne le personnage d’Ephialtes, nous avons fait une maquette et essayé de le rendre semblable au comic originel. Nous avons également beaucoup travaillé sur les Immortels." Comme Robert Rodriguez a fait pour Sin City, c'est à dire proche du concept : une case, un plan le plus proche possible du dessin et de sa construction plastique. Le budget alloué est fixé à 60 millions de dollars et sera entièrement shooté dans un studio de Vancouver.
Alors qu'il y a peu un site internet a ouvert ses portes (avec des comparaisons entre le comic, les storyboards, et les
plans finaux et même un blog tenu par le réalisateur lui-même), les nouvelles images de ce troisième journal-making-of montre toujours un Zack Snyder passionné par ce qu’il dit et fait. Le casting sera composé de bras lourds baraqués : Gerard Butler (Leonidas), David Wenham, Dominic West, Vincent Regan, Rodrigo Santoro et Lena Headey. Tyler Bates, qui avait superbement orchestré les déambulations zombies, s’occupera de la bande-son. Encore un film que l’on attend avec une impatience démesurée ? Assurément.
08:15 Publié dans Film, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 300, Sparte, Thermopyles











