08 mai 2008

Abkhazie-Géorgie : la possibilité d'une guerre

1438996357.jpgLe conflit entre la Géorgie et l'Abkhazie, qui n'a pour l'instant pas abouti à un affrontement armé, a déjà donné lieu à de multiples prévisions plus ou moins osées quant à son dénouement. Les plus radicales vont jusqu'à évoquer un conflit nucléaire entre la Russie et l'OTAN.

En nous gardant de faire des prédictions aussi osées, essayons tout de même de tracer les grandes lignes des différents scénarios et dénouements les plus probables du conflit abkhazo-géorgien.

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04 mai 2008

Le Caucase en guerre (1914-1921) (1/3)

155624581.jpgLe Caucase réunit tous les ingrédients pour être une région agitée. Les frontières actuelles y sont encore compliquées. Lieu de passage, c'est aussi un lieu de refuge ; lieu de passage nord-sud par les portes de Fer, qui contrôlent à la hauteur de Derbent la route qui longe le littoral de la mer Caspienne, ces portes de Fer qu'Alexandre le Grand aurait verrouillées, selon les légendes chrétiennes et musulmanes pour empêcher le déferlement de Gog et Magog sur le Moyen-Orient ; lieu de passage d'est en ouest par la vallée de l'Araxe, qui permet de relier facilement Tabriz à Erzeroum, la Perse à l'Anatolie.

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Le Caucase en guerre (1914-1921) (2/3)

1083146508.jpgAllemands, Anglais et Turcs : la course vers Baku

Les traités de Batoum marquent l'effondrement de la partie septentrionale et centrale du front chrétien que l'Entente avait essayé de mettre en place. Le front sud ne se porte pas mieux, même si les Britanniques ont la possibilité d'un accès plus direct à partir de Bagdad, occupée par eux depuis 1917. Le général Dunsterville, nommé le 14 janvier 1918 chef de la mission militaire britannique du Caucase, quitte un mois plus tard Hamadan pour Enzeli, sur la Caspienne. Il y trouve un soviet des soldats de la force expéditionnaire russe en Perse et des marins de la Caspienne et doit rebrousser chemin, retourner attendre des jours meilleurs à Hamadan (76). En même temps, le prince-héritier iranien, vice-roi de Tabriz, noyauté par les Allemands et les Turcs et un chef de la région de Gilan, Kutchuk Khan, à la tête d'un mouvement insurrectionnel qui pactise avec le soviet d'Enzeli, font barrage à la progression britannique vers le Caucase et la Caspienne.

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Le Caucase en guerre (1914-1921) (3/3)

1466393152.jpgL'offensive turque contre l'Arménie

Toutefois, le gouvernement d'Ankara agit avec une grande prudence pour tester les réactions aussi bien de Moscou que des Occidentaux. Son ministre des Affaires étrangères envoie le 26 septembre une note aux grandes puissances annonçant l'opération et précisant qu'il s'agit seulement de s'assurer de quelques points stratégiques (182). L'offensive commence le 28 et s'arrête le 30 après la prise de Sarikamis, ville frontière sur la route de Kars. Or, la prise de Sarikamis avait été proposée par la délégation turque lors des pourparlers de Moscou, le 4 août, en vue de faciliter les contacts entre les troupes turques et soviétiques et les dirigeants soviétiques l'avaient acceptée (183). D'ailleurs, le jour même de la prise de Sarikamis, Lénine, en contact permanent avec Kirov qui se trouve à Tiflis, annonce au Comité central du Parti qu'il faut envoyer une aide réelle et rapide au mouvement d'Anatolie et qu'il faut obtenir le consentement de l'Arménie pour une médiation (184).

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Un 3e drone géorgien abbatu par l'Abkhazie

Les autorités abkhazes ont affirmé aujourd'hui avoir abattu un nouveau drone géorgien, le troisième ces dernières semaines, qui survolait la région séparatiste pro-russe d'Abkhazie en Géorgie, ont rapporté les agences russes Interfax et Ria Novosti.

"Nos forces de défense anti-aériennes ont abattu aujourd'hui encore un drone géorgien dans le district d'Otchamtchiry", dans le sud de l'Abkhazie, a déclaré le "ministre" de la défense abkhaz, Merab Kichmaria, cité par l'agence Ria Novosti.

Selon des sources du "ministère" citées par l'agence Interfax, il s'agit du "troisième drone géorgien abattu" par les Abkhazes.

