22 février 2008

Alexandre le Grand : une vie de conquérant (1/3)



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18 février 2008

Rome : un épisode de la saison 2

31 janvier 2008

Sous l'égide de Wotan : les jeunes filles porte-étendard dans les tribus germaniques

ca9b9fd06489b60220bc0878f888f8dd.jpgLes démocraties égalitaires contemporaines nous avaient déjà gratifiés de la guerre totale, c'est-à-dire de la guerre pour tous. Depuis peu, en Europe, elles ont peaufiné leur logique maniaque, en étendant aux femmes le douteux "droit" de porter l'uniforme et les armes.

Y a-t-il là un quelconque souci d'affermir l'institution militaire et policière ? Ou de répondre à une impérieuse nécessité de défense nationale ? En aucune façon, bien sûr. Seules des considérations idéologiques obsessionnelles ont présidé à cette nouvelle et mirifique avancée des "droits imprescriptibles". Sur le thème "Les femmes et la guerre", on lira dans La Nouvelle Revue d'Histoire (n°2, sept-oct 2002) le compte-rendu du livre de l'auteur israélien Martin van Creveld et la table ronde qui lui est consacrée. Les femmes en armes constituent donc un sujet d'actualité qu'on ne saurait ignorer, puisque désormais cet intéressant spectacle s'offre quotidiennement dans nos rues, avec, il est vrai, d'autres réalisations de cette modernité qui fait le charme de la vie urbaine. 

Cependant, mon propos ne sera pas d'épiloguer plus longuement sur le présent et l'avenir de la question, mais bien plutôt de saisir le prétexte de ce point d'actualité, pour en évoquer certains aspects anciens. Que peut dire l'historien sur les femmes et la guerre, dans le lointain passé des peuples européens, c'est-à-dire bien avant que le chaos de la "modernité" ne déstructure ces derniers ? Certes, le champ d'investigation est vaste, mais les sources ne répondent pas toujours à l'attente. Néanmoins, les textes, et plus encore l'archéologie, offrent parfois des ressources inattendues. Par exemple, dans le cas du monde germanique ancien, l'information est d'origine romaine. C'est donc d'abord, par-dessus les épaules des légionnaires, que nous aurons l'occasion de contempler les cadavres meurtris de femmes germaniques tuées au combat, en compagnie de leurs congénères masculins.

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14 janvier 2008

La seconde invasion de l'Italie par Alaric (408-410)

354529e607c6caea6699f7c82487567e.jpgLes invasions des anciens fédérés wisigoths furent très différentes de la grande migration des peuples de Radagaise et des Vandales-Alains-Suèves, tous gentes externae, car les anciens fédérés wisigoths étaient dans l'Empire et ils eurent un but plus précis que la grande migration de 406, celui non seulement de redevenir fédérés, mais aussi d'obtenir une intégration plus étroite dans l'Empire, obstinément poursuivie par leurs rois, tant par l'ancien général romain Alaric que par son successeur Athaulf.

Ainsi les Wisigoths envahirent-ils dans ce but, peu après la grande migration de 406, d'abord l'Italie complètement, puis une partie de la Gaule méridionale et une partie de l'Espagne méditerranéenne. Mais, si la grande migration de 406 les servit, en épuisant les moyens militaires de l'empereur Honorius contraint, en plus, d'affronter un usurpateur en Gaule dès 407 et un autre encore en 411, elle les desservit tout autant, en suscitant une virulente réaction des Romains antigermains qui les assimilèrent aux barbares de Radagaise ou de l'invasion des Vandales-Alains-Suèves et qui, même, redoutèrent plus ces anciens fédérés que les autres envahisseurs barbares. La seconde invasion de l'Italie par Alaric et la prise de Rome, le 24 août 410, firent des Wisigoths des ennemis intolérables de l'Empire, de sorte que leur établissement dans des provinces gauloises en 418, après leur retour au statut de fédérés en 416, réalisa en partie seulement les buts de leurs sept années d'invasions.

