30 janvier 2008
Chavez prône une alliance armée contre les États-Unis
Le sous-continent est devenu le théâtre d'une course aux armements, alimentée par la tension croissante entre Caracas et Washington.
La rhétorique de Hugo Chavez semble ne plus avoir de limite. Dimanche, le président vénézuélien a profité de son programme télévisé hebdomadaire "Alo Presidente" pour appeler les pays gouvernés par la gauche, membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba) à s'allier militairement afin de parer à une éventuelle agression des États-Unis. Regroupant le Venezuela, le Nicaragua, Cuba et la Bolivie, l'Alba est apparue il y a 3 ans en riposte à la proposition de Washington de créer l'Alca, une zone de libre-échange incluant tous les pays des Amériques, de l'Alaska à la Patagonie, à l'exception de Cuba. "Nous devons monter une stratégie commune en articulant les armées de l'air, de terre, la marine, la garde nationale, les forces de coopération et les services de renseignements, parce que l'ennemi est le même : l'empire des États-Unis", a déclaré Chavez.
La veille, le président vénézuélien avait accusé Bogota de préparer une "conspiration" contre lui, avec l'aide de Washington. Quelques jours plus tôt, il avait octroyé aux guérillas colombiennes le statut de "groupe belligérant" et non plus d'organisation terroriste comme auparavant. Un tel cocktail pourrait s'avérer explosif en cas d'incident sur la frontière, longue de 2 000 kilomètres.
Les propos de Hugo Chavez inquiètent d'autant plus que les pays latino-américains n'ont, depuis des décennies, jamais été autant armés qu'aujourd'hui. "L'Administration américaine a une grande responsabilité dans cette situation", estime Greg Grandin, spécialiste de l'Amérique latine à l'Université de New York. "Constatant qu'ils perdaient du terrain dans le sous-continent, et que leurs soldats n'étaient plus bienvenus, les États-Unis ont encouragé la polarisation entre “amis” et “ennemis”, suscitant une course aux armements."
La Russie, grande gagnante
Ce sont les achats effectués ces trois dernières années par le Venezuela qui ont tiré la sonnette d'alarme : 100 000 kalachnikovs, 24 avions de combat Sukhoï et une cinquantaine d'hélicoptères militaires pour la seule année 2006. Chavez souhaite également installer une usine de fusils automatiques russes au Venezuela, et se fournir en équipement dedéfense antimissile.
La Colombie n'est pas en reste. Le "plan Colombia" mis en place par Washington au début de la décennie a permis de transférer plus de 5 milliards de dollars à Bogota. Théoriquement destiné à la lutte contre la drogue, il a surtout contribué à la modernisation de l'armée, tant du point de vue de son armement que de sa formation contre les guérillas.
Cet effort n'a pas laissé les troupes brésiliennes insensibles. Mal perçues par l'opinion publique du fait de la dictature (1964-1985), celles-ci ont été privées de moyens pendant deux décennies. Elles font désormais pression sur le gouvernement pour ne pas être laissées à la traîne. Le président Luiz Ignacio Lula da Silva vient de demander au Congrès une hausse de 53 % du budget militaire. Il a également relancé le programme de sous-marins nucléaires. Le ministre de la Défense, Nelson Jobim, était d'ailleurs à Paris il y a deux jours pour négocier l'achat de technologie française.
Dans le cône sud du continent, le Chili reste en pointe. Son armée bénéficie du transfert automatique d'un pourcentage fixe des recettes du cuivre. Dans un contexte de hausse spectaculaire des cours, ce dispositif a permis aux gradés de dépenser plus de 3 milliards de dollars, provoquant la colère du Pérou et de la Bolivie, deux voisins avec lesquels le Chili est en conflit frontalier.
Provoquée en grande partie par le face-à-face entre le Venezuela et les États-Unis, cette course aux armements fait un grand gagnant : la Russie, qui empoche la majorité des contrats. Moscou vendra bientôt presque autant d'armes en Amérique latine qu'à l'époque de l'Union soviétique.