30 avril 2008

L'Otan accuse la Russie de saper l'intégrité territoriale de la Géorgie

155624581.jpgLes dernières décisions et déclarations de la Russie concernant les républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud ont "sapé l'intégrité territoriale de la Géorgie", a dénoncé mercredi le porte-parole de l'Otan.

"Les initiatives prises(par la Russie) et la rhétorique concernant la menace du recours à la force ont augmenté les tensions et sapé l'intégrité territoriale de la Géorgie", a indiqué le porte-parole de l'Alliance, James Appathurai, lors d'une conférence de presse.

"Les Alliés sont unanimes dans leur soutien de l'intégrité territoriale de la Géorgie et ne reconnaîtront ni ne soutiendront les initiatives qui sapent cette souveraineté", a-t-il ajouté. 

Le porte-parole a rappelé que le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer avait demandé à la Russie de "revenir en arrière", notamment concernant le renforcement annoncé le 16 avril de ses relations avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, en riposte à la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par l'Occident. 

Les relations entre Moscou et Tbilissi ont connu un regain de tension depuis cette date. 

La Russie, accusant Tbilissi de préparer une "opération militaire" contre l'Abkhazie, a encore fait monter la tension d'un cran en annonçant mardi qu'elle allait augmenter son contingent sur le territoire abkhaze ainsi qu'en Ossétie du Sud, autre région séparatiste de Géorgie. 

Cette décision "n'apaise pas les tensions, cela les augmente", a insisté le porte-parole de l'Otan. 

En réponse à l'augmentation annoncée du contingent russe, la Géorgie a accusé mercredi Moscou de préparer "une agression militaire de grande ampleur".
 
Mais pour l'instant, l'Otan n'est "pas informée de mouvements de troupes géorgiennes" ni que "les mouvements de troupes russes aient eu lieu", a indiqué M. Appathurai. 

"L'Otan observe la situation avec inquiétude et souhaite que toutes les parties évitent le genre de rhétorique qui aiguise les tensions et évitent de recourir à toute initiative qui pourrait compromettre une situation qui est déjà fragile", a-t-il ajouté. 

A la suite de conflits séparatistes au début des années 1990, une force d'interposition russe de 2.000 à 3.000 hommes a été déployée en Abkhazie sous mandat de la CEI (ex-URSS, moins les Etats Baltes). En Ossétie du Sud, c'est une force tripartite (Ossètes, Géorgiens et Russes) qui a été installée.

Source du texte : L'EXPRESS.FR

La Russie renforce sa présence militaire en Abkhazie

1455045110.jpgLa Russie annonce le renforcement de ses troupes de maintien de la paix en Abkhazie, région sécessionniste de Géorgie, où elle accuse Tbilissi de préparer une attaque afin de restaurer son autorité

La Géorgie a démenti les allégations de Moscou mais la décision russe marque une nouvelle étape dans la poussée de tension entre les deux voisins à propos des régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. 

"Cette décision a été prise après l'examen d'informations émanant des zones de conflit, qui montrent que la tension augmente en raison de mesures de déstabilisation menées par le camp géorgien", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. 

"Les mesures de renforcement (du contingent de maintien de la paix) ont été prises dans le seul but de d'empêcher tout nouveau bain de sang dans le Sud-Caucase", a-t-il ajouté. 

En réaction, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui accuse les forces russes de soutenir les séparatistes, a convoqué une session exceptionnelle du Conseil national de sécurité. 

"Nous considérons (la décision russe) comme complètement irresponsable (...) Nous pensons que cette décision, s'ils la prennent, déstabilisera profondément cette région", a déclaré le Premier ministre géorgien, Lado Gourguenidze, à l'issue du Conseil. 

L'Union européenne et la France ont quant à elles lancé un appel au calme. 

"Ces derniers jours, nous observons un regain de tension (...) qui n'aide personne", a déclaré une porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, qui devait s'entretenir mardi à Luxembourg avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. 

A Paris, la porte-parole du quai d'Orsay, Pascale Andréani, a appelé les deux parties à "éviter toutes actions ou provocations qui pourraient conduire à une escalade (de la violence)".

Selon Moscou, la Géorgie a massé 1.500 soldats et policiers en amont de la vallée de la Kodori, une enclave toujours contrôlée par Tbilissi au coeur de l'Abkhazie sécessionniste, accusation formellement rejetée par les autorités géorgiennes. 

"Nous n'avons pas du tout de forces (du ministère de la Défense) dans la vallée de la Kodori même si des forces du ministère de l'Intérieur y sont présentes (...) pour garantir la sécurité de la population locale", a déclaré Batu Kutelia, le vice-ministre géorgien de la Défense.