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13 janvier 2008

DEVOTIO

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En cas de situation critique au cours d'un combat, le général romain pouvait faire intervenir les Dieux en sa faveur grâce à un rite sacré : la DEVOTIO. Devant son armée assemblée, il récite une formule que lui dicte le grand pontife ; celle-ci le voue lui et l'armée ennemie aux dieux Mânes et à la terre. Se jetant au plus épais des rangs ennemis, il cherche et trouve la mort. Cet acte d'héroïque désespoir a sa récompense. En voyant tomber un chef qu'ils vénèrent, les légionnaires, qui lâchent pied, reviennent à la charge et s'élancent dans les rangs ennemis pour venger le général ou pour mourir avec lui.
 

Mânes (= Bienveillantes) : Les Romains désignaient sous ce nom les âmes des hommes après leur séparation d'avec les corps qu'elles animaient. Suivant Apulée, les Mânes étaient dans le principe appelés Lémures, et comprenaient deux catégories, les Lares et les Larves. Les premiers étaient les âmes des hommes qui avaient mené une vie vertueuse, et les secondes celles des individus qui avaient vécu dans le vice ou dans le crime. Mais, par la suite, dit-il, l'usage s'introduisit de désigner les uns et les autres par le nom de Mânes. D'autre part, saint Augustin prétend qu'à l'origine, les âmes des morts étaient appelées Mânes lorsqu'un ne pouvait encore se faire une opinion exacte de leurs mérites ou de leurs démérites, et que, selon les cas, elles devenaient ensuite Lares ou bien Larves et Lémures :

"Animas hominum daemones esse, et ex hominibus fieri Lares si menti boni sint ; Lemures sive Larvas, si mali ; Manes autem cum incertum est bonorum eos, sive malorum esse meritorum."

Les Romains considéraient les âmes des morts comme ayant quelque chose de divin, et les mettaient au rang des dieux inférieurs : de là l'inscription DIS NANIBUS SACRUM, ou, par abréviation, D. M. S., gravée sur toutes les pierres tumulaires et sur les urnes cinéraires. Chaque année, au mois de février, on célébrait pendant 12 jours des fêtes en leur honneur, et le grand pontife devait veiller à ce qu'on observât les cérémonies consacrées. A cette occasion, les Mânes étaient censés sortir des enfers, par une ouverture particulière pratiquée dans le sépulcre; ouverture qui était habituellement fermée par une pierre appelée lapis manalis, mais qu'on découvrait à cet effet.

Objets d’un culte familial, les mânes, aux temps les plus anciens, avaient été plutôt des divinités domestiques, au même titre que les Lares et les Pénates.

06 janvier 2008

Attila : son vrai visage

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Attila, roi des Huns de 435 à 453, a contribué de son vivant à la naissance de son propre mythe, et ses biographes, de l'Antiquité tardive à nos jours, ont déployé beaucoup d'imagination. Pourtant, derrière les erreurs et les légendes, on peut, en scrutant les sources avec rigueur, discerner le vrai visage d'un personnage fascinant et comprendre sa carrière et ses motivations dans l'ambiance des mondes romain et "barbare" étroitement interpénétrés du Ve siècle.

Ce livre, qui prend le contre-pied de beaucoup de traditions historiographiques sans fondement, fait revivre le vrai Attila. Le roi Hun ne fut, ni le "fléau de Dieu", ni le représentant d'une Asie lancée à l'assaut de l'Occident, ni le fossoyeur du monde romain "décadent". Souverain ambitieux et hautain d'un empire construit surtout par ses prédécesseurs, diplomate rusé et maître chanteur sans scrupule, il se révéla médiocre général, et sa mort anéantit la domination des Huns dans les steppes européennes. L'ouvrage replace ce que l'on sait de la vie d'Attila dans son contexte historique, et analyse en détail sa personnalité, ses croyances, ses aptitudes politiques, diplomatiques et militaires. Il montre comment, à partir du souvenir laissé par son règne, se sont édifiées plusieurs grandes traditions légendaires.

 

Éditions : Actes Sud / Errance

Année : décembre 2007

Prix : 25 €

 

Biographie des auteurs :

Katalin Escher est docteur en archéologie, spécialiste du haut Moyen Age. Elle a déjà publié, aux éditions Errance, "Les Burgondes", et a traduit du hongrois l'ouvrage d'I. Bona, "Les Huns".

