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17 mars 2008

L'Otan promet de répondre avec fermeté aux violences au Kosovo

679570114.jpgL'Otan a promis de répondre par la fermeté aux violents incidents de lundi à Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où des soldats français de la Kfor ont été pris sous le feu d'armes automatiques.

Ces heurts, les plus violents entre forces internationales et manifestants serbes depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo le 17 février, sont un défi majeur pour l'Alliance, les Nations unies et la balbutiante mission de justice et de police de l'Union européenne dans l'ancienne province serbe. 


Ils soulignent les craintes occidentales d'une partition ethnique entre les deux millions d'albanophones et les 120.000 Serbes de souche habitant au Kosovo. 

Un porte-parole de l'Onu a déclaré qu'avec ces émeutes avait été franchie "une des lignes rouges clairement tracées par l'Onu avec les dirigeants serbes kosovars dans le Nord et les responsables à Belgrade". 

La Serbie a pour sa part accusé l'Onu et l'Otan d'avoir fait preuve de brutalité dans son opération de reprise en main du bâtiment d'un tribunal de l'Onu de Mitrovica occupé depuis vendredi par des manifestants serbes, à l'origine des violences. 

Lors des affrontements, policiers onusiens - majoritairement ukrainiens et polonais - et soldats français de la Kfor, la force de l'Otan, ont tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de contenir les manifestants qui leur lançaient des pierres et des pétards. Des véhicules ont été incendiés et plusieurs policiers et soldats ont été blessés dans une explosion. 

"Huit soldats français de la Kfor ont été blessés par des grenades, des pierres et des cocktails Molotov", a dit le porte-parole militaire français Etienne du Fayet de la Tour, mais aucun des blessés n'est en danger de mort. 

La police de la Minuk a déclaré que 25 de ses hommes avaient été blessés. L'Ukraine a fait état de 14 blessés dont un grave parmi ses hommes. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Iouri Loutsenko, a ajouté qu'une "vingtaine" de soldats français avaient été blessés. Selon l'agence de presse polonaise PAP, 13 Polonais membres de la force de police de l'Onu ont été blessés. 

Devant la gravité de la situation, les policiers des Nations unies ont reçu ordre d'évacuer le secteur. 

Le directeur serbe de l'hôpital de Mitrovica, Marko Jaksic, un radical, a déclaré que 3 personnes de nationalité serbe avaient été gravement blessées pendant les affrontements. 

"Une personne a été touchée d'une balle à la tête, probablement par un sniper", a-t-il dit. "Cette personne est dans un état très grave et nous avons dû la transporter dans un hôpital à Kragujevac, dans le centre de la Serbie." Deux autres personnes sont dans un état très sérieux selon lui.

657165647.jpgL'Otan condamne ces violences "dans les termes les plus forts" et "répondra fermement à tout acte de violence, comme le prévoit son mandat des Nations unies", a déclaré un porte-parole de l'Alliance, qui commande les 16.000 hommes de la Kfor. 

L'UE a recommandé la modération aux parties impliquées tandis que Moscou réclamait de la retenue de la part des forces internationales. 

Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, parlant de "provocation", a exigé la libération de la trentaine d'anciens magistrats et employés serbes du tribunal de Mitrovica arrêtés lors de l'opération. 

"Nous étions convenus que rien ne serait entrepris avant que je ne me rende à Mitrovica", a-t-il dit à l'agence de presse Tanjug. Il a précisé qu'il avait rencontré dimanche le diplomate américain Larry Rossin et lui avait présenté un plan "en vue de résoudre toutes les questions entre la Minuk et la Serbie et en rapport avec la communauté serbe du Kosovo". 

Les violences coïncident avec le quatrième anniversaire des émeutes des albanophones contre la communauté serbe, qui avaient fait 19 morts en deux jours. Des centaines de maisons et d'églises avaient été incendiées. 

Belgrade a estimé que l'instabilité actuelle risquait de déboucher sur de nouveaux "pogroms" des Kosovars albanais contre la minorité serbe. L'Église orthodoxe serbe a affirmé que des Serbes "étaient à nouveau tués"

Portant des cagoules, plus de 500 policiers onusiens avaient fait irruption à l'aube dans le tribunal tandis que plusieurs centaines de soldats français, avec des véhicules blindés, bloquaient les voies d'accès au bâtiment. 

Les policiers internationaux ont enlevé le drapeau serbe qui flottait depuis trois jours sur le tribunal. 

Les Serbes à l'intérieur du tribunal n'ont offert aucune résistance et les policiers leur ont passé les menottes pour les emmener lorsque des centaines de jeunes manifestants ont accouru et se sont opposés à leur départ. 

Ils ont réussi à stopper trois véhicules et à en ouvrir les portes. Une dizaine de prisonniers ont alors pu s'enfuir. 

Une cinquantaine de personnes qui occupaient le tribunal ont cependant pu être conduites à Pristina, où elles ont été incarcérées, a précisé un porte-parole de la Kfor. 

Vendredi, environ 300 Serbes avaient pris le contrôle du tribunal qu'ils assiégeaient depuis plusieurs semaines. La foule était alors composée surtout d'anciens employés du tribunal qui s'étaient retrouvés au chômage après le passage de la province sécessionniste sous administration de l'Onu il y a 9 ans.

Source du texte : REUTERS

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