Source du texte :  LA TRIBUNE.FR

22 avril 2008

MIG 29 vs drone georgien

Voici les images spectaculaires prises depuis un drone géorgien abattu par un Mig 29 russe, dimanche au dessus de l'Abkhazie, une province séparatiste de la Géorgie. Le président géorgien (pro-américain) a parlé d' "agression", les Etats-Unis se sont dit "très inquiets" alors que Moscou, après avoir nié les faits, exprime sa "perplexité" quant à l'idée de faire voler un drone au dessus d'une "zone de conflit". 

Comme l'Ukraine, la Géorgie est une ancienne république soviétique qui souhaite rejoindre l'Otan - ce que Moscou refuse absolument. Moscou soutient très activement les séparatistes abkhazes. La Géorgie bénéficie déjà d'une importante coopération militaire (publique et privée) de la part des Etats-Unis. Les drones géorgiens sont vraisemblablement mis en oeuvre avec l'aide de conseillers américains. 

Selon des sources abkhazes, citées par l'agence Novosti, "l'appareil a été abattu par un L-39 du ministère abkhaz de la Défense à 9h57, à une altitude de 6.000 m au-dessus de la localité de Gaguida, dans le district de Gali". [Les images montrent bien un Mig-29 avec sa double dérive et non un L-39 Albatros qui a une dérive simple] 

"Il s'agissait d'un avion sans pilote Hermes-450 construit par l'israélien Elbit Systems Ltd en 2006. Son numéro de série est 553", a noté le vice-ministre abkhaz de la Défense, Garri Koupalba. Un drone géorgien du même type avait été abattu le 18 mars dernier au dessus de l'Abkazie.

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05 mars 2008

Incidents armés Arménie-Azerbaïdjan au Haut-Karabakh

L'Azerbaïdjan accuse l'Arménie de fomenter des troubles au Haut-Karabakh, au lendemain d'un affrontement armé qui a coûté la vie, selon Bakou, à trois soldats azerbaïdjanais et à douze militaires arméniens dans la région sécessionniste.

Un quatrième soldat azerbaïdjanais a été tué mercredi dans un autre accrochage, a affirmé le ministère de la Défense, précisant que l'affrontement de mardi avait duré treize heures. 

"L'Arménie se livre à des provocations sur la ligne de front afin de détourner l'attention de la communauté internationale et de sa population des problèmes intérieurs qu'elle connaît", a déclaré Khazar Ibrahim, porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères. 

"L'Azerbaïdjan, pour sa part, ne se livrera jamais à de telles provocations mais y répondra de façon appropriée", a-t-il ajouté. 

Le président arménien Robert Kotcharian a imposé le week-end dernier l'état d'urgence dans son pays à la suite de violentes manifestations de l'opposition qui estime que l'élection présidentielle du 19 février a été entachée de fraudes. 

L'affrontement mardi au Haut-Karabakh entre forces azerbaïdjanaises et soldats arméniens, si son bilan est confirmé, serait le plus sanglant depuis des années. 

Le Premier ministre arménien Serj Sarksian a confirmé qu'il y avait bien eu une fusillade entre soldats arméniens et azerbaïdjanais mais n'a fourni aucun bilan. 

"Le conflit du Haut-Karabakh sera réglé par des moyens pacifiques et j'exclus toute solution militaire", a-t-il dit. 

Kotcharian, lui-même originaire de la province, devait donner une conférence de presse dans la journée à Erevan. 

Robert Simmons, représentant spécial de l'Otan pour le Caucase et l'Asie centrale, a assuré que l'Alliance était prête à apporter son aide pour faire progresser le processus de paix. 

"Je pense qu'il y a une chance de règlement", a-t-il dit. 

Mardi, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a déclaré que son pays était prêt à reprendre le contrôle de la province sécessionniste, si besoin par la force, et qu'il achetait des armes et du matériel militaire dans cette perspective. 

Il a lié cette annonce à la récente proclamation d'indépendance du Kosovo qui a, selon lui, encouragé les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh. 

Ces derniers ont arraché par les armes la province du Haut-Karabakh à la souveraineté de l'Azerbaïdjan en 1992, sans obtenir la reconnaissance de la communauté internationale. Le conflit a fait 35.000 morts et des centaines de milliers de déplacés. Un cessez-le-feu a été signé en 1994.

Source du texte : REUTERS