Source du texte : LE FIGARO.FR
15:05 Publié dans Amérique du Sud, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chavez
13 janvier 2008
Chili con armée
01:10 Publié dans Amérique du Sud, Armées, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 septembre 2007
Le Che, une "mystification collective"
20 MINUTES - Dans votre livre, vous déconstruisez le mythe de Che Guevara, décrit comme un "bourreau implacable", qui fume le cigare en regardant les exécutions. D'où vient alors son statut d'icône ?
08:55 Publié dans Amérique du Sud, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Che, Cuba, Fidel Castro
02 juillet 2007
Le "Comandante" du Venezuela organise son "peuple en armes"
Plus de la moitié des habitants sont enrôlés dans une garde territoriale censée dissuader une invasion de l'ennemi américain.
Il est 7 heures du matin quand Eduardo Zabala foule, comme tous les jours, l'esplanade du ministère de la Communication, en plein centre de Caracas. Mais ce samedi, il a troqué le costume cravate contre l'uniforme vert olive. Eduardo est, l'espace de quelques heures, chef du « corps combattant du ministère de la Communication ». En faisant signe à ses collègues de monter dans un bus qui les emmènera dans le camp de Macarao, pour leur premier entraînement, il rabroue ceux qui l'apostrophent par son prénom : aujourd'hui, le fonctionnaire Zabala est major.
Sur la route pourtant, l'ambiance tient plus de la colonie de vacances que de la discipline militaire. On se dispute sandwichs et jus de poires et les flashs crépitent : tout le monde veut un souvenir de cette première journée patriotique. Les trente fonctionnaires se sont enrôlés dans la « garde territoriale », la réserve que le président Hugo Chavez a conçue pour parer à une invasion ennemie, sous-entendue des États-Unis.
L'idée vient de Cuba. « Face à la puissance de feu d'une grande armée, il faut une force non conventionnelle, pour une guerre asymétrique », explique le général Alberto Muller Rojas, l'un de ses organisateurs. Aux envahisseurs suréquipés, le peuple vénézuélien doit opposer sa connaissance du terrain, dans le moindre petit village. Aujourd'hui constituée de 110 000 hommes, la garde territoriale prétend en recruter 15 millions - sur une population de 27 millions. Tout Vénézuélien majeur, même à la retraite, est appelé à en faire partie. « L'objection de conscience est néanmoins admise », précise le général Mueller.
Chaque institution, chaque entreprise, pourra constituer son unité. Comme au sein du ministère de la Communication, les salariés de la chaîne publique VTV en ont déjà formé une. Abraham Buccé, réalisateur, est enthousiaste : « À l'époque du coup d'État d'avril 2002, les putschistes ont envahi la télévision, et nous étions impuissants. Maintenant, nous saurons défendre le canal ! » L'ensemble de la garde territoriale devrait dépendre directement du « Comandante » Chavez.
La « fusion civico-militaire »
Rassemblés dans le camp de Macarao, les néophytes ont hâte, sous un soleil de plomb, de prendre possession des fusils. Les visages de Lissy, Maria et Odisea, trois jeunes femmes qui s'étaient illustrées par leurs blagues dans l'autobus, sont crispés. L'instructeur vient de les rappeler à l'ordre, exigeant qu'elles pointent leurs armes vers le ciel. « Ce sont des FAL, il est rare de survivre à une balle perdue par des fusils pareils », gronde-t-il.
Couchés sur le sol pour mieux tirer, les hommes sont gênés par leur bedaine, les femmes protestent contre les piqûres de moustiques et regardent, désolées, le vernis de leurs ongles s'écailler. Ils ont vingt balles chacun et peinent à les compter : avec l'écho chaque tir se répète à l'infini dans la vallée.
