27 février 2008
L'Inde s'invite dans le club du nucléaire sous-marin
New Delhi a procédé le 25 février avec succès à un premier essai de missile balistique tiré depuis une plate-forme immergée.
Après avoir poussé prestement la porte du "club nucléaire" en 1998, voilà que l'Inde entend s'inviter dans un autre cénacle très fermé, celui des grandes puissances stratégiques qui ont la capacité de déclencher le feu atomique depuis le fond des mers.
New Delhi a annoncé hier avoir procédé "avec succès" à son premier tir d'essai d'un missile balistique à capacité nucléaire depuis une plate-forme sous-marine. Il s'agit d'un missile K15, d'une portée de 700 kilomètres, qui a été tiré depuis un ponton immergé au large de la côte sud-est de l'Inde. Ce missile est destiné à être tiré depuis un sous-marin nucléaire, en cours de construction en Inde.
Le cercle des pays maîtrisant le tir sous-marin d'un missile balistique est étroit : les États-Unis, la France et la Russie, essentiellement. Les Britanniques disposent de systèmes américains et les Chinois ont la capacité technique, sans avoir atteint le niveau de fiabilité opérationnelle des SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) américains ou français. "Ils ont encore des soucis sur la plate-forme (les sous-marins), ainsi qu'avec les systèmes de commandement et de contrôle qui permettent d'assurer de vraies patrouilles océaniques de longue durée" , commente un expert.
Rivalité avec la Chine
Le tir d'un missile balistique sous l'eau pose des défis technologiques considérables. "Il n'est déjà pas simple de lancer une fusée Ariane ou un missile balistique depuis un environnement "sec", la terre, commente la même source, alors imaginez ce que cela donne depuis un environnement “humide” et en pression." Il faut d'abord maîtriser le rééquilibrage du poids du sous-marin, quand un missile de plusieurs tonnes en est chassé. Et tout se joue durant la phase où le missile est poussé hors de son silo, par un dispositif à base d'air comprimé ou de poudre, alors que le sous-marin peut naviguer à une vingtaine de mètres sous la mer. Le missile progresse dans l'eau entouré d'une bulle d'air, et l'allumage se fait dans les derniers mètres avant la surface.
Ce test subaquatique est une nouvelle illustration des considérables efforts et progrès de l'Inde en matière de recherche de défense. "Servi par son programme spatial, l'Inde n'est pas loin du niveau de la Chine sur ces technologies, explique Bruno Gruselle, chercheur à la FRS (Fondation pour la recherche stratégique) et elle a l'ambition de disposer d'une “triade” de systèmes d'armes nucléaires : terrestre, naval et aérien." La coopération avec la Nasa américaine, à la fin des années 1960, est la clé du savoir-faire actuel de l'Inde. Elle lui a permis de progresser sur la technologie de propulsion solide, utilisée sur ses missiles balistiques.
Après quelques déboires, l'Inde a annoncé en 2007 avoir réussi le tir d'un missile stratégique Agni III, d'une portée de 3 000 à 4 000 kilomètres. Et donc susceptible de toucher Shangaï ou Pékin… Encore deux essais un test serait imminent et L'Agni III sera mis en service. Par ailleurs, New Delhi travaille déjà sur un Agni IV, de 6 000 km de portée. Si le Pakistan est le rival régional traditionnel, c'est surtout l'équilibre avec la Chine que vise l'Inde. D'où la nécessité d'accroître la portée de ses armes balistiques. En Asie, l'heure n'est pas au désarmement…
Ce dernier tir est intervenu alors que le patron du Pentagone est en visite à New Delhi. Peut-être pour l'impressionner, même si Robert Gates est surtout venu là pour convaincre l'Inde d'acheter des armements avions de chasse notamment américains plutôt que russes ou européens.