Iaroslav Lebedynsky, spécialiste des peuples de la steppe et du Caucase, enseigne l'histoire de l'Ukraine à l'Institut national des langues et civilisations orientales de Paris. Il a déjà publié, aux éditions Errance, "Les Indo-Européens", "Les Cimmériens", "Les Scythes", "Les Sarmates", "Les Saces", "Les Nomades", "Armes et guerriers barbares", "Les Cosaques", et, en collaboration avec Vladimir Kouznetsov, "Les Alains", "Les chrétiens disparus du Caucase".

07 décembre 2007

Éteignez votre télévision... et faites-vous raconter l'Iliade et l'Odyssée

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L'Iliade raconte le siège de Troie, mais ne le suit pas dans son intégralité. Le récit épique fait alterner batailles et scènes se passant chez les héros des deux camps, troyens et achéens, ainsi qu'au sein de l'Olympe, chez les dieux. Qui ne connaît les noms des héros de l'épopée : Diomède, Ménélas, Agamemnon, les Ajax, Ulysse, Hector et surtout Achille dont la colère va diriger le récit. Colère terrible qui mènera son meilleur ami, Patrocle, à la mort et rendra Achille ivre de vengeance. Vengeance aveugle qui verra Hector, héros des Troyens, anéanti dans un combat singulier. 

Les anciens groupaient sous le nom d'Homère de nombreuses épopées soit sur la guerre de Troie, soit sur d'autres grandes légendes. Seuls nous restent aujourd'hui : L'Iliade et L'Odyssée. Mais ne sont-elles pas que trop remarquables pour avoir été perdues ? La traduction de Paul Mazon est aujourd'hui la référence absolue pour ce texte.
 

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La traduction qui vous est proposée ici, celle de Victor Bérard est devenue la traduction de référence pour l'œuvre d'Homère.

Et le divin Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu’il donnerait pour voile à sa virilité. Puis il sortit du bois. Tel un lion des monts, qui compte sur sa force, s’en va, les yeux en feu, par la pluie et le vent, se jeter sur les bœufs et les moutons, ou court forcer les daims sauvages ; c’est le ventre qui parle. Tel, en sa nudité, Ulysse s’avançait vers ces filles bouclées : le besoin le poussait... Quand l’horreur de ce corps tout gâté par la mer leur apparut ; ce fut une fuite éperdue jusqu’aux franges des grèves. Il ne resta que la fille d’Alkinoos : Athéna lui mettait dans le cœur cette audace et ne permettait pas à ses membres la peur.

 

23 novembre 2007

Courageux Barbares, vertueux Romains

30460a6e158fc37dfb5d19191e2d9f56.jpgVenant d'un soldat romain, le qualificatif de courageux pour un combattant est à peine un compliment. Pour une armée, c'est de l'entraînement que viennent force et efficacité, plus que du courage, vertu essentiellement individuelle. Les légions romaines resteront, à cet égard, un modèle inégalé jusqu'au XVIIIe siècle.

Le courage est habituellement considéré comme la vertu militaire par excellence, mais il n'a pas toujours été célébré comme tel. Les Romains, par exemple, n'évoquaient pour ainsi dire jamais le courage des légions. D'où venait alors leur force, selon eux ? Du fait qu'elles pratiquaient constamment l'exercice. Alors qu'il se trouvait en Orient, Pompée, un des grands généraux de la République, s'entraînait pendant le siège de Petra. Des messagers apparurent, la lance ornée de lauriers, donc porteurs de bonnes nouvelles. Malgré l'impatience de l'armée, Pompée continua son entraînement, montrant ainsi qu'il ne faisait qu'obéir à la première des exigences. En s'entraînant, le citoyen romain manifeste sa virtus, terme désignant le service de l'État, sous ses aspects à la fois civils et militaires. Virtus a donné en français "vertu", mais aussi "virilité" : on n'est pleinement un homme que si l'on pratique l'entraînement. Lorsque le jeune Tibère veut montrer à Auguste qu'il ne se présent