Son chargeur vidé, Maria revient vers le campement, rouge de plaisir : « J'en ai mis six dans la cible, dont un dans l'oeil ! » La rondelette Lissy renchérit : « Moi, j'en ai mis dix ! Au début j'avais peur, mais là, j'adore ! »
Au-delà de la mission de défense, la garde territoriale incarne le concept cher à Chavez de « fusion civico-militaire », pour le bien du peuple. Alors que les plus habiles parmi les civils peuvent apprendre à fabriquer des explosifs ou devenir franc-tireur, les gradés distribuent de la viande dans les marchés populaires et s'installent dans les ministères.
Des « barrios » surarmés
À Caracas, cette symbiose affole les organisations de droits de l'homme, qui dénoncent la multiplication des armes et l'insécurité. Avec un taux de 46,5 homicides pour 100 000 habitants en 2004, le Venezuela est le quatrième pays le plus meurtrier du monde, après la Colombie, l'Afrique du Sud et la Jamaïque. « L'État n'a aucun moyen de contrôler les armes en circulation, pas même celles de la police », souligne Soraya el-Achkar, de l'ONG Justice et paix.
C'est dans les barrios, les quartiers pauvres, que la situation est la plus préoccupante. Représentant de la mairie de Caracas dans le « 23 de enero », un district populaire abritant 400 000 personnes, Lisandro Perez, surnommé « Mao » en souvenir de son passé de guérillero, confirme : « Il y a de plus en plus de milices, puisque le gouvernement les tolère. » Et d'énumérer les noms des groupes qui ont pignon sur rue et des pages sur Internet : Movimiento de liberacion Carapaica, Cartolin, Milicia cero...
Mao assure qu'elles ne sont pas liées au narco-trafic qui fait rage dans les barrios. « L'utilité est politique. On se prépare pour empêcher la droite de revenir au pouvoir. » Pour lui, ces groupes armés intégreront la garde territoriale de Chavez, mais garderont leur autonomie. Alberto Carias, qui contrôle la milice de « Tupac Amaru » est formel : « Chavez veut nous contrôler, il pense ne pas avoir besoin de nous, mais nous sommes un mal nécessaire. » La preuve, ajoute-t-il : « Lors du coup d'État du 2002, ce sont des mouvements comme les nôtres qui l'ont rétabli à la présidence. La véritable révolution, qui impliquera forcément l'insurrection, dépend de nous. »
Source du texte : FIGARO.FR
11:15 Publié dans Amérique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Milice, garde territoriale
27 juin 2007
Bolivarisme et socialisme dans le Venezuela d'Hugo Chavez
Le président vénézuélien Hugo Chavez fait dans le monde entier la propagande des idées de Simon Bolivar, libérateur de l'Amérique latine du joug espagnol. Même le nom du pays a été modifié en 2000, il s'appelle maintenant la République bolivarienne du Venezuela. Hugo Chavez se considère comme un nationaliste et un révolutionnaire du genre de Simon Bolivar.
Attaché aux principes de l'idéologie du "bolivarisme", Hugo Chavez conduit son pays depuis dix ans sur la voie des réformes sociales. L'une des principales mesures qu'il a prises a été d'établir un contrôle sur l'extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l'octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l'enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l'enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L'introduction de l'assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu'à ces derniers temps dans une réelle misère !
L'objectif principal de la politique extérieure d'Hugo Chavez est de réunir les pays d'Amérique du Sud au sein d'une union économique et politique, indépendante vis-à-vis de l'hégémonie des Etats-Unis. Le dernier plan grandiose prévoit l'édification du socialisme au Venezuela. A cette fin, Hugo Chavez a introduit dans le pays un système d'administration présidentielle directe. Le leader vénézuélien est certain que ces pouvoirs extraordinaires lui permettront de réaliser une révolution socialiste du XXIe siècle.
Au cours de la cérémonie officielle d'investiture d'Hugo Chavez au poste de président du pays pour la période de 2007 à 2013, contrairement à la tradition, il a déplacé l'écharpe présidentielle de l'épaule droite à l'épaule gauche, afin de souligner ses convictions.
Prononçant un discours devant l'assistance, Hugo Chavez a confirmé son orientation vers l'édification du "socialisme vénézuélien", il a déclaré qu'il avait l'intention de nationaliser les réseaux énergétiques et les télécommunications du pays, et pris plusieurs initiatives visant à transformer le Venezuela en un pays dont la voix serait entendue sur le continent sud-américain, mais aussi au-delà de ses limites.