Source du texte : FIGARO.FR
21:48 Publié dans Armes et armement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 février 2008
Les dépenses militaires au niveau de la Guerre froide
Tous les pays se réarment, sauf l’Union européenne. Le marché des ventes d’armes reste largement dominé par les États-Unis.
Venu du détroit de Malacca (sud-est de l’Asie), un vent chaud fait claquer les drapeaux rouge et blanc impeccables de la République de Singapour, hissés pour la première fois à l’arrière des trois frégates polyvalentes Delta (Intrepid, Steadfast et Tenacious), mises en service début février par la Navy de la ville-État. Grande fierté des marins et de Singapour, ces trois navires "hightech" et surarmés, dotés de missiles de la dernière génération (Aster 15 et Harpoon notamment), feraient le bonheur de la Marine française. Mais cette dernière n’a pas les moyens de s’offrir ces bijoux technologiques, pourtant dérivés des frégates françaises La Fayette. La Navy singapourienne, elle, s’en est offert 6 exemplaires, livrés notamment par DCNS et son partenaire local, le chantier naval STMarine. Pour les experts, le dimensionnement du programme pour ce petit pays de 647,8 kilomètres carrés laisse perplexe.
Pour Singapour, la question ne se pose même pas. L’acquisition des 6 frégates vise notamment à assurer la sécurité le long du détroit de Malacca, où ont lieu de nombreux actes de piraterie. L’île voit passer chaque jour près de 50 % du pétrole transporté entre le Moyen-Orient et l’Asie. "La liberté et la sécurité de navigation sont vitales pour notre survie même, pour la sécurité et le succès de Singapour, estimait ainsi le ministre de la Défense, Teo Chee Hean, à l’occasion de la cérémonie officielle. Ces frégates contribueront significativement à la défense de Singapour et à la protection de ses lignes de communication maritimes."
Sur la période 1996-2006, Singapour est le dixième importateur mondial, note-t-on au ministère de la Défense. Cet effort militaire est loin d’être isolé. C’est toute la région Asie-Pacifique qui se réarme à grande vitesse. Les budgets de défense y progressent de 5 % à 8 % par an, relevait Joe Song, vice-président pour l’international de la branche défense de Boeing, à la veille de l’ouverture du Salon aéronautique et de défense de Singapour. À l’avenir, la région "continuera à être un marché clé", assurait-il.
ENVOLÉE DES DÉPENSES AU MAGHREB
À l’image de l’Asie-Pacifique, la plupart des pays de la planète augmentent à vue d’œil leurs dépenses militaires. Tous, sauf les pays de l’Union européenne (UE), dont la France. En 2006, elles se sont élevées à 1.204 milliards de dollars, selon le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), qui fait référence en la matière. Soit 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Ce montant n’avait plus été atteint depuis 1988, époque de la fin de la guerre froide. Cela représente une hausse des dépenses de 3,5 % par rapport à 2005 et de 37 % entre 1997 et 2006. "Tous les pays dépensent en matière d’armement sauf l’Europe", regrette-t-on à Paris dans les cercles industriels et politiques à la veille de la publication redoutée du Livre blanc sur la défense. Dans la région Asie-Pacifique, l’Inde, la Chine, le Japon, l’Australie rivalisent dans leurs dépenses militaires. Au Moyen-Orient, tous les pays à l’exception du Qatar, profitent de la manne pétrolière et gazière pour renforcer leurs forces armées. C’est aussi le cas au Maghreb, où l’Algérie, la Libye et le Maroc sont les principaux artisans de l’envolée des dépenses dans la région. Les pays d’Amérique du Sud augmentent également leurs dépenses militaires, même si cela est de façon plus modeste.
Dans ce contexte d’escalade, les ventes d’armes se sont envolées. Entre 1996 et 2005, les livraisons mondiales d’armes s’étaient stabilisées autour de 55 milliards d’euros. En 2006, le volume des livraisons a grimpé à 67 milliards. Soit un bond de 21,8 %. "Cette progression correspond à des acquisitions d’armements de nouvelle génération qui sont des matériels plus sophistiqués et donc plus chers qu’auparavant, explique t-on à Paris. En 2006, le marché de l’occasion s’est essoufflé alors qu’il a été soutenu pendant la période 1996-2005." Pour 2007, la tendance reste toujours à la hausse. Thales confirme le grand retour de l’exportation dans le domaine de la défense. "2007 a été une bonne année, a affirmé en janvier Denis Ranque, son PDG. Toutes les régions du monde accroissent leur effort, à l’exception de l’Europe".
HAUTES TECHNOLOGIES
Seul un petit cercle de pays se partagent aujourd’hui encore le marché de l’armement à l’exportation. Entre 1996 et 2006, 5 grands pays exportateurs réalisaient 90 % des ventes mondiales : États-Unis, Royaume-Uni, Russie, France et Israël. En 2006, ils ont accaparé 88 % des exportations mondiales. Les États-Unis se sont taillé la part du lion, avec 55 % des exportations mondiales, suivis de leur fidèle allié, le Royaume-Uni (14 %) et de la Russie (9,6 % et 8 % sur la période 1995-2006), dont les ventes d’armes progressent régulièrement depuis 2000. Au quatrième rang, la France (5,9 %), est talonnée par Israël (5,3 %). Très présente dans le domaine de l’électronique, des drones et des missiles tactiques, l’industrie israélienne est un concurrent actif, en particulier en Asie, notamment à Singapour et en Inde, où il est le deuxième fournisseur des forces armées, et en Europe de l’Est. Mais des nouveaux venus comme l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, le Pakistan et l’Inde commencent à marcher sur leurs plates-bandes et grignotent des parts de marché.
Parallèlement, 5 pays ont acheté 1/3 des armes exportées (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Inde, Grèce et Turquie). Tous les observateurs prédisent que le marché de l’armement va rester sur une pente ascendante. Notamment avec le renouvellement de certains grands équipements, dont les flottes d’avions de combat. Mais aussi en raison de nouvelles stratégies. Les états-majors ont repensé leurs équipements à la suite des conflits au Kosovo, en Afghanistan et en Irak. À la place des chars, des hélicoptères d’attaque, les stratèges privilégient aujourd’hui "des matériels beaucoup plus mobiles et aérotransportables".
Source du texte : LA TRIBUNE du 19 fév 2008
22:15 Publié dans Armes et armement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Renvoi des MiG par l'Algérie : un coup dur pour Moscou
L'Algérie a rendu à la Russie 15 chasseurs MiG-29SMT achetés en 2006-2007 à la corporation MiG. Il est à noter qu'elle l'a fait à la veille de la visite du président Abdelaziz Bouteflika à Moscou, suscitant ainsi un scandale immédiatement récupéré par la presse.
Cet incident est regrettable, et pas seulement parce qu'Alger a ainsi exprimé son mécontentement envers un produit militaire "défectueux" livré par des producteurs russes. C'est en fait toute la coopération militaire et technique entre les deux Etats qui se trouve remise en question. Une somme rondelette de 7 milliards de dollars est en jeu : c'est le montant des contrats signés par les représentants de la Russie au cours de la visite du président Vladimir Poutine en Algérie (mars 2006).
D'ailleurs, il s'agit de la première réclamation aussi ostensible dans toute l'histoire de la coopération militaire et technique de la Russie avec les pays étrangers. Quelle en est la raison ?
14:15 Publié dans Armes et armement, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : MiG
23 janvier 2008
En kiosque : Le Pacte de Varsovie
Les chars soviétiques défileront bientôt sur les Champs – Elysées !
Voilà ce qui a parfois été entendu en France en mai 1981. Ce cri d’alarme confinant à la psychose fut l’un des révélateurs de cette menace diffuse qui durant quatre décennies contribua à modeler les consciences occidentales. 40 années lors desquelles plusieurs dizaines de milliers de blindés soviétiques et des Républiques Populaires d’Europe de l’Est firent planer leur ombre sur les pays d’Europe occidentale. 40 années durant lesquelles l’Allemagne fut coupée en deux.
