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12 mai 2008
Les CRS expérimentent une nouvelle tenue antiguérilla
L'actuel folklore commémoratif des événements de 1968 ne les incite pas à regarder dans le rétroviseur. Bien au contraire. Ayant remisé dans leur musée de la base de Vélizy les casques en plastique et les grenades lacrymogènes en verre qu'ils utilisaient il y a quarante ans, les CRS vont se doter d'une nouvelle tenue visant à mieux les protéger en situation de crise et, en particulier, lors des violences urbaines dans les cités."Notre objectif, note la Direction générale de la police nationale, est que nos personnels ne soient plus blessés comme lors des émeutes de Villiers-le-Bel de novembre 2007. Il n'est pas question de mégoter sur leur sécurité". En 24 heures, pas moins de 82 membres des forces de l'ordre avaient été blessés, dont certains par armes à feu. "Les émeutiers, qui avaient organisé des guets-apens dans le but de commettre un assassinat, avaient ouvert le feu au fusil à pompe en visant en premier lieu nos commandants d'unité, les opérateurs radio et les lanceurs de grenades…", se rappelle le commissaire divisionnaire Jean-François Bas, directeur zonale des CRS.
Un policier avait été atteint de 18 plombs dans le corps, un autre avait été touché à une pommette et aux yeux en dépit de son casque de protection, un troisième avait reçu du plomb dans la tempe… Nicolas Sarkozy avait alors formulé ce constat : "On est passé à deux doigts du drame…" Fort de cette expérience, mais aussi des enseignements des trois semaines d'émeutes de 2005 (200 policiers et gendarmes blessés), les 13.000 CRS vont désormais de déployer sur le terrain avec d'étonnantes lunettes de protection en Plexiglas qui permettent de voir à travers la visière du casque lourd.
Les 60 compagnies se verront aussi dotées d'un large bouclier "mou" tout à fait inédit. Souple et recouvert de tissu à la manière d'un gilet pare-balles, il est conçu pour résister aux balles de gros calibre. "Même les décharges de chevrotine ne passeront plus, note un officier. On pourra ainsi multiplier les bonds offensifs chez nos adversaires sans jamais être à découvert." De plus, leurs traditionnelles tenues bleu marine ont aussi été ignifugées maintenant que les cocktails Molotov figurent dans l'arsenal "classique" du voyou de cité.
Soucieux de parfaire cette panoplie, le gardien de l'ordre dernière génération sera doté d'un pistolet à impulsion électrique et d'un fusil à crosse pliable pouvant lancer des balles en caoutchouc avec une redoutable précision à plus de quarante mètres. Soit quatre fois plus loin que l'actuel flash-ball.
L'ensemble de l'équipement pèse une vingtaine kilos, soit une charge maximale pour des hommes appelés à courir en binôme en cas de besoin. Car, embrasement dans les quartiers difficiles oblige, les CRS ont fait évoluer leur tactique depuis 2003, à la demande de Nicolas Sarkozy, afin d'être plus mobiles au pied des barres d'immeubles. "Les gars ne restent plus figés en formations constituées, genre légion romaine, qui barre une rue avant de charger en bloc, rappelle un officier. Cette doctrine, lourde et coûteuse en fonctionnaires, a largement évolué depuis 1968." À l'époque, les CRS se frottaient aux manifestants en spencer noir, chemises blanches et cravates. En un mois, les forces de l'ordre avaient déploré près de 1 900 blessés dans leurs rangs.
Source du texte : FIGARO.FR
13:33 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guérilla, émeutes, crs, banlieues, violences urbaines












Commentaires
La nouvelle tenue des CRS est symptomatique du basculement d’un régime démocratique à la dérive où les choix présidentiels entrainent peu à peu le pays vers une « stratégie de la tension » telle qu’elle exista en Italie dans les années 70.
Quand aura lieu le point de rupture ?
Ecrit par : Frère de la forêt | 12 mai 2008
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