Hugo Chavez a récemment annoncé la création de 200 "entreprises socialistes" dans des secteurs stratégiques aussi importants que l'agriculture, les industries agro-alimentaire, légère, chimique, automobile et électronique. Son objectif est de réduire les importations et de passer à l'autosuffisance totale. Hugo Chavez a également annoncé le lancement de la fabrication des premiers ordinateurs, téléphones portables, automobiles et deux-roues, dont l'assemblage est effectué au Venezuela avec l'assistance technique de la Chine et de l'Iran.
Le 1er mai, conformément à la loi adoptée sur la nationalisation, les exploitations pétrolières où travaillent les compagnies américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la compagnie britannique British Petroleum, la société française Total et la compagnie norvégienne Statoil ont été placées sous la gestion de la corporation pétro-gazière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette corporation contrôlera environ 60% des titres des actifs pétroliers, alors que les compagnies étrangères peuvent conserver des paquets d'actions minoritaires. Selon Hugo Chavez, l'ère de la privatisation du pétrole vénézuélien s'est achevée, et le Venezuela a rétabli son contrôle sur ce secteur stratégique d'importance primordiale.
Hugo Chavez s'efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d'oléoducs transatlantiques, et le programme d'exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l'Orénoque. L'activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l'arène régionale.
Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l'URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu'il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l'intégration latino-américaine. "L'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents", répète Hugo Chavez.
Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l'Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s'accroît rapidement dans d'autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.
Le Venezuela est devenu l'un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d'une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d'aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les "principaux amis du monde arabe".
Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l'Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s'épuiseront.
Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l'exploitation de gisements d'hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d'armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d'Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d'indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n'ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.
Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : "La Russie s'élève sur les espaces de l'Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d'une Russie forte pour parvenir à l'égalité". Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.
La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l'ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l'essentiel, à l'ONU.
Source du texte : RIA NOVOSTI
------------------------------------------------
Simon BOLIVAR : El Libertador
Révolutionnaire mexicain né à San Juan del Río, Durango, en 1876 – mort à Parral, Chihuahua, en 1923.
Pauvre paysan, orphelin et ayant reçu très peu d’éducation quand éclate la Révolution mexicaine en 1910, Francisco Villa, dit Pancho Villa, se réfugiait depuis plusieurs années dans les montagnes après avoir assassiné le propriétaire de la hacienda où il travaillait.
Dès le début de la Révolution il rallie les rangs se Madero dans sa lutte contre la dictature de Porfirio Díaz, et fait preuve d’une grande habileté dans l’art de la guerre.
Profitant de sa connaissance du terrain et des paysans, il forme sa propre armée dans le nord du Mexique, avec laquelle il contribue au triomphe du mouvement révolutionnaire.
En 1912 il est fait prisonnier, en soupçonnant le général Victoriano Huerta de participer à la rébellion de Orozco dans la défense des aspirations sociales des paysans, que Madero avait ajourné.
Il parvient à s’échapper aux Etats-Unis et, après l’assassinat de Madero, il revient au Mexique et forme une nouvelle armée révolutionnaire, la Division du Nord (la División del Norte) en 1913.
Avec ses troupes il soutient la lutte de Venustiano Carranza et Emiliano Zapata contre Huerta, qui s’est imposé comme dictateur. Ensemble, ils le font tomber en 1914 ; mais après la victoire de cette deuxième révolution, Villa et Zapata se sentent trompés par Carranza et reprennent les armes contre ce dernier.
Cette fois, la chance n’est pas de son côté : Álvaro Obregón défait les troupes de Villa et Carranza consolide son pouvoir, obtenant la reconnaissance officielle de son gouvernement par les Etats-Unis.
Dans sa tentative pour démontrer que Carranza ne contrôle pas le pays, et dans le but de liguer contre le dictateur le président américain Wilson, il attaque le territoire nord américain du Nouveau Mexique et assassine 16 citoyens américains (1916).