Aujourd’hui que le Pacte de Varsovie, scellé en 1955, dissous en 1991, appartient définitivement à l’histoire, la menace permanente qu'il faisait peser sur l'Europe a disparu et avec elle, au moins partiellement, la forme de guerre caractérisée par le « blindé roi ». Avec la mondialisation et l’avènement de l’indéfinissable GWOT (Global War On Terrorism), la Guerre froide, paradoxalement sécurisante à certains égards, paraît désormais singulièrement lointaine.
Or, depuis quelques années, l’ouverture de nombreuses archives de l’Est au profit des historiens à permis d’éclairer d’un nouveau jour le formidable objet de craintes mais aussi de fantasmes que fut le pacte de Varsovie.
Ce troisième hors-série de Ligne de Front vous invite à ce passionnant voyage rétrospectif au cœur de la puissance militaire du bloc soviétique ; à l'époque, incontestablement la première du monde.
22:20 Publié dans Armées, Armes et armement, Europe, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pacte de Varsovie
22 janvier 2008
Nato "must prepare to launch nuclear attack"
Nato must prepare to launch pre-emptive nuclear attacks to ward off the use of weapons of mass destruction by its enemies, a group of former senior military officials has warned.
Calling for a major change to Nato's approach to defending its members and their interests, the authors of the report, which has been handed to Nato and Pentagon chiefs, said the first-strike use of nuclear weapons was a "indispensable instrument".
The authors of the blueprint for reforming Nato are understood to include Lord Peter Inge, the former British chief of the defence staff and US General John Shalikashvili, the former Nato commander in Europe and chairman of the US joint chiefs of staff.
"The risk of further proliferation is imminent and, with it, the danger that nuclear war fighting, albeit limited in scope, might become possible," the report said.
"The first use of nuclear weapons must remain in the quiver of escalation as the ultimate instrument to prevent the use of weapons of mass destruction."
The document reportedly includes Lord Inge's comments on the controversy surrounding nuclear weapons policy : "To tie our hands on first use or no first use removes a huge plank of deterrence."
The report called for a wholesale reform of Nato and a new pack between Nato, the US and the European union in order to tackle modern military and terrorist threats to the West.
It warned the spread of nuclear technology meant there was "simply no realistic prospect of a nuclear-free world".
Terrorism, political fanaticism and religious fundamentalism were major threats to the West, and organised crime, climate change and migration on a mass scale posed dangers to the way of life of Nato members.
The report's authors also cited the weakening of global alliances, including the United Nations.
The authors have proposed major changes to the way Nato operates, including abandoning consensus decision making so fast action can be taken without the threat of vetoes and caveats imposed by some nations.
They also called for military action without ratification by the UN in cases where "immediate action is needed to protect large numbers of human beings".
The report was compiled after authors were briefed by senior serving military officials who are unable to speak publicly about their concerns with Nato's military strategy.
The document may be discussed at a Nato summit in Bucharest in April.
The other three authors are Klaus Naumann, a German former military commander, Henk van den Breemen, a former Dutch military official, and Jacques Lanxade, the former French admiral and chief of defence.
Source du texte : TELEGRAPH.CO.UK
15:30 Publié dans Armes et armement, Etats-Unis, Europe, Otan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Otan, attaque nucléaire
16 janvier 2008
ABM : Washington propose de moderniser l'armée polonaise après le déploiement des missiles
Si Varsovie accepte le déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain (ABM) sur son territoire, Washington pourrait participer à la modernisation des forces armées polonaises, a déclaré le ministre polonais de la Défense Bogdan Klich.
"Le principal résultat de cette visite qui, il est vrai, n'est pas encore terminée, réside dans