Wilson envoie une armée sous le commandement du général Pershing au nord du Mexique pour en finir avec Pancho Villa ; mais la connaissance du terrain et le soutien de la population paysanne permettent à Villa et ses troupes de résister durant quatre années, dans une guerre à mi-chemin entre la guérilla et le banditisme.
A la chute de Carranza en 1920, le nouveau président Adolfo de la Huerta lui offre l’amnistie et un ranch à Chihuahua, en échange de l’arrêt de ses activités guerrières et de son retrait de la vie politique. Villa accepte, mais meurt trois ans plus tard, assassiné dans son ranch pour des raisons politiques, pendant la présidence de Obregón.
I. La jeunesse de Bolivar.
Simon Bolivar est né à Caracas le 24 juillet 1783. Sa ville natale est la capitale de la Capitainerie Générale du Venezuela. Il est le fils du colonel Juan Vicente Bolivar Ponte et de Doña María de la Concepción Palacios Blancos, tous deux issus de familles espagnoles de grande lignée.
Ces deux familles, vivant sur le sol américain depuis de nombreuses générations, font parti de la puissante classe sociale des "Mantuanos", ce qui leur vaut de grand privilèges.
C'est dans ce cadre que vient de naître Simon Bolivar, à qui un des membres de la famille, le Père Juan Félix Jérez-Aristiguieta Bolivar rédige un testament en sa faveur, lui assurant une très grande fortune.
Simon, que sa mère ne peut allaiter, se voit confier à une nourrice noire, Hipolita, une des esclaves de la famille. Celle-ci fait plus que de nourrir Simon, elle s'en occupe comme si c'était son propre enfant, et surtout à la mort du colonel Bolivar alors que son fils a à peine sept ans. Simon Bolivar gardera toujours dans son coeur beaucoup de tendresse pour Hipolita.
Aux alentours de l'année 1790, María Antonia, Juana, Juan Vicente, et Simon, se promènent assez souvent avec leur mère sur leurs terre de la vallée de Aragua. Simon est touché par la beauté et la tranquillité des paysages qu'il découvre.
Mais le charme se brise le 6 juillet 1792, quand meurt sa mère, qui a toujours eu une santé fragile. Les Bolivar restent orphelins. Les deux filles, bien que très jeunes ne tardent pas à se marier, et c'est le grand-père maternel, don Feliciano, qui devient le tuteur de Simon qui a peine 9 ans.
Mais le jeune Simon souffre beaucoup de la disparition de ses parents.
Simon a appris à lire, écrire et compter avec différents précepteurs. Il va à l'Ecole Publique, dirigée par Simon Rodriguez, un homme original et progressiste, dont les idées pédagogiques et sociales auront beaucoup d'influence sur un jeune au caractère encore très malléable.
Mais entre temps, don Feliciano s'éteint à son tour, et la tutelle revient à Carlos Palacios, son oncle, avec qui Simon ne s'entend pas du tout. Don Carlos, célibataire, passe beaucoup de temps dans ses haciendas, et Simon, livré à lui-même, se promène dans les rues de Caracas avec des gamins qui ne sont pas de son rang.
A 12 ans, Simon Bolivar fait une fugue et s'en va chercher réconfort auprès de sa soeur María Antonia. Mais l'enfant est reconduit chez lui, puis confié, comme interne, à la charge de son maître Simon Rodriguez.
Rodriguez ne tarde pas à gagner la confiance de Simon, et en quelques mois des liens étroits vont les liés, des liens de sympathie, qui dureront jusqu'à la mort.
Admirateur de Rousseau et autres philosophes français, Rodriguez va apprendre beaucoup à Simon Bolivar, usant de beaucoup de tact, de sensibilité et de fermeté également. C'est à ce moment que Simon ouvrir les yeux, son esprit et son coeur sur les idéaux qui vont marquer sa vie.
II. Simon Bolivar en Europe.
En 1799, il voyage pour la première fois en Espagne, visitant au passage Veracruz et Mexico, faisant une courte escale à La Havane. A Madrid, il est entouré par ses oncles Esteban et Pedro Palacios, ainsi que par le Marquis de Ustariz qui devient son maître. Simon approfondit ses connaissances littéraires et scientifiques et, comme tout homme du monde qui se respecte, il perfectionne son escrime et sa façon de danser.
Il fréquente de nombreux salons où ont le remarque, à la fois pour son élégance et son intelligence.
Rapidement, il fait la connaissance de María Teresa Rodríguez del Toro y Alaiza, une jeune espagnole dont il tombe amoureux. Il pense immédiatement à fonder une famille, avoir une descendance et revenir au Venezuela pour profiter de ses biens. Mais son oncle, pense que c'est un peu précipité et lui conseille de voyager quelque temps. Il sera temps de penser au mariage un peu plus tard.
Au printemps 1801, il voyage à Bilbao où il séjourne le reste de l'année. Puis il se rend en France, A Paris et Amiens. Le pays, sa culture, les gens l'enchantent. Au mois de mai 1802, il est de nouveau à Madrid où il se marie, le 26, avec María Teresa. Les deux jeunes époux voyagent au Venezuela, passent de moments heureux jusqu'en janvier 1803, date à laquelle meurt María Teresa.
Dans une lettre adressée à un ami qui vit en France, Bolivar exprime ses sentiments après la mort de son épouse : "Je l'ai perdue; et avec elle la vie de douceur qui réjouissait ma tendre poitrine... La douleur ne me laisse pas un seul instant d'apaisement". C'est une émotion profonde et sincère, exprimée avec beaucoup de romantisme.
Le jeune veuf repart en Europe à la fin de cette même année, passe par Cadix et Madrid, et s'installe à Paris au printemps 1804.
A Paris, Bolivar mène une vie sociale très intense, tout en profitant des plaisirs qu'offre la capitale française. Il a des amours furtives avec une dame française, Fanny Du Villars, dont il fréquente les salons, dans lesquels viennent des hommes politiques, des militaires, des diplomates, des scientifiques, des marchands et de jolies femmes.
Il lit beaucoup, assiste à des conférences et observe avec sagacité les événements politiques et militaires qui sont en train de changer le monde. C'est l'époque, en 1804, où Napoléon est couronné Empereur. Ceci impressionne beaucoup Bolivar qui admire le génie militaire de Bonaparte, mais il critique sa montée sur le trône impérial.
Au cours de ses conversations avec les savants Humboldt et Bonpland, Bolivar commence à aborder le sujet de l'indépendance de l'Amérique du Sud.
En France, il retrouve son maître et ami Simon Rodriguez. La même passion du savoir les anime. Ensemble ils voyagent en Italie, en 1805. A Rome, au mois d'août, ils font l'ascension du Mont Sacré où Bolivar, d'un ton solennel, jure de jamais laisser son âme en repos ni son bras tant que l'Amérique Hispanophone ne sera pas libre de la domination espagnole. C'est un beau geste romantique, mais cela ne sera pas seulement un geste... Il sera le Libertador, celui qui promet et qui tient ses promesses.
Après avoir visité Naples, Bolivar revient à Paris au début de l'année 1806, et il intègre pour un temps les loges maçonniques. A la fin de cette année là, il embarque à Hambourg à bord d'un navire qui le conduit à Charleston, en janvier 1807. Il parcourt une partie des Etats Unis et revient au Venezuela vers le milieu de l'année.
Pendant son séjour dans la République du Nord, il prend conscience de ce que représente la "Liberté rationnelle".
III. Triomphe et échec de la révolution vénézuélienne.
De 1807 au premiers jours de l'année 1810, Simon Bolivar reste à Caracas et dans ses haciendas. Cependant, il n'oublie pas son serment de Rome. Au cours des réunions avec son frère Juan Vicente et ses amis, ils parlent de littérature mais aussi de l'indépendance du Venezuela.
Le